Dialogue en RDC: l'épiscopat sermonne majorité et opposition

Les évêques congolais ont exhorté jeudi, à la reprise des pourparlers de sortie de crise.
Les évêques congolais ont exhorté jeudi, à la reprise des pourparlers de sortie de crise. - © Belga

Les évêques congolais ont exhorté jeudi, à la reprise des pourparlers de sortie de crise en RDC dont ils sont médiateurs, majorité et opposition à cesser leurs "marchandages" et à travailler à l'application de l'accord de cogestion du pays et à l'organisation de la présidentielle.

Autour de la table, mais à huis-clos

Après un mois et demi de suspension des discussions, qui se font sous l'égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), l'ensemble des 32 délégués de la majorité et de l'opposition étaient présents jeudi à Kinshasa pour se remettre autour de la table, à huis-clos.

Décision boiteuse

L'accord dit "de la Saint-Sylvestre" vise à sortir la République démocratique du Congo (RDC) de la crise née du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au-delà du terme de son mandat, le 20 décembre 2016. L'accord entérine une décision controversée de la Cour constitutionnelle qui maintient M. Kabila jusqu'à l'élection de son successeur. En contrepartie, il attribue à l'opposition le poste de Premier ministre du futur gouvernement.

"La finalité de l'accord du 31 décembre 2016 est l'organisation des élections, pour permettre au peuple de se choisir de nouveaux dirigeants par les urnes", a martelé avec force jeudi Mgr Marcel Utembi, président de la Cenco, lors de la cérémonie de relance des pourparlers. "Il est curieux et inadmissible que les travaux sur 'l'arrangement particulier' (composition et mode de désignation du conseil de suivi, composition du gouvernement, modalités de nomination du Premier ministre, ndlr) prennent plus de temps que les négociations sur l'accord proprement dit", s'est-il indigné.

Un problème de calendrier

Fin janvier, les discussions avaient en effet notamment achoppé sur la répartition des postes, et particulièrement les modalités de nomination par M. Kabila du Premier ministre présenté par l'opposition, ainsi que sur le calendrier de mise en œuvre de l'accord. Le chef de l'opposition, Etienne Tshisekedi, avait été désigné président du conseil de suivi de l'accord, mais sa mort à 84 ans à Bruxelles le 1er février, et la controverse autour du rapatriement de son corps, ont aussi retardé la reprise des travaux. Durant ces nouvelles discussions, les évêques comptent "déceler toutes les manœuvres dilatoires" visant à retarder l'application de l'accord et s'engagent à établir désormais "les responsabilités" de ceux qui seront à la base d'éventuels blocages, a averti Mgr Marcel Utembi jeudi. 

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