Barack Obama, "un réaliste qui savait qu'il ne pourrait pas tout changer"

Barack Obama, "un réaliste qui savait qu'il ne pourrait pas tout changer"
2 images
Barack Obama, "un réaliste qui savait qu'il ne pourrait pas tout changer" - © AFP PHOTO/Brendan SMIALOWSKI
Rédaction RTBF

Amine Ait-Chaalal, professeur à l'UCL, fait le point sur la campagne présidentielle aux Etats-Unis, où le scrutin du 6 novembre s'annonce très serré. Barack Obama est face à la machine financière très puissante de Mitt Romney.

Alors que s’ouvre la convention démocrate aux Etats-Unis qui doit désigner Barack Obama comme candidat à l’élection présidentielle du 6 novembre, Amine Ait-Chaalal, professeur en relations internationales à l'UCL, indique que ce scrutin sera très serré. Interrogé par Bertrand Henne, il énumère les atouts du président sortant : "Il a restauré la crédibilité internationale des Etats-Unis, il a quelque peu stabilisé l’économie, il a mis en œuvre la réforme de santé (ce que certains lui reprochent), il a réévalué les relations entre les communautés, il a son charisme. Au plan international, il a créé une dynamique qui a permis le retrait d’Irak et la reconfiguration de l’implication en Afghanistan".

Mais il souligne aussi les points faibles de Barack Obama : "Il y a l’usure du pouvoir, qui s’était déjà manifestée lors des élections de mi-mandat. Il y a l’émergence du Tea Party, très violemment anti-Obama. Il y a une décision de la Cour suprême des Etats-Unis  en 2010 qui permet le financement des campagnes sans aucune limite. Donc, le président Obama est maintenant face à une machine financière très virulente".

Amine Ait-Chaalal rappelle que "les Américains votent plus en fonction de leur politique intérieure, de la situation de l’emploi et de leur situation personnelle" que sur des thèmes internationaux. "Le dossier du Proche-Orient était celui sur lequel Barack Obama s’était le plus investi en arrivant, mais les réalités sur le terrain (notamment l’opposition du gouvernement israélien Netanyahu) ont fait qu’il a dû considérer que ce dossier ne pouvait pas mener à quelque chose rapidement" poursuit-il.

Champ de ruines

Après huit années de présidence Bush, Barack Obama avait trouvé en arrivant au pouvoir "un champ de ruines en termes de politique étrangère; pendant quatre ans, il a dû réparer les échecs en Afghanistan, en Irak et au Moyen-Orient de l’administration précédente", indique encore Amine Ait-Chaalal. On peut dire que "c’est un idéaliste, mais aussi un réaliste qui savait qu’il ne pourrait pas tout changer", analyse Amine Ait-Chaalal. Même si Barack Obama n’a pas fermé la prison de Guantanamo alors qu’il l’avait promis, "le symbole en a été stigmatisé et la renonciation de l’utilisation de la torture a été mise en cause de manière définitive".

En face, Mitt Romney présente la "dynamique des républicains, beaucoup plus dure en termes de politique étrangère", indique encore Amine Ait-Chaalal avec "le retour d’un certain nombre de néo-conservateurs et la volonté affichée d’avoir des positions beaucoup plus fermes".

A.L. avec B. Henne