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Storify, une success story à la belge

MEDIAS | vendredi 29 juillet 2011 à 12h49

  • Xavier Damman, un belge de 26 ans, est exilé à San Francisco depuis deux ans. Ce passionné d’informatique a co-fondé Storify, une plateforme qui permet de regrouper les informations des réseaux sociaux pour en faire des histoires structurées et les partager. Il vient de gagner le Grand Prix de l'innovation pour le journalisme.

    Le principe de Storify est simple: raconter ce qui se passe et se dit sur les réseaux sociaux. "Tous les jours des millions de gens partagent sur Facebook, Twitter, YouTube et autres sites ce qu'ils vivent, commence Xavier Damman. De vos amis invités à votre mariage, aux fans de football avant, pendant et après un grand match, aux Egyptiens durant les révolutions arabes jusqu'aux jeunes piégés sur l'île norvégienne".

     

    Storify permet de raconter ces histoires en insérant des tweets, statuts Facebook, et autres vidéos directement dans un article. Une fois terminé, il peut être partagé directement avec des amis ou publié sur un blog ou un site Internet.

    Xavier Damman est diplômé de l’UCL, où il obtient un master en sciences informatiques en 2007. En 1999, alors qu’il n’est qu’au secondaire, il crée Tribal, le magazine « de la libre expression jeune ». A son apogée, Tribal rassemble plus de 200 jeunes rédacteurs et se distribue à 30 000 exemplaires. Il est également décliné en site web.

    Le concept de Storify, lui, prend vie en 2009. A l’origine, il s’appelait Publitweet et servait à simplifier et à publier le contenu venant de Twitter. Le système était d’ailleurs utilisé par Belgacom Skynet et Le Soir lors des dernières élections. Mais Xavier Damman veut exploiter son projet au maximum.

    "J'ai essayé de lever de l'argent en Belgique et à Paris mais en vain, déplore-t-il. J'ai alors déménagé à San Francisco pour développer l'idée".

    En Californie, les choses vont vite se décanter. "Après six mois, j’avais le San Francisco Chronicle (un des journaux les plus importants de la côte ouest, ndlr) comme utilisateur et un premier investisseur américain", se rappelle Xavier Damman.

    Deux mois plus tard, il rencontre Burt Herman, un journaliste-entrepreneur touche-à-tout. Son expérience et sa motivation séduisent le jeune belge qui l’invite à rejoindre le projet. Très vite, la version finale de Storify prend forme. "En mai 2010, nous avons amélioré le concept pour ne pas se limiter à Twitter mais aussi permettre de publier du contenu de Facebook et d’autres réseaux sociaux sous forme de «story», d’où le changement de nom vers Storify", détaille Xavier Damman.

    "Construire le plus grand réseau d’information mondial"

     

    En septembre dernier, le premier prototype en version beta est présenté à la conférence Techcrunch à San Francisco. Le 25 avril, la plateforme est ouverte au grand public. "Depuis, 18 des 20 plus grand sites d’information américains utilisent Storify, se félicite Xavier Damman. Même la Maison blanchie a commencé à nous utiliser la semaine passée". Al Jazeera, la chaîne d’information qatarie, a elle développé un show télévisé basé sur Storify appelé « The Stream ».

    Jusqu’où peut aller Storify ? Très loin, pour l’ambitieux Xavier Damman. "Notre ambition est de construire le plus grand réseau d'information mondial, explique-t-il. A travers les réseaux sociaux, le monde dispose de centaines de millions de reporters. Storify est la plateforme qui permet à chacun de puiser dans tout ce contenu partager afin d'en faire ressortir de l'information".

     

    Le site a déjà remporté plusieurs prix, dont le grand prix de l’innovation pour le journalisme. Pour le jeune entrepreneur, "c’est avant tout grâce à nos utilisateurs qui utilisent la plateforme pour raconter des histoires qui ont un impact et contribuent à changer le monde. D’Al Jazeera qui publie ce que les jeunes Egyptiens partagent depuis les rues du Caire à ce jeune étudiant en journalisme à Londres qui depuis un coffee shop racontait les événements d’Oslo".

     

    "Nous sommes extrêmement reconnaissants envers nos utilisateurs et nous espérons qu'à travers Storify le monde sera mieux informé et de manière plus transparente en redonnant plus d'importance à la voie de tout un chacun", espère Xavier Damman.

    Financièrement en tout cas, l’entreprise se porte bien : sept personnes sont employées à plein temps et deux millions de dollars ont été levés en décembre 2010.

    "Ici, tout le monde se fout de l’avenir de la Belgique"

     

    Même à presque 9 000 kilomètres de distance, Xavier Damman garde un œil sur l’actualité belge. Dès qu’il le peut, il "télécharge le JT sur le site de la RTBF". Et la situation politique ? "C'est malheureux que les titres d'actualité soient les mêmes depuis deux ans, regrette-t-il. Il serait temps qu'on change cette équipe de négociateurs qui perd et qu'on donne la chance aux jeunes afin qu'ils puissent construire l'avenir de notre région".

    Et apparemment, l’intérêt des californiens pour la Belgique n’est pas encore très développé : "Vu de San Francisco, tout le monde se fout de l'avenir de la Belgique. Cela ne va pas changer le monde".

    J. Antoine

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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