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Twitter, vecteur de tensions ethniques en Inde?

MEDIAS | Mis à jour le jeudi 23 août 2012 à 11h33

  • L'Inde a menacé de prendre des mesures contre le site de réseau social Twitter après des messages soupçonnés d'avoir attisé des tensions ethniques contre des migrants du nord-est du pays, rapporte jeudi le quotidien Times of India.

    Des dizaines de milliers de personnes ont fui les villes de Bangalore et de Bombay ces derniers jours pour rentrer dans l'Etat de l'Assam (nord-est).

    Cet exode a été déclenché par l'envoi de menaces sur les téléphones portables et l'internet affirmant que les Assamais seraient attaqués par des musulmans après la fin du ramadan, en représailles à de récentes violences inter-ethniques qui ont opposé les deux communautés dans cet Etat reculé de l'Inde.

    Le gouvernement a demandé à Twitter et à d'autres sites de réseaux sociaux de supprimer du contenu "malfaisant et incendiaire". Il a aussi bloqué des pages internet et l'envoi de textos "de masse".

    "Mesures appropriées"

    "Si Twitter ne répond pas à notre requête, nous prendrons des mesures appropriées", a indiqué un responsable au sein du ministère de l'Intérieur, R.K. Singh, cité dans le Times of India.

    "Nous avons demandé au ministère des Technologies de l'information de leur adresser un préavis", a-t-il ajouté.

    Selon le quotidien, le gouvernement a demandé aux sites de répondre d'ici ce jeudi.

    Les représentants de Twitter en Inde n'étaient pas joignables dans l'immédiat mais Facebook et Google ont indiqué cette semaine qu'ils étaient en contact avec le gouvernement et qu'ils disposaient déjà d'une politique interdisant les contenus incitant à la violence.

    Le ministre en charge des Technologies de l'information, Kapil Sibal, s'est toutefois dit frustré de leurs réponses.

    "Lorsqu'on demande à ces sites d'enquêter sur l'identité (des personnes postant des messages), ils répondent qu'ils sont hors de leurs juridiction, que leurs serveurs sont à l'étranger et qu'ils n'ont pas l'obligation de dévoiler les identités", s'est-il plaint mercredi.

    "Cela veut donc dire que c'est une plateforme où n'importe quoi peut faire n'importe quoi", a-t-il jugé.

    Dans l'Assam, les violences entre musulmans et une tribu locale, la tribu Bodo, ont déjà fait 80 morts et provoqué le déplacement de plus de 400 000 personnes au cours du mois écoulé, selon les autorités.

    AFP

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