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Serious games: un outil ludique pour la formation en entreprise

MEDIAS | Mis à jour le jeudi 16 mai 2013 à 9h48

  • Un monde commence à se développer en Wallonie : les "serious games", littéralement le "jeu sérieux". Il s'agit de jeux vidéo qui sont utilisés dans un cadre professionnel.

    On en trouve beaucoup dans le monde des ressources humaines, pour la formation ou le recrutement, où cette approche est considérée comme très efficace, comme l’explique Pascal Balancier, expert e-learning à l'Agence wallonne des télécommunications : "On joue sur le plaisir, sur la mémoire active, sur le vécu et sur la mise en situation. C’est beaucoup utilisé par exemple pour former des managers pour gérer des équipes ou par des commerciaux pour gérer la relation avec les clients. Ce sont vraiment des outils très puissants pour le changement comportemental, pour travailler sur le savoir-être".

    Mais à vrai dire, le concept s'étend à bien d'autres univers poursuit-il : "Il y a des serious games éducatifs (qu’on appelle des learning games), il y en a plutôt de sensibilisation (qu’on appelle des edugames). Il y a des serious games plutôt marketing (qu’on appelle des advergames) et il y en a qui sont plutôt utilisés dans le milieu médical pour la rééducation (qu’on appelle des exergames). Il y a une quantité d’appellations en fonction des domaines d’utilisation".

    Pas d'amateurisme

    L'asbl Passe-muraille a pour objectif de favoriser l'inclusion des personnes handicapées dans la société. Il y a deux ou trois ans, elle a décidé d'investir dans un serious game parce que c'est ludique et, surtout, que cela permet de faire passer un message. Jean-Christophe Heron chargé de projet dans cet asbl précise que "le serious game nous semblait un média intéressant pour faire passer ce message que c’est l’environnement qui a tendance à aggraver le handicap, et non la déficience en tant que telle".

    Mais le projet a pris d'autant plus de temps que le jeu doit être accessible aussi bien aux personnes valides qu'aux personnes handicapées, sourdes ou aveugles. Et il a aussi fallu trouver des dizaines de milliers d'euros d’investissements sous la forme de subsides et de sponsoring. Car même dans le jeu sérieux, il n’est pas question d'amateurisme, indique Jean-Christophe Heron : "C’est un jeu qui a demandé la création de nombreux interfaces : un jeu vidéo doit rester fluide et beau pour pouvoir toucher un maximum de public. Il doit y avoir une histoire, un déroulement et une intrigue, et réussir à concilier tout cela avec le fait que ce jeu soit totalement accessible".

    Nouveaux outils

    Les coûts sont globalement assez élevés par comparaison avec ce qui se fait à l'étranger, ce qui explique sans doute pourquoi la Belgique est un peu en retard dans ce domaine, mais ce n'est pas la seule raison selon Pascal Balancier : "D’une part on pourrait dire que les entreprises ne sont pas suffisamment soutenues à l’exception de l’un ou l’autre créneau. D’autre part, la crise financière fait que les entreprises ont moins de moyens et la première dépense sur laquelle on rogne c’est la formation en général".

    Une série d'outils permettent à une entreprise de développer elle-même un serious game maison sans devoir investir des centaines de milliers d'euros. Développer et utiliser un jeu sérieux, c'est bien, mais en définitive, l'analyse de ce qui s'est passé pendant le jeu et son impact sur les salariés, c'est ça qui compte évidemment pour l'entreprise.

    A.L. avec M. Gassée

    Le site des Serious Games en Belgique francophone

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