Ce sommet des dirigeants de l'Otan devrait réussir à montrer qu'au delà des divergences entre Alliés, il existe une unité de vue, explique Michel Liégeois.
L'élément nouveau, c'est bien sûr l'élection de François Hollande. Il avait annoncé que la France retirerait toutes ses troupes avant la fin de l'année alors que c'est prévu pour 2014.
Ca c'était avant son élection. Depuis, le nouveau président a nuancé en précisant que ce retrait en 2012 ne concernait que les "troupes combattantes", "ce qui est relativement réalisable": cela représente 2500 hommes sur un total de 130 000, explique le professeur.
Pas de débandade
Après le retrait des troupes des Pays-Bas et du Canada, ce retrait français ne sonne pas le signal d'une ruée vers la sortie: la diplomatie a permis "d'entériner un plan de retrait en bonne et due forme" qui assure la suite et garantisse que le régime de Karzaï ne s'effondre pas.
Les troupes de sécurité afghanes devraient pouvoir continuer à contrôler l'essentiel du pays et les villes en particulier avec une aide massive (4 milliards de dollars par an), une aide venue des pays de l'Otan, dont la Belgique. Le développement socio-économique de l'Afghanistan fera l'objet d'un sommet l'an prochain à Tokyo.
Comment contrôler l'aide belge?
Michel Liégeois doute de la possibilité de contrôler la façon dont la contribution belge (12 millions d'euros) sera dépensée.
Mais voilà, "la communauté internationale n'a pas réussi en dix ans de présence à mettre fin à la corruption endémique": "On comprend la préoccupation du gouvernement qui demande des efforts très importants à la population dans une période très difficile sur le plan budgétaire".
Ces fonds iront prioritairement à la lutte contre la corruption, les droits des femmes, la transformation en état de droit.
"Mais on peut comprendre qu'au moins sur le plan de l'affichage, le gouvernement belge cherche à mettre ses priorités en avant".
Victoire ou défaite de l'Otan?
"On ne peut parler ni de victoire ni de défaite car on n'est pas dans une confrontation militaire" avec les talibans.
Par contre après 10 ans, on fait face à un syndrome d'occupation et "à un moment donné il faut se retirer et opérer une transition douce avec les forces locales, c'est ce que l'Otan essaye de réussir. Si on parvient à ce que l'Etat trouve une forme de stabilité et qu'on enclenche une dynamique de développement, on pourra dire dans le long terme que toutes ces opérations n'ont pas été vaines. Mais ça on pourra le dire dans 10 ou 20 ans".
Le scénario catastrophe n'est cependant pas à exclure: c'est l'implosion à la somalienne du pays et du régime Karzaï: avec des provinces qui s'autonomisent sous la coupe des talibans ou d'autres seigneurs de la guerre.
JFH




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