Dépenses militaires de l'Otan: Berlin veut d'autres critères

Dépenses militaires de l'Otan: Berlin veut d'autres critères
Dépenses militaires de l'Otan: Berlin veut d'autres critères - © MARTIN GOLDHAHN - AFP

La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a souhaité dans un entretien à l'AFP que l'effort des pays de l'Otan ne soit pas seulement jugé par le niveau de leurs dépenses militaires mais aussi par leurs missions à l'étranger.

"La question se pose aussi selon moi de savoir qui réalise une plus-value opérationnelle pour l'Alliance", a-t-elle souligné, alors que la chancelière Angela Merkel doit s'entretenir dans la journée à Washington avec le président américain Donald Trump pour la première fois de puis son élection.

Le nouveau locataire de la Maison blanche a à plusieurs critiqué l'Otan et exige une augmentation des dépenses militaires de ses partenaires, en ligne avec leurs engagements.

Indice d'activité

En 2014, les Etats membres de l'Otan avaient convenu d'augmenter leurs dépenses militaires au sein de l'Alliance pour qu'elles atteignent d'ici dix ans 2% de leur Produit intérieur brut (PIB).

Mais jusqu'à présent, en dehors des Etats-Unis, qui assurent à eux seuls 70% des dépenses de l'Alliance atlantique, seuls quatre pays remplissent cet objectif. L'Allemagne, qui consacre 1,2% de son PIB aux dépenses militaires, est particulièrement sous pression.

Dans cette interview, la ministre allemande conservatrice propose la mise sur pied d'un "indice d'activité" complémentaire qui prenne en compte par exemple la participation d'un pays à des interventions militaires de l'Otan. L'armée allemande est actuellement impliquée dans plusieurs de ses missions extérieures.

Berlin est d'accord pour viser à terme le seuil des 2%, mais le débat politique reste très vif sur le calendrier. Cet objectif "est le bon car la Bundeswehr a urgemment besoin de modernisation" et parce qu'il s'agit d'un signe de respect des engagements au sein de l'Alliance, a souligné Mme von der Leyen.

"L'Allemagne a une économie forte. Au sein de nos partenaires personne ne comprendrait que cette Allemagne forte ne parvienne pas à remplir cet objectif mesuré alors que d'autres pays à court d'argent se serrent la ceinture" pour atteindre ce but, a-t-elle poursuivi.

"Mais je suis également d'avis que nous devons discuter de manière plus large au sein de l'Otan, c'est-à-dire au delà de l'objectif des 2%", a-t-elle indiqué.

"Nous devrions par exemple parler d'un indice d'activité supplémentaire", selon elle. "Dans quelle mesure chaque pays contribue effectivement sous la responsabilité de l'Otan à la sécurité, à travers par exemple des interventions militaires ou des exercices ou à travers la mise à disposition de personnel et de matériel?", a-t-elle interrogé.

Cette question pourrait s'inviter à la table des discussions que Mme Merkel doit avoir ce vendredi avec M. Trump.

Dans le budget fédéral allemand pour 2018, les dépenses militaires devraient augmenter de 3,9%, soit un niveau supérieur à la moyenne des autres postes budgétaires.

"Cela signifie que nous avons une croissance deux fois supérieure à celle de l'ensemble du budget fédéral. Je suis reconnaissante de cela", a-t-elle conclu.

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