L'actrice française Tsilla Chelton, "Tatie Danielle", est décédée

Tsilla Chelton dans la saison 1 du feuilleton de la RTBF Melting Pot Café
2 images
Tsilla Chelton dans la saison 1 du feuilleton de la RTBF Melting Pot Café - © RTBF
Rédaction RTBF

L'actrice française Tsilla Chelton, qui a longtemps vécu en Belgique, est décédée à l'âge de 93 ans. Après avoir fait carrière au théâtre, elle a connu la notoriété pour son rôle d'une vieille dame acariâtre dans le film d'Etienne Chatilliez "Tatie Danielle".

Tsilla Chelton a également tenu le rôle d'Elisabeth ("Mamke") dans le feuilleton de la RTBF "Melting Pot Café". Elle décédée dans la maison de repos dans laquelle elle résidait à Bruxelles.

L'actrice française, née le 21 juin 1919 à Jérusalem, est décédée dimanche chez elle près de Bruxelles, en Belgique - où elle avait passé une partie de son enfance. Bien qu'elle laisse surtout l'impérissable souvenir de cette aïeule teigneuse qu'elle avait incarnée pour la caméra d'Etienne Chatiliez, Tsilla Chelton a marqué la scène dans de nombreuses pièces classiques.

Ionesco

C'est d'ailleurs un Molière de la meilleure comédienne pour "Les Chaises" de Ionesco - première des onze pièces de l'auteur roumain qu'elle créa en scène - qui l'a récompensée, plutôt qu'un César du cinéma, auquel elle fut pourtant nommée en 1991 pour la fameuse Tatie.

"C'était un talent formidable, plus habitué au théâtre qu'au cinéma", a d'ailleurs rappelé le réalisateur qui avait eu le nez de l'arracher aux planches en 1990 pour lui confier ce rôle. "Elle a eu la chance de rencontrer Ionesco qui lui a donné ses galons (...) Le rêve d'un comédien, c'est la rencontre avec des rôles. Elle l'a eu au cinéma comme au théâtre", a ajouté Etienne Chatiliez sur BFM-TV, se souvenant que cette prestation en "vieille dame très méchante l'avait beaucoup amusée".

"C'était sans doute aussi un peu douloureux de jouer un personnage aussi antipathique", estime Isabelle Nanty, qui lui servait de "nounou" dans le film. "En fabriquant son personnage, elle ne s'était pas fait de cadeau et ce n'était pas marrant de se retrouver chaque matin dans cette peau", a indiqué l'actrice à l'AFP. "Mais elle y allait à fond et elle vous embarquait dans son jeu, avec générosité". Isabelle Nanty l'avait recroisée lors du 80e anniversaire de la comédienne qui, se souvient-elle, prenait garde de ménager de la place à sa vie personnelle. Epouse du décorateur Jacques Noël, Tsilla Chelton était mère de quatre enfants.

Marcel Marceau

Orpheline de mère à six ans, la petite fille juive avait quitté Anvers pour la Suisse pendant la Deuxième Guerre mondiale, avant de s'installer à Paris à la Libération et d'y suivre les cours du mime Marcel Marceau. En 1952, elle avait décroché son premier grand rôle en créant une pièce de Ionesco, "Les chaises", suivie de dix autres - notamment "Le roi se meurt" ou "Délire à deux".

Pour la fille de l'auteur Marie-France Ionesco, jointe lundi par l'AFP et attristée par la nouvelle, Tsilla Chelton "reste liée à la création des toutes premières pièces de (mon) père". "J'étais petite à l'époque (1952) mais je me rappelle l'intensité, même la bagarre qu'il pouvait y avoir avec le metteur en scène. Mais Tsilla était toujours absolument remarquable, très impressionnante", a-t-elle confié.

L'actrice au registre très vaste joue alors aussi bien des oeuvres contemporaines de Tardieu, Audiberti, que les grands classiques comme Molière ou Shakespeare. Elle est aussi la première femme, en France, à jouer Bertold Brecht avec Michel Serrault, Michel Piccoli et Laurent Terzieff. Prête à partager son art, elle a enseigné l'art dramatique aux futurs complices du Splendid, Michel Blanc, Thierry Lhermitte, Christian Clavier ou Gérard Jugnot.

Au cinéma, avant Chatiliez, elle a fait de courtes apparitions chez Yves Robert, Claude Chabrol ou Claude Berri. En 2009 pourtant, elle apparaissait encore dans deux films: "Soeur Sourire" aux côtés de Cécile de France et "La Boîte de Pandore", de la jeune réalisatrice turque Yesim Ustaoglu, pour laquelle elle campait, à 90 ans, une grand-mère à chignon blanc qui perdait la tête. "C'est quelque chose que j'ai appris: j'ai toujours vécu dans le moment présent", confiait-elle alors.

RTBF


Publicité