Comment les modérateurs de Facebook décident-ils de retirer une publication?

Mark Zuckerberg à la conférence pour le Graph Search, 2012
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Mark Zuckerberg à la conférence pour le Graph Search, 2012 - BELGA / AFP / Josh Edelson
Rédaction RTBF

Sur Facebook, y a-t-il une différence entre l’art nu et la pornographie ? Entre des plaisanteries non-crédibles et un projet d’attentat avéré ? Qu’est-ce qui est assez violent pour devenir insoutenable à regarder ? Gawker s’est procuré la grille de lecture confidentielle des modérateurs de Facebook, dévoilant leur marche à suivre pour retirer certaines publications du réseau social.

Alors que Facebook livre à ses utilisateurs des conditions d’utilisation assez vagues au sujet des règles à ne pas enfreindre sur le réseau social, un ancien employé qui était affecté à la modération a dévoilé les motifs concrets pour qu’une publication soit retirée. Bien souvent, ces contenus ne sont pas illégaux, mais juste jugés contraires à la philosophie de l’entreprise.

Des cas particuliers surprenants

Publiée pour la première fois sur le site Gawker, la grille de lecture pour retirer un contenu détaille point par point la marche à suivre pour les modérateurs, et les critères qui rendront une publication indésirable. Plusieurs illustrations concrètes dans ce document de treize pages font apparaître quelques cas surprenants, épingle Le Monde. La charte de modération se divise en plusieurs catégories, et s’apparente à une sorte de "Table des Lois" version Facebook.

Tu ne te drogueras point. Sauf si c’est de la marijuana.

Dans la catégorie "drogue" : le guide de modération explique que les publications liées aux substances illicites sont interdites. Mais chose surprenante, la marijuana est autorisée "sauf s’il est clair que l’utilisateur en vend, en achète ou en fait pousser".

On ne menace pas les chefs d'Etat, même pour rire

En cas de menaces d’attentats et de violence, les modérateurs doivent d’abord évaluer la crédibilité des propos, ce qui prend souvent beaucoup de temps car de nombreux critères entrent en compte. Par contre, lorsque la menace vise un chef d’Etat, même de manière humoristique, le signalement de la publication sera transmis à un responsable sans détour. Pas question donc de publier une photo d’Obama la tête dans un viseur, sans que cela ne passe inaperçu, par exemple.

Cachez ce téton que je ne saurais voir       

Facebook interdit toute description, imagée ou écrite, d’actes sexuels. De même, la nudité ne sera tolérée que si les attributs sexuels primaires et secondaires sont soigneusement cachés. Ainsi, une photo de mère qui allaite son enfant ne sera pas retirée, tant que son téton n’est pas visible. 

Les fluides corporels sont autorisés, mais...

Dans la charte publiée par Gawker, les modérateurs sont priés d’ignorer systématiquement le signalement des images de fluides corporels, sauf le sperme. Il sera ainsi loisible à quelqu’un de publier une photo de lui en train de saigner abondamment. On imagine d’ici les dérives.

On ne plaisante pas avec la Turquie

La grille de lecture des modérateurs de Facebook possède un nouvel élément plus interpellant. La Turquie est le seul pays a posséder des règles particulières. Selon le texte publié par Gawker, "toutes les attaques contre Atatürk""les cartes du Kurdistan" ou les photographies de "drapeaux turcs en feu" doivent être signalées à un responsable. Il est ensuite précisé que "les images de drapeaux d'autres pays en feu peuvent être validées". Facebook, le réseau social aux lois particulières ?

Le document est à consulter sur Gawker.

Y.S. avec Le Monde


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