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Etats-Unis: ruée sur les noms de domaine en .xxx pour se protéger

MEDIAS | Mis à jour le jeudi 15 décembre 2011 à 8h27

  • Des université et des musées sont prêts à payer cher pour s'acheter des noms de domaine internet .xxx, dans l'espoir d'éviter de voir leur nom associés à des sites pornographiques.

    "A la base, on essaie de protéger le nom et la marque de l'Université, pour éviter que des gens s'en servent d'une façon qui ne nous plairait pas", explique à l'AFP le porte-parole de l'Université de Californie à Berkeley, Robert Sanders.

    En dépit de ses difficultés budgétaires, liées aux finances dégradées de l'Etat, l'université a déjà déboursé 1.200 dollars pour s'assurer le contrôle de six noms de domaines en .xxx qui seraient des déclinaisons de son nom ou de celui de son équipe de football américain, les Golden Bears.

    La vente de ces adresses a débuté la semaine dernière, lorsque la société ICM Registry, qui gère l'attribution des noms de domaine en .xxx, a priori destinés aux sites pornographiques, a permis à diverses sociétés, associations, acteurs et autres célébrités de sécuriser des adresses liées à leur nom.

    Depuis, ICM Registry a enregistré près d'un million de visites par jour sur le site buy.xxx, où l'on trouve les procédures à suivre pour ce faire.

    Les universités d'abord

    Plusieurs universités connues ont été parmi les premières à réagir, déboursant 200 dollars par nom de domaine pour un droit d'utilisation valable dix ans.

    L'université de Berkeley est allée jusqu'à accepter de payer un forfait annuel de 102 dollars pour le site "calbears.xxx" qu'elle n'a pourtant pas la moindre intention de faire fonctionner, indique Robert Sanders.

    L'équipe de football de l'université est en effet généralement connue sous le diminutif Cal Bears, une marque qui n'est pas suffisamment reconnue pour lui donner le droit de neutraliser cette adresse pendant dix ans. Les responsables ont donc décidé de débourser ce qu'il fallait annuellement pour éviter tout détournement.

    "Nous ne voudrions pas être associés aux gens qui pourraient utiliser ce genre de sites", dit Robert Sanders.

    L'Université du Kansas s'est plainte publiquement d'avoir dû dépenser près de 3.000 dollars pour protéger une série de noms de domaines comme "KUgirls.xxx" et "KUnurses.xxx", afin de préserver son image en ligne.

    L'université de Stanford, le musée du Louvre, Coca-Cola, Sony, le Vatican, l'AFP et des mouvements scouts ont déjà réservé des adresses en .xxx, selon le service de référencement de sites WHOIS Lookup.

    Les marques déposées avaient une période de 30 jours, avant l'ouverture générale de la vente, pour réserver à vie leurs noms, indique une porte-parole d'ICM Registry, Loren Pomerantz.

    "Ces noms ne sont pas bloqués, ils sont seulement achetés pour que personne d'autre ne les achète", dit-elle. "Avant le lancement, des gouvernements ont aussi pu suggérer des noms devant être réservés", ajoute-t-elle, "généralement des noms de responsables politiques ou des noms culturellement sensibles".

    Ce sont des gestionnaires qui vendent

    Les adresses sont vendues par des sociétés gestionnaires comme Go Daddy et Network Solutions, et les noms n'étant pas reconnus comme des marques peuvent être attribués, comme toute autre adresse dotée d'un suffixe plus banal comme .com ou .net.

    "Il n'y a aucune façon de savoir qui a acheté quoi à quel prix", assure Loren Pomerantz.

    Certains noms très recherchés ont fait l'objet d'enchères. Ainsi le domaine gay.xxx a été adjugé pour plusieurs centaines de milliers de dollars, selon ICM Registry.

    L'organisme chargé de réglementer les noms de domaine de l'internet, l'Icann, avait autorisé en mars la création d'adresses avec le suffixe .xxx, pour les sites à contenu pornographique.

    AFP

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