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Corée du Nord: "Les rats, je les mangeais crus", raconte un prisonnier

MONDE | Mis à jour le mercredi 2 mai 2012 à 14h22

  • Une journaliste de France 2 a rencontré un rescapé d’un camp d’internement nord-coréen. Né dans un de ces camps pour prisonniers politiques, Shin Dong Hyuk décrit un univers totalement déshumanisé et à la cruauté sans limite. Un témoignage saisissant.

    Shin Dong Hyuk est aujourd'hui âgé de 29 ans. Jusqu'à ses 24 ans, il a vécu dans un des terribles camps où le régime nord-coréen emprisonne ses opposants. Shin n'a jamais été un opposant, lui. Il est né dans le camp 14.

    "On m’y a lavé le cerveau, j’ai grandi entre des gardes armés et des prisonniers", raconte-t-il. "On travaillait de 4h du matin jusque tard dans la nuit. On obéissait aux ordres des gardes et si on n’accomplissait pas notre travail, on était torturé", décrit-il sans émotion apparente. Sa voix ne vibre pas non plus lorsqu'il évoque les sévices qu'il y a subi.

    "On m’a fait subir tant de choses", se contente-t-il de dire devant les caméras de France 2. Des "choses" tellement atroces que Shin n’arrive toujours pas à en parler.

    Si l'on n'en saura pas plus sur les tortures endurées par Shin, on sait grâce à Amnesty international que le supplice de la noyade est pratiqué à grande échelle dans ces camps. On y suspend les prisonniers par les mains et/ou les pieds pendant plusieurs jours. On place des détenus à l’isolement au cachot pendant plusieurs semaines, renseigne encore l’organisation de défense des droits de l’Homme.

    Mais au-delà des tortures, la vie quotidienne dans ces camps s'apparente à un enfer.

    Sa mère est exécutée devant lui après qu’il l’ait dénoncée lui-même

    Dans ces camps d'internement, les jeunes prisonniers sont conditionnés pour espionner et collaborer avec leurs gardiens et tortionnaires.

    C'est ainsi qu'à 14 ans, lorsque Shin apprend que sa mère projette de s'évader, il la dénonce sans états d’âme. Avec pour conséquence que sa mère sera exécutée devant lui.

    "Je n'ai rien ressenti devant l’exécution de ma mère, j'étais juste content de ne pas être à sa place. Je ne sais pas ce que c’est que la famille, l’amour maternel. On ne me l’a pas appris dans le camp", concède Shin.

    "Quand je trouvais un rat, je le mangeais cru. C'était un luxe"

    En plus des sévices, des exécutions et du travail forcé, les prisonniers subissent la faim, souvent jusqu'à en mourir.

    La malnutrition est un mal qui frappe toute la population nord-coréenne. Au point que l'armée nord-coréenne a dû ramener la taille requise à 142 cm, contre 145 cm précédemment en raison du rachitisme qui se généralise. Mais dans ces camps, l'affamement prend des proportions particulièrement inhumaines.

    "Les mots me manquent pour vous expliquer ce que c’est que la faim. Imaginez-vous debout, les yeux ouverts et vous vous sentez mourir à cause de la faim", décrit Shin Dong Hyuk. "Quand je trouvais un rat, je le mangeais cru et c’était un luxe. Sinon, je cherchais dans les excréments des petits grains de maïs, des céréales pour me nourrir".

    "Je ne sais toujours pas ce qu’est le bonheur"

    C’est à 24 ans qu’il décide de s’évader, influencé par un prisonnier qui lui parle du "monde extérieur", cet ailleurs où l’on ne connaît ni la faim ni les tortures quotidiennes.

    Lors de leur évasion, son codétenu décède, électrocuté par une clôture. Shin Dong Hyuk, lui, parvient à s’en sortir. Il vit aujourd’hui en Corée du Sud mais, cinq ans après s'être échappé, il confie encore: "Je ne sais toujours pas ce qu’est le bonheur. Si vous le savez, dites le moi".

    On estime le nombre de prisonniers de ces camps de d’internement en Corée du Nord à 200 000.

    Julien Vlassenbroek

    Vous pouvez visionner le sujet de France Télévision ici

    Le témoignage complet de Shin Dong Hyuk a été recueilli et compilé dans l'ouvrage de Blaine Harden, "Rescapé du camp 14. De l'enfer nord-coréen à la liberté".

    Derniers commentaires

    • de Benoît Oui, la Corée du Nord est une dictature et ces camps de travail sont honteux. Mais n'est-il pas plus scandaleux de voir des pays dit "démocratiques" faire de même, voir pire ? Je pense à Guantanamo, le camp de torture américain qui plait tant à Obama pour ne pas l'avoir fermé, et aux camps secrets de la CIA en Europe, et à toutes ces horreurs passées sous silence. Bref, entre USA et Corée du Nord, il n'y a qu'un pas, mais on préfère toujours blanchir un côté et noircir l'autre...

      03-05-2012 18:28 | Répondre

    • de Ha et à présent peut on parler de Guantanamo le camp "démocrate" ou c'est tabou?

      02-05-2012 18:30 | Répondre

    • de Jad C'est horrible. Le bonheur? C'est quand quelqu'un nous sourit et ne nous demande rien en retour.

