Bruxelles et Strasbourg: le Parlement européen entre deux sièges

Entre Strasbourg et Bruxelles, les eurodéputés veulent pouvoir choisir. Une fois pour toutes.
Entre Strasbourg et Bruxelles, les eurodéputés veulent pouvoir choisir. Une fois pour toutes. - © PATRICK HERTZOG - IMAGEGLOBE

Les transhumances mensuelles des eurodéputés entre Bruxelles et Strasbourg sont devenues le symbole d’un gaspillage qui nuit à l’image de l’Europe. Une situation que connaît très bien Isabelle Durant, vice-présidente du Parlement européen. L'élue écolo invoque le pragmatisme pour choisir Bruxelles mais suggère une solution pour conserver à Strasbourg sa valeur de symbole de la réconciliation après la seconde guerre mondiale.

Un nouvel épisode de ce bras-de-fer a eu lieu jeudi, lorsque les eurodéputés ont voté une résolution demandant que le Parlement puisse décider lui-même du lieu où il siège.

Mettre fin à la transhumance

Sans que l’on puisse parler d’une victoire pour Bruxelles, Isabelle Durant y voit une étape dans un processus inéluctable. "Je pense qu’il est important que cette navette se termine un jour. Si la décision était entre les mains des parlementaires, il existerait une majorité pour dire qu’il faut mettre fin à cette transhumance qui coûte plus ou moins 200 millions d’euros par an et un bâtiment vide pendant 3 semaines, de 16 millions de tonnes d’euros ".

Conserver à Strasbourg sa force symbolique

La présidente du Parlement européen estime qu’il faudra y mettre fin au double siège du parlement pour des raisons pragmatiques d’ordre budgétaire. Mais en restant attentif au symbole de réconciliation franco-allemande que représente Strasbourg. Parmi les alternatives possibles, Isabelle Durant évoque la transformation du bâtiment de Strasbourg en une grande université européenne qui rassemblerait en permanence sur la question des droits de l’Homme et sur le droit européen. " Réunir des centaines ou des milliers d’étudiants aurait énormément de sens et garderait à Strasbourg cette caractéristique de ville-frontière qui incarne la réconciliation. Je pense qu’il est tout à fait possible d’aller dans le sens du pragmatisme d’un siège unique tout en gardant la force du symbole de Strasbourg."

Faire de Bruxelles, la ville capitale de l’Europe

Le vote des parlementaires en faveur d’un siège unique a permis de connaître les rapports de force au sein du Parlement (483 voix ont voté pour et 141 contre), même si une telle décision ne peut être prise que par les Etats. Pour Isabelle durant, le vote de mercredi est un appel pour que la situation actuelle change: "Il n’est pas normal que ce soit les Etats membres qui décident à l’’unanimité où doit se réunir le parlement. C’est ça que dit ce vote. Ce vote dit aussi, en particulier aux Bruxellois et aux élus Bruxellois que c’est une chance pour Bruxelles de devenir la ville capitale de l’Europe, d’être une ville multiculturelle. C’est plutôt une opportunité et je pense d’ailleurs que pas mal d’élus et de responsables Bruxellois ne le mesurent pas toujours."

Eviter la guerre des sièges

Mais la route est encore longue car toute modification du traité en faveur d’un siège unique passera obligatoirement par les chefs d’Etats. Et donc par la France qui n’entend pas lâcher son siège strasbourgeois: "Pour des raisons historique mais aussi pour des raisons économiques et de rayonnement de la ville. Notamment pour l’Horeca. "

En conclusion Isabelle Durant pense qu’il faut éviter une guerre de sièges, et en faire plutôt " un dossier de conciliation entre les Bruxellois et les Strasbourgeois. Entre la France et le restant de l’Union européenne ".

 

RTBF

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