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Les médias de demain ne devraient pas tuer le journalisme

MEDIAS | samedi 1 décembre 2012 à 9h15

  • Blogs, articles produits par ordinateur ou réseaux sociaux contribuent désormais au secteur de la presse d'information mais ne devraient pas tuer le journalisme professionnel, selon une étude parue cette semaine aux Etats-Unis.

    Les auteurs de cette recherche, intitulée "Le journalisme post-industriel" du Tow Center for Digital Journalism de l'université de Columbia, y expliquent que la révolution technologique a permis une explosion de l'information, avec des conséquences négatives mais aussi positives pour les médias.

    Il existe ainsi de nombreux domaines où les journalistes professionnels ne peuvent pas être remplacés par des machines ou par des internautes volontaires ("crowdsourcing"), estiment les chercheurs.

    "La tâche noble du journaliste est d'enquêter sur les vrais sujets de société, comme la crise des prêtres pédophiles dans l'Eglise catholique, les comptes frauduleux d'Enron ou encore le scandale de Fast and Furious", une opération de distribution d'armes au crime organisé mexicain lancée par le département de la Justice américain, soutiennent-ils.

    "Le journaliste entendu comme celui qui révèle la vérité, apporte du sens ou explique la réalité, ne peut pas être réduit à un ordinateur interchangeable", expliquent les auteurs C.W. Anderson, Emily Bell et Clay Shirky.

    Parallèlement les réseaux sociaux, les blogs et le "crowdsourcing" ont permis l'émergence d'une information qui n'était pas disponible par le passé.

    Ils citent par exemple la mort d'Oussama Ben Laden, rapportée en primeur par un Pakistanais sur Twitter, ou encore le tsunami au Japon en 2011, dont une foule de détails ont été racontés par des témoins directs sur la toile.

    Ils expliquent également que les ordinateurs capables de transformer des algorithmes en articles à partir de données sportives ou financières pourraient permettre aux journalistes de se libérer du temps pour se concentrer sur des sujets de fond.

    Pour autant, l'ère numérique a conduit à une "détérioration de la qualité de l'information aux Etats-Unis", déplorent les chercheurs.

    Et l'ancien modèle, qui reposait essentiellement sur la publicité, ne sera plus jamais comme avant: pour survivre, "l'information doit coûter beaucoup moins cher à produire", estiment les auteurs.

    L'avènement de l'ère numérique impose l'invention d'un nouveau modèle économique qui doit être flexible, selon eux: "les revenus peuvent provenir de la publicité, de sponsors, de dons, d'utilisateurs, de philanthropes. Et la réduction des coûts peut s'obtenir grâce à des partenariats, l'externalisation, la sous-traitance ou encore l'automatisation".

    Les auteurs citent l'émergence de sites, comme le Huffington Post, qui compilent des opinions de contributeurs extérieurs réputés mais non rémunérés.

    "La direction du HuffPo a réalisé qu'il était plus intéressant pour ses lecteurs d'extraire et de commenter les informations du Washington Post ou du New York Times plutôt que de s'abonner aux fils des agences" de presse, note l'étude.

    Face à l'explosion des sources d'informations, les médias devront aussi trouver des niches.

    "Il y a une place pour l'analyse fouillée et soignée. Ou encore pour le reportage impressionniste, qui prend de la hauteur dans la cacophonie des nouvelles quotidiennes", selon les chercheurs.

    Mais dans cette nouvelle ère, peu de médias parviendront à tirer leur épingle du jeu, selon eux.

     


    Belga

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