Lancé en 2009, le projet Indect semble être rentré dans le collimateur du collectif anonyme qui le présente dans cette vidéo comme un outil du contrôle de nos vies privées.
Indect est appelé ainsi en vertu de ses initiales anglaises Intelligent information system supporting observation, searching and detection for security of citizens in urban environment" (en français "Système d’information intelligent soutenant l’observation, la recherche et la détection pour la sécurité des citoyens en milieu urbain").
Selon la Commission européenne, il ne s'agit pas d'un système de surveillance européen mais d'une "amélioration de systèmes vidéo existants dans des endroits circonscrits pour mieux répondre aux situations de crise". Exemple: violences dans un train, foules paniquées, hooliganisme au football)...
L'idée est d'utiliser les procédures existantes en la matière, mais en les automatisant. Le système sera lié aux banques de données des différentes police et aux fichiers biométriques d'identité. Le système prévoit aussi le traçage des activités criminelles sur internet.
On n'installerait pas de nouvelles caméras avec Indect, mais le système rendrait la surveillance plus efficace en automatisant l'analyse des images pour déterminer la réaction la plus appropriées des forces de l'ordre, explique le document de la Commission.
La Commission, qui insiste sur le fait que le projet n'a rien de secret, précise aussi qu'il ne s'agit pas de centraliser les systèmes au niveau européen. L'Union européenne se contente de co-financer le projet de recherche dans des universités de 12 Etats-membres, à hauteur de 10,9 millions d'euros sur 12 millions.
Big Brother au niveau européen ou pas?
Caméras de surveillance, traçage sur internet, banques de données, fichiers biométriques : il n'en fallait sans doute pas plus pour faire passer ce projet pour un nouveau Big Brother aux yeux de ceux qui s'érigent en défenseurs des droits fondamentaux comme celui à la vie privée, dans la rue et sur internet, et redoutent le manque de transparence du projet. La vidéo signée Anonymous associe ainsi Indect et ACTA pourtant bien différents.
Interrogé à ce sujet, Olivier Bogaert de la Computer Crime Unit, estime qu'il est normal d'assister à la mise en place de cadres réglementaires pour des technologies nouvelles comme l'internet ou la vidéosurveillance: "Lorsque les automobiles ont fait leur apparition au début du siècle dernier, on roulait n'importe comment au début. Puis on a légiféré : on a décidé de rouler à droite (ou à gauche outre-Manche), on a instauré le permis de conduire, toutes sortes de règles sont apparues. On a même des radars et des caméras de surveillance aujourd'hui, sans que personne ne crie à l'atteinte à la vie privée". Pareil donc pour le net, pareil pour la vidéosurveillance.
D'autant qu'une optimisation par la standardisation est nécessaire, renchérit Oliver Bogaert. On se souvient que la mauvaise qualité des images de surveillance de la Stib dans l'affaire de l'agression d'un jeune Bulgare à la station de métro Porte de Namur à Bruxelles pendant le Nouvel An 2010 n'avait pas permis d'identifier plus d'un suspect, alors que les agresseurs étaient en groupe, et a sans doute même mené à son acquittement.
Se doter de normes de qualité minimales, standardiser pour permettre de partager les images sans perte de qualité : voilà, aux yeux d'Olivier Bogaert, un objectif à remplir pour Indect.
RTBF




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