Belges et Néerlandais s'unissent pour améliorer l'entraînement de l'armée irakienne

"Nous avons besoin de cette piste d'obstacles pour améliorer le savoir-faire de nos forces spéciales", a déclaré le commandant de cette académie, le général-major Falah Hassan, à quelques journalistes.
"Nous avons besoin de cette piste d'obstacles pour améliorer le savoir-faire de nos forces spéciales", a déclaré le commandant de cette académie, le général-major Falah Hassan, à quelques journalistes. - © Tous droits réservés

Les armées irakienne, belge et néerlandaise ont conclu mardi un accord visant à doter l'école des forces spéciales irakiennes, située près de Bagdad, d'une nouvelle piste d'obstacles pour entraîner leurs soldats d'élite, à la pointe de la plupart des offensives contre le groupe Etat islamique (EI).

Cet accord prévoit la construction par une firme irakienne, avec un financement néerlandais et sous la supervision d'un spécialiste du génie belge, de cette piste d'une vingtaine d'obstacles au sein de l'académie de l'"Iraqi Counter Terrorism Force" (I-CTF, en français Service de contre-terrorisme ou CTS), a constaté l'agence Belga. C'est aussi un officier de réserve belge qui a dressé les plans de cette installation.

Les soldats du CTS "doivent être durs"

Le montant précis du financement offert par les Pays-Bas n'a pas été révélé mais un officier néerlandais a évoqué "le prix d'une maison". "Nous avons besoin de cette piste d'obstacles pour améliorer le savoir-faire de nos forces spéciales", a déclaré le commandant de cette académie, le général-major Falah Hassan, à quelques journalistes.

Les soldats d'élite irakiens "vont devoir affronter tous ces obstacles à l'extérieur, en opérations réelles" pour reconquérir le territoire encore tenu par les djihadistes de l'EI (ou Daech, selon son acronyme arabe), a-t-il ajouté. Les soldats du CTS "doivent être durs", a poursuivi le général Hassan.

Les unités d'élite du CTS ont été à la pointe de la majeure partie des batailles engagées contre l'EI. Constamment appelées à contribution dans l'effort de guerre, elles ont payé un lourd tribut. Dans l'offensive en cours pour reprendre sur Mossoul (nord), la deuxième ville d'Irak, elles progressent en première ligne.

Un parcours intégré à la future piste d'obstacles

Des contingents belge et néerlandais, rassemblés au sein du Task Group 631, sont déployés depuis février 2015 dans une zone hautement sécurisée de l'aéroport international de Bagdad, le "Baghdad Diplomatic Support Center" géré par le département d'Etat américain. Ils dispensent des formations spécialisées aux unités irakiennes dans le cadre de la vaste coalition anti-EI dirigée par les Etats-Unis.

Le contingent belge avait construit dès son arrivée un parcours commando avec des matériaux de récupération (murs en béton, conduites d'égout..) pour ce volet spécifique de cette formation, aujourd'hui dispensée par d'autres pays de la coalition et, de plus en plus, par les Irakiens eux-mêmes. Ce parcours sera intégré à la future piste d'obstacles, a précisé le responsable du projet, sous le couvert d'un strict anonymat. Les travaux devraient débuter samedi et durer de douze à quinze semaines, a-t-il ajouté.

Les Belges suivront l'avancée des troupes irakiennes

La présence militaire belge sur l'aéroport de Bagdad - une trentaine d'instructeurs à son apogée - s'est aussi réduite à une douzaine de personnes, des spécialistes dans leur domaine comme les soins médicaux, la lutte contre les engins explosifs improvisés (en anglais "Improvised Explosive Devices", IED) posés par Daech ou le "rafraîchissement" des connaissances des unités revenant du front.

Cette réduction est due au fait que les forces de sécurité irakiennes sont davantage en mesure d'assurer la formation, alors que les instructeurs belges s'apprêtent à se déplacer plus vers le nord, pour suivre la progression des forces irakiennes. Une mission de reconnaissance a déjà eu lieu pour trouver l'endroit adéquat, a-t-on indiqué de source militaire.

"Mais ils n'iront pas au front et resteront dans un endroit sécurisé", comme c'est actuellement le cas à Bagdad, avait assuré la semaine dernière le ministre de la Défense, Steven Vandeput. Selon une source informée, ce mouvement vers le nord se fera en concertation avec les Pays-Bas. Mais La Haye n'a pas encore pris de décision définitive, a-t-on souligné mardi à Bagdad.

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir