Le site info de la RTBF, vous le connaissez de mieux en
mieux. Vous y êtes, d'ailleurs pour l'instant. Mais ce n'était pas vraiment du
goût des éditeurs de presse écrite. Ils estimaient que le site info de la
RTBF.be leur faisait une concurrence déloyale en publiant ces articles que vous
lisez.
Ce vendredi, la RTBF gagne le procès que lui avaient
intenté les éditeurs de presse écrite. Vous pourrez donc continuer à vous
informer ici même.
Mais qu'est-ce que les journaux francophones reprochaient
donc à la RTBF ?
Tout commence en janvier 2010, lorsque la RTBF annonce
son désir d'investir dans les nouvelles technologies de l'information. Les
éditeurs de presse mettent alors en demeure la RTBF, lui enjoignant de cesser
toute activité en ligne. Une tentative de médiation de la Communauté française
tourne court. Les journaux estiment que le dossier revêt un aspect politique et
que leur interlocuteur ne doit pas être la direction de la RTBF mais la
ministre compétente Fadila Laanan.
Concurrence déloyale ?
Le tribunal de commerce de Charleroi s'est emparé de
l'affaire en juin dernier. Les éditeurs de presse y ont exposé leurs arguments:
pour eux, le décret statutaire régissant les activités de la RTBF ne l'autorise
pas à publier de la "presse écrite en ligne" et devrait se contenter
d'informations qui reproduisent sur le web ses programmes de radio et de
télévision. Les éditeurs estiment que la RTBF n'est autorisée qu'à des
activités de radiodiffusion sonore et télévisuelle. Ils dénoncent une
concurrence déloyale.
En outre, les journaux estiment que la RTBF utilise
abusivement la subvention accordée par la Communauté française pour assurer sa
mission confiée par ses statuts. Les avocats des éditeurs de presse n'avaient
pas pour objectif d'interdire à la RTBF d'avoir un site internet mais ils
voulaient faire cesser la diffusion d'articles écrits, une diffusion qu'ils
estiment délétère pour la presse écrite.
Le point de vue de la RTBF
Les avocats de la RTBF ont plaidé qu'elle n'était pas
sortie de son rôle, d'autant que ses activités principales restent la radio et
la télévision, le site d'information ne consistant qu'une activité annexe. Pour
eux, cette activité occupe une part réduite du personnel de la RTBF. Ils ont
précisé qu'il ne s'agit nullement de la part de leur cliente d'un
"changement de métier", avant de souligner qu'aucun des organes de
tutelle de la radio-TV de service public n'avait trouvé à redire à cette
nouvelle activité, ce qui témoignait bien de sa parfaite légalité et de ce
qu'elle est conforme aux missions de la RTBF. La RTBF considère aussi
que la notion de "presse écrite en ligne" n'est pas définie et
aboutit à nier le concept même d'information multimédia.
Ce vendredi, le tribunal a donné raison à la RTBF,
estimant d'une part que le site info de la RTBF rentrait dans le cadre de la
définition des activités annexes autorisées à la RTBF, et d'autre part qu'il
n'était pas compétent par rapport aux griefs évoquant une violation du droit
européen de la concurrence. L'ensemble des demandes des Journaux Francophones
Belges ne sont pas apparues comme fondées, peut-on lire dans le jugement. Le
tribunal en déboute dès lors les parties demanderesses.
RTBF




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