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A Kaboul, la jeunesse se muscle à coups d'haltères et de dopage

MONDE | mardi 27 septembre 2011 à 12h01

  • Sous un poster d'Arnold Schwarzenegger tous muscles dehors, de jeunes Afghans soulèvent de la fonte dans une salle de culturisme de Kaboul sur fond de dance music occidentale, en rêvant de ressembler à leurs idoles, parfois à l'aide de produits dangereux.

    Près de dix ans après la chute du régime ultra-rigoriste des talibans, qui avait interdit cinéma, musique, télévision et certains sports, une partie de la jeunesse kaboulie, coupe de cheveux sculptée à grands coups de gel, tee-shirts moulants censés mettre en valeur biceps et pectoraux, veut désormais ressembler aux héros d'Hollywood et de son équivalent indien Bollywood.

    "Je veux être beau et m'amuser, mec, je veux ressembler à Arnold Schwarzenegger", explique à l'AFP, durant une pause, Hamid, 18 ans, après avoir posé ses haltères.

    Sous le régime taliban (1996-2001) le culturisme était autorisé à la seule condition que les pratiquants soient vêtus "décemment", à savoir de la traditionnelle tenue afghane, pantalon bouffant et longue chemise descendant aux genoux. Quelques salles, aux équipements vieillissants, accueillaient alors les pratiquants.

    Depuis le renversement des talibans, fin 2001, les salles aux équipements modernes se sont multipliées, surtout à Kaboul, qui en compte environ 200, mais également dans le reste du pays.

    Le sport mais aussi certains produits interdits pour se muscler

    Pour se doter des imposantes musculatures de Sylvester Stallone ou de l'acteur indien Salman Khan, les haltères ne suffisent pas toujours et le marché des stéroïdes et autres produits dopants s'est développé parallèlement aux salles.

    Hamid, qui refuse de donner son nom de famille, admet sans difficulté consommer des anabolisants, comme le font, selon lui, nombre de ses camarades.

    Des substances très faciles à trouver en Afghanistan, explique Waheedullah, autre culturiste, tout en assurant, lui, ne pas y toucher.

    "Tout ce qu'il y a à faire est d'aller dans une pharmacie et dire que vous avez besoin de développer vos muscles. Les pharmaciens seront ravis de vous proposer différents types de comprimés, de poudres ou de liquides", explique-t-il.

    Certains supermarchés et le Bush Bazaar pour s'approvisionner

    Dans certains supermarchés fréquentés par les Occidentaux ou les Afghans aisés, on trouve divers compléments alimentaires, vraisemblablement destinés à la clientèle des "contractors", les salariés des sociétés paramilitaires privées, eux aussi friands de musculation.

    Mais l'endroit le plus couru pour se fournir en produits dopants à Kaboul reste le Bush Bazaar, immense marché tirant son nom du président américain George W. Bush, qui ordonna l'invasion de l'Afghanistan et le renversement des talibans après les attentats du 11-Septembre.

    A côté des étals proposant rations alimentaires de l'armée américaine, couteaux, treillis et toutes sortes d'équipements militaires, Zalmay propose dans sa minuscule boutique un éventail de compléments alimentaires et de fortifiants. Mais pas de stéroïdes, assure-t-il.

    "Les stéroïdes ne sont pas illégaux; je n'en vends pas mais certains commerçants ici en ont", explique-t-il. "Mais ils ne les vendent qu'aux entraîneurs, pas à n'importe qui. Après les entraîneurs en donnent à leurs athlètes".

    Cette utilisation croissante des stéroïdes, dangereux pour la santé, inquiètent les  responsables des instances sportives et les ex-culturistes.

    "C'est un sujet de grande inquiétude, parce que c'est une tendance en hausse chez les jeunes athlètes", explique Bawar Hotak, président de la Fédération de culturisme et ancien champion de la discipline.

    Mujeeb Ul Rahman Rahmani, porte-parole du Comité national olympique afghan assure qu'une campagne à ce sujet va être lancée "dans un avenir proche".

    Mais selon les experts, il va être difficile de stopper un phénomène qui dépasse le simple souci esthétique: "C'est une génération qui veut rattraper le reste du monde", explique Barayalaï Ferat, professeur de sociologie à l'Université de Kaboul, à propos des jeunes Afghans concernés.

    "Le culturisme (...) c'est quelque chose qui les relie au monde, au-delà de l'Afghanistan", ajoute-t-il.

     

    AFP

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  • Une affiche pour la  musculation en 2006
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    Une affiche pour la musculation en 2006

    SYED JAN SABAWOON (archives EPA)
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    • Une affiche pour la  musculation en 2006

      Une affiche pour la musculation en 2006

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