      02-05-2012 15:05 | Répondre

    • de Dehair ... C'est ainsi qu'à 14 ans, lorsque Shin apprend que sa mère projette de s'évader, il la dénonce sans états d’âme. Avec pour conséquence que sa mère sera exécutée devant lui. "Je n'ai rien ressenti devant l’exécution de ma mère, j'étais juste content de ne pas être à sa place. Je ne sais pas ce que c’est que la famille, l’amour maternel. On ne me l’a pas appris dans le camp", concède Shin Chez ce gars et durant l'interview on perçoit bien l'absence totale de sentiment, il est donc "malgré lui" un danger pour tout un chacun qui viendrait à le contrarier Derrière sa façade se trouve un véritable trou noir ou règne malheureusement ll'immensité du vide. Est il réamorçable ???? En tout cas ça fait froid dans le dos et je le plains

      02-05-2012 14:51 | Répondre

    • de Volgapop ATTENTION avant de déclarer de tels propos! Il faut absolument prendre en compte l'environnement dans lequel il est né, a grandit: absence TOTALE de remords, encouragement à la délation permanente, quête du moindre grain de riz! Toute sa vie, il a entendu qu'il doit expier les fautes de ses parents, il n'a subit que brimades et humiliations extrêmes.

      27-05-2012 23:48 | Répondre

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    • de Benoît Oui, la Corée du Nord est une dictature et ces camps de travail sont honteux. Mais n'est-il pas plus scandaleux de voir des pays dit "démocratiques" faire de même, voir pire ? Je pense à Guantanamo, le camp de torture américain qui plait tant à Obama pour ne pas l'avoir fermé, et aux camps secrets de la CIA en Europe, et à toutes ces horreurs passées sous silence. Bref, entre USA et Corée du Nord, il n'y a qu'un pas, mais on préfère toujours blanchir un côté et noircir l'autre...

      03-05-2012 18:28 | Répondre

    • de Ha et à présent peut on parler de Guantanamo le camp "démocrate" ou c'est tabou?

      02-05-2012 18:30 | Répondre

    • de Jad C'est horrible. Le bonheur? C'est quand quelqu'un nous sourit et ne nous demande rien en retour.

      02-05-2012 15:05 | Répondre

    • de Dehair ... C'est ainsi qu'à 14 ans, lorsque Shin apprend que sa mère projette de s'évader, il la dénonce sans états d’âme. Avec pour conséquence que sa mère sera exécutée devant lui. "Je n'ai rien ressenti devant l’exécution de ma mère, j'étais juste content de ne pas être à sa place. Je ne sais pas ce que c’est que la famille, l’amour maternel. On ne me l’a pas appris dans le camp", concède Shin Chez ce gars et durant l'interview on perçoit bien l'absence totale de sentiment, il est donc "malgré lui" un danger pour tout un chacun qui viendrait à le contrarier Derrière sa façade se trouve un véritable trou noir ou règne malheureusement ll'immensité du vide. Est il réamorçable ???? En tout cas ça fait froid dans le dos et je le plains

      02-05-2012 14:51 | Répondre

    • de Volgapop ATTENTION avant de déclarer de tels propos! Il faut absolument prendre en compte l'environnement dans lequel il est né, a grandit: absence TOTALE de remords, encouragement à la délation permanente, quête du moindre grain de riz! Toute sa vie, il a entendu qu'il doit expier les fautes de ses parents, il n'a subit que brimades et humiliations extrêmes.

      27-05-2012 23:48 | Répondre

    • de Henri Trop de jugements de valeurs dans cet article pour que je puisse le prendre au sérieux. Dommage, à vouloir en rajouter, on en viens à perdre l'idée d'information impartiale. Oui, les camps nord-coréens sont durs, est-ce une raison pour faire pleurer l'écran ? Cet article est bien écrit néanmoins, avec un témoignage précieux d'un ancien prisonnier, qui aurait pu être très intéressant nonobstant les défaut soulevés par la critique énoncée auparavant. Depuis la France, amicalement.

      02-05-2012 12:57 | Répondre

    • de Guest @Henri "Trop de jugements de valeurs"... Non mais là on rêve: parler des tortures, de camps de prisonniers où meurent des milliers de personnes chaque année vous paraît un peu trop "larmoyant"? Peut-être devrait-on insister sur l'aspect éducatif de ce genre de pratique? Vous devriez allez y passer vos vacances, ça vous remettrait les idées en place.

      02-05-2012 14:36 | Répondre

    • de Henri Je crois, @Guest, que vous confondez information, ici dont le but est le recueil de témoignage, et compréhension, ici la finalité de l'article. C'est en faisant ce genre d’amalgame que l'on en vient à voir des médias partisans, ceux-là même qui diabolisent chaque problèmes pour aboutir à une vie en noir et blanc, manichéenne à souhait. Non, nous n'en sommes pas encore là, bien entendu. A l'égard de ce prisonnier, je pense difficile de ne pas éprouver ce sentiment universel d'humanité qui pourtant dans son esprit semble avoir fui, elle qui paraît avoir réussie à s'évader le jour de sa naissance. Très loin de ça: mon commentaire reproche le "partisianisme" du fondement de l'article, un idéal partisan semblable à celui qui créa les idées "d'axe du mal" où figure désormais le nom de ce pays totalitaire. Votre commentaire aura toutefois pût vous permettre un éclaircissement.

      02-05-2012 16:24

    • de Fantasio Une telle réaction ne pouvait venir que d'un français. Dans votre pays, la presse sous prétexte permanent d'"impartialité" est devenue le porte-micros des politiques. Plus de courage, plus d'investigation, plus de recherche, plus d'intention derrière son travail. Juste répéter ce qu'on vous dit. Et vous appellez cela le journalisme ? C'est à cause de votre obsession malsaine pour la sacro-sainte "objectivité" que vos médias français ont déroulé le tapis rouge aux extrémistes et que vous vous retrouvez avec Le Pen à 17%.

      02-05-2012 18:05 | Répondre

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