Aller directement au contenu principal

23 agents de la CIA condamnés pour le rapt d'un imam en Italie

MONDE | Mis à jour le jeudi 20 septembre 2012 à 13h45

  • Les peines à l'encontre de 23 agents de la CIA condamnés en appel et par contumace ont été confirmées par la Cour de cassation à Rome mercredi. Ils étaient jugés pour l'enlèvement d'un imam égyptien à Milan en 2003, en pleine guerre contre le terrorisme sous l'administration Bush. L'imam a affirmé avoir été ensuite torturé dans les geôles égyptiennes.

    Les 23 agents avaient été condamnés par contumace par la Cour d'appel de Milan en décembre 2010. Ils avaient tous écopé de sept ans de prison, sauf Robert Seldon Lady, l'ancien chef de la CIA à Milan, qui lui s'est vu infliger une peine de neuf ans de prison.

    Avant cet appel, les peines prononcées en première instance allaient de cinq à huit ans d'emprisonnement.

    Les agents en fuite

    Pour autant, comme le note le correspondant de RFI à Rome, "aucun des 23 agents de la CIA n’était dans le box des accusés au moment du verdict. Les hommes des services secrets américains ont quitté depuis longtemps le territoire italien pour fuir les enquêtes du parquet de Milan".

    Le ministère italien de la Justice a annoncé qu'il allait réclamer aux Etats-Unis l'extradition de tous ces agents en fuite. Par ailleurs, une ordonnance de séquestre de la maison de Robert Seldon Lady, située en territoire italien, a été prononcée.

    La Cour de cassation a également demandé que Nicolo Pollari, l'ancien numéro un du renseignement italien (Sismi) et son ancien adjoint Marco Mancine soient rejugés par la Cour d'appel.

    Ils avaient été acquittés en première instance, alors que que parquet avait demandé respectivement 12 et 10 ans de réclusion contre eux. Cette décision avait été confirmée en appel.

    "Jusqu’à présent, ces deux hauts gradés italiens avaient été protégés par le secret d’Etat, un secret d’Etat défendu à la fois par le gouvernement de Silvio Berlusconi et par celui de Romano Prodi, qui ne voulaient pas remettre en cause leur relation avec Washington", explique le correspondant de RFI.

    Un enlèvement en pleine guerre contre le terrorisme

    Ces condamnations interviennent après une opération qui a eu lieu en 2003 à Milan. A l'époque, l'administration Bush est en pleine guerre contre le terrorisme, après les attentats du 11 septembre 2001.

    Au même moment, l'imam égyptien Abou Omar, de son vrai nom Osama Hassan Nasr, vit en Italie, où il bénéficie de l'asile politique. En Egypte, il était membre de l'opposition islamiste radicale.

    Le 17 février 2003, il est enlevé dans une rue de Milan, au cours d'une opération coordonnée entre le Sismi et la CIA. Il est ensuite transféré en Egypte où il aurait été torturé dans la prison de haute sécurité dans laquelle il était détenu, d'après ses avocats.

    Ses avocats avaient réclamé 10 millions d'euros de dommages et intérêts. En première instance, la Cour d'appel a confirmé un dédommagement de 1,5 millions d'euros. Un million est destiné à Abou Omar, le reste à sa femme.

    Un procès symbolique

    Ce procès en première instance avait été ouvert en 2007. Il était d'une portée hautement symbolique car, pour la première fois en Europe, un procès s'ouvrait sur les transfèrements secrets par la CIA de personnes soupçonnées de terrorisme vers des pays connus pour pratiquer la torture, après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

    D'après le journal Le Monde, après les condamnations en première instance, qui étaient tombées en 2009, les Etats-Unis avaient affirmé être "déçus". A l'opposé, Amnesty International avait loué "un pas en avant".

     

    RTBF avec Belga et RFI

    Faire un commentaire

    • Merci de respecter la charte des commentaires,
      sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
    • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
    1000 caractères max
    Veuillez remplir le champ "Code de sécurité" en respectant les majuscules, minuscules ou les espaces.
  • L'imam Abou Omar, de son vrai nom Hassan Mustafa Osama Nasr, pendant une conférence de presse d'Amnesty International au Caire en avril 2007.
    « previous

    L'imam Abou Omar, de son vrai nom Hassan Mustafa Osama Nasr, pendant une conférence de presse d'Amnesty International au Caire en avril 2007.

    AFP PHOTO / KHALED DESOUKI
    next
    • L'imam Abou Omar, de son vrai nom Hassan Mustafa Osama Nasr, pendant une conférence de presse d'Amnesty International au Caire en avril 2007.

      L'imam Abou Omar, de son vrai nom Hassan Mustafa Osama Nasr, pendant une conférence de presse d'Amnesty International au Caire en avril 2007.

En direct

 

Dernière Minute

Monde