Après-midi de répétition au Conservatoire royal de Bruxelles. Nous sommes dans la salle de concert, une salle construite en 1878. L'endroit est réputé pour ses qualités acoustiques mais aujourd'hui pourtant, rien ne va plus. Les plâtres tombent, des fissures apparaissent un peu partout, la peinture a pris un sérieux coup de vieux. Le Conservatoire royal va mal.
"C'est un objet de honte quotidien, il faut le dire", souffle Frédéric De Roos, directeur du Conservatoire royal de Bruxelles. "Quand nous recevons des étudiants qui viennent de très loin pour venir étudier avec des maîtres fameux chez nous et qu'ils voient l'état du bâtiment, ils n'y croient pas. De même, quand on reçoit des collègues, ils ont peine à croire qu'on arrive à produire la qualité de notre travail dans des conditions aussi difficiles."
Pas de chauffage en hiver
Pas besoin de décrire l'état des couloirs et des murs. Les images, que vous pouvez retrouver dans le reportage ci-contre, parlent d'elles-même. Manifestement, des travaux s'imposent. Et vite.
Dans les salles de cours, il est aussi parfois difficile de travailler. L'une d'elles vient heureusement d'être rénovée mais ce n'est pas le cas partout. "J'ai eu des cours de musique de chambre dans certains bâtiments derrière, où on ne peut pas faire rentrer plus de deux personnes en même temps à cause des menaces d'effondrement", témoigne Laura Waty, une jeune étudiante qui étudie ici depuis six ans.
"On a parfois des pannes de chauffage. En janvier, ce n'est pas drôle", se plaint Dominique Cornil, professeur de piano. "Pour jouer, il faut tout de même avoir les muscles chauffés. Jouer dans le froid, ce n'est pas évident."
10 millions pour la salle de concerts
En fait, le drame du conservatoire, c'est qu'il dépend de trois pouvoirs. Le gouvernement fédéral possède le bâtiment. L'enseignement relève des deux communautés et il faut mettre tout le monde d'accord. Depuis cinq ans, un groupe de mélomanes se bat pour y parvenir. Pour eux, il faut redéfinir le statut du Conservatoire.
"C'est ce qu'on a fait au Palais des Beaux-Arts, à l'Atomium, au Palais des Congrès", souligne Rahim Hachem Samii, président de l'ASBL Conservamus. "On crée une petite société, bien entendu tout à fait publique. Cette société a un organe de décision qui va décider quels travaux, à quel moment, qui s'en occupe, doit-on louer ou non, s'il y a des extensions à prévoir, ..."
Une proposition de loi est d'ailleurs à l'étude, il y a urgence. La salle de concerts nécessite à elle seule une rénovation d'une dizaine de millions d'euros. Ici, tout le monde espère que la musique dépasse enfin la politique.
PIAB, avec A. Goderniaux




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de Philippe Kurpil Surprenant !
30-04-2012 11:53 |
de anonymous Qu'attend le gouvernement fédéral pour prendre une initiative en la matière? Un simple arrêté royal suffit pour transférer certaines parties du bâtiment (salles de cours, direction et secrétariat) à chacune des communautés. Les parties communes, dont la salle de concert, pourraient être gérées par un parastatal, dont le conseil d'administration compterait des représentants des communautés. Cela fonctionne ainsi sans grands problèmes à la Monnaie et au PBA. Ce qui est affligeant, c'est que la culture n'a jamais été une priorité pour le monde politique, surtout au centre et au sud, un peu moins au nord. Du côté flamand on y attache heureusement plus d'importance (et donc de crédits). Un Etat se juge aussi par ce qu'il fait (ou non) en faveur de la culture
30-04-2012 10:43 |