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Angela Merkel met en garde contre la "médiocrité" en Europe

MONDE | Mis à jour le vendredi 15 juin 2012 à 15h35

  • La chancelière allemande Angela Merkel, très attaquée en particulier en France pour sa défense à tous crins de la rigueur, a réagi vivement vendredi en déplorant le "manque de confiance" en zone euro et en mettant en garde contre la "médiocrité".

    Angela Merkel a déploré devant la fédération des entreprises familiales un "manque de confiance entre les acteurs" de la zone euro, qui ne peut être résolu qu'en s'attaquant "aux racines de la crise", à savoir "l'endettement et les écarts de compétitivité".

    "Il y a un faux débat qui est apparu, opposant la croissance et la rigueur budgétaire. C'est n'importe quoi", a-t-elle tempêté.

    Mentionnant le prochain sommet du G20 au Mexique, elle a martelé, comme elle l'avait déjà fait la veille, que l'Allemagne "ne se laissera pas convaincre par des solutions rapides comme les euro-obligations" ou l'introduction d'un fonds commun de garanties bancaires en Europe.

    "Le danger des propositions précipitées de mutualisation" de la dette est d'occulter les divergences de puissance économique entre les pays en nivellant les taux d'emprunt des Etats, a-t-elle averti. "Celui qui occulte cela finit dans la médiocrité. Et la médiocrité ne doit pas devenir l'étalon" en zone euro, s'est emportée Angela Merkel, très applaudie.

    Elle a égratigné au passage la France, appelant à observer "l'évolution du coût du travail en France et en Allemagne", une manière de louer les efforts de réformes faits par l'Allemagne, et l'avantage de cette dernière en terme de compétitivité.

    Contrôle budgétaire beaucoup plus strict

    "Il n'y aura pas de bonne union économique et monétaire sans union politique", synonyme d'abandon de souveraineté, a-t-elle par ailleurs affirmé, ajoutant: "je ne peux pas vouloir des euro-obligations et refuser tout contrôle" sur les budgets nationaux.

    Elle a rappelé qu'elle plaidait pour un contrôle budgétaire beaucoup plus strict en zone euro, permettant à la Cour européenne "d'invalider" des budgets nationaux déséquilibrés, "mais cela ne (plait) pas à certains Etats".

    Le futur de l'Europe "se décide dans ces prochains mois, dans cette année", a conclu Mme Merkel.

    Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a estimé vendredi que l'échange entre lui et la chancelière allemande Angela Merkel jeudi sur l'avenir de l'Europe relevait d'un message de "clarté" et qu'entre "amis", il fallait pouvoir "se dire les choses".

    "Il faut se dire les choses, avec respect, mais avec sincérité, et avec un objectif, c'est de trouver ensemble la solution", a-t-il déclaré lors d'un déplacement à Nantes.

    La franchise "est nécessaire entre partenaires, je dirais aussi entre amis, c'est vrai en particulier avec l'Allemagne", a-t-il souligné.

    AFP

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