Dans le cyber-monde on lance des cyber-attaques, pas encore de cyber-guerre

Les cyber-attaques se multiplient
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Les cyber-attaques se multiplient - © AFP PHOTO/Brendan SMIALOWSKI

Des virus de plus en plus sophistiqués sont régulièrement élaborés et lancés contre des Etats dans les zones et dans les périodes de tension. L'Ukraine n'y a pas échappé, qui vient de subir une attaque au moyen d'un virus appelé "Snake". Un virus "probablement russe"...

Stuxnet, Flame et maintenant Snake : ces bestioles particulièrement sophistiquées sont responsables de gros dégâts dans les infrastructures des organismes d'Etat qu'elles ont infestées.

Les concepteurs des ces "admirables" (le mot est d'un ingénieur) petites bombes informatiques sont eux-mêmes des Etats : USA, Israël, Russie, Chine... Le but est de prendre le contrôle de certaines installations, épier les communications de l'ennemi (voire de l'allié, on n'est jamais trop prudent...), ou encore détruire des capacités de défense en prévision