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Dans les villes libérées, les Syriens s'organisent pour survivre

MONDE | Mis à jour le mercredi 25 juillet 2012 à 14h36

  • Conseils révolutionnaires et tribaux, chefs militaires et politiques : dans les zones échappant au régime de Bachar Al-Assad, les Syriens "libérés" ont installé leurs propres structures, gérant leur défense, les affaires courantes mais aussi la pénurie de produits de base.

    La localité de Binnech, à 10 km à l'est de la grande ville d'Idleb (nord-ouest), est "libre" depuis neuf mois et comme partout en Syrie, la population (45 000 personnes) connaît le manque de nourriture, d'eau, d'électricité, d'essence et de médicaments.

    Depuis 16 mois, la contestation du pouvoir de Damas s'est militarisée au fil de la répression sanglante, dévastant le pays et mettant à genoux son économie.

    Pour autant, "il n'y a pas de famine, on s'entraide", explique un militant non combattant se présentant sous le nom d'Abou Obeid, 43 ans.

    Pour diriger la ville, les hommes -les femmes ne jouant généralement pas un rôle public majeur- ont élu "un conseil révolutionnaire d'une centaine de membres", explique Wassim, 25 ans, un ex-étudiant qui publie un bimensuel rendant compte de l'actualité locale.

    Des villes moyennes se sont dotées de structures similaires, a constaté une équipe de l'AFP qui s'est rendue durant une semaine dans les provinces d'Alep (nord), d'Idleb (nord-ouest) et de Hama (centre). En général, le "conseil révolutionnaire" est chapeauté par un chef politique et un chef militaire.

    Dans une rue de Karnaz (22 000 habitants), près de Hama (centre), le chef militaire Tayssir Chaabane et son homologue civil Abderrazak Al-Hamdou se consultent sans arrêt sur les problèmes du jour.

    "J'ai mis des gardes partout, pour éviter un nouveau massacre comme Treimsa", petite ville voisine où un raid gouvernemental a fait, selon une ONG, plus de 150 victimes le 12 juillet, annonce Tayssir Chaabane à son collègue.

    "Quand on a repoussé le régime, on a pris la suite. Ca se passe plutôt bien", estime AbderrazakAl-Hamdou, médecin au visage fatigué. "Mais on manque de médicaments, d'argent. Comment soigner nos blessés?"

    Les forces gouvernementales contrôlent généralement les hôpitaux, pour éviter que des insurgés blessés ne s'y fassent soigner ou pour les arrêter s'ils s'y risquent.

    Du coup, les opposants ont établi des hôpitaux improvisés dans des maisons anonymes où l'équipement est sommaire, l'essentiel souvent absent.

    Le pain rationné

    Le pain devient également rare. Des mesures drastiques ont été prises : "chaque famille a droit à une ration calculée en fonction du nombre de ses membres", maugrée un homme se présentant comme "Abou Nasser".

    Même problème pour l'eau courante, essentielle dans la fournaise de l'été syrien : "On la stocke dans de vieilles citernes, parce que le régime la coupe parfois pendant plusieurs jours. Et il faut toujours la faire bouillir", se désole Abou Nasser.

    Quant à l'électricité, elle va et vient toutes les trois heures, selon les habitants.

    Dans le Jabal Chahchabou, les villages sunnites accrochés aux petites montagnes arides surplombant Hama, ont créé un "conseil révolutionnaire" qui ne s'occupe que d'action militaire.

    Le volet civil est géré par un conseil tribal. En début de semaine, une trentaine de cheikhs en abayas blanches ou grises se sont réunis pour discuter coupures d'électricité, écoles, sanctions contre des criminels, rationnement du pain...

    "Il y a des représentants des grandes tribus sunnites: Bani Khaled, Wissat, Naïm, Mawali, Smati...", selon un cheikh requérant l'anonymat pour sa sécurité.


    AFP

  • Une photo fournie le 5 juillet 2012 par le Shaam News Network montre des combattants de l'Armée syrienne libre à Sarmada
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    Une photo fournie le 5 juillet 2012 par le Shaam News Network montre des combattants de l'Armée syrienne libre à Sarmada

    AFP
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    • Une photo fournie le 5 juillet 2012 par le Shaam News Network montre des combattants de l'Armée syrienne libre à Sarmada

      Une photo fournie le 5 juillet 2012 par le Shaam News Network montre des combattants de l'Armée syrienne libre à Sarmada

    • Des Syriens attendent d'obtenir une bouteille de gaz, le 12 juillet 2012 à Kfar Nubul dans la province d'Idleb

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    • Des Syriens font leur marché le 21 février 2012 à Idleb

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    • Un combattant de l'Armée syrienne libre compte son argent avant d'acheter des armes, le 4 juillet 2012 à Idleb

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