Injurier son employeur sur un réseau social et être ensuite licencié, c'est aussi possible en Belgique. Cela peut être considéré comme un motif grave. La loi et la jurisprudence le permettent.
"Il faut vraiment que le juge établisse les circonstances dans lesquelles cela s'est passé, le degré de publicité qu'il y a eu de ce message, ..., pour que cela puisse vraiment constituer un motif grave. Pour rappel, c'est un motif qui rend définitivement et de façon impossible toute relation future, dans le cadre professionnel, entre l'employé et l'employeur", indique Me Véronique Delforge, avocate et spécialiste en droit du travail.
Récemment, le tribunal du travail de Louvain a validé le licenciement d'un employé qui critiquait la politique de gestion de son employeur. C'est encore rare en Belgique mais c'est plus fréquent dans d'autres pays, comme la France. La justice considère de plus en plus souvent que s'exprimer sur un réseau social, comme Facebook, ne relève pas de la sphère privée.
"Dans la mesure où les propos que vous postez sur Facebook sont accessibles à des dizaines voire des centaines de personnes, je pense qu'on n'est plus dans le privé", réagit Me Catherine Preumont, avocate également spécialisée en droit du travail. "Si on veut tenir une conversation privée, on utilise la messagerie Facebook ou une autre messagerie ou un système dans lequel on maîtrise les destinataires des propos. Dans Facebook, on ne maîtrise pas en réalité puisqu'on poste un message qui peut tomber entre les yeux et les mains de personnes qu'on ne connaît même pas. Dans ce cadre-là, clairement, on n'est plus dans le privé."
Mieux vaut donc être prudent.
PIAB, avec J-F Noulet




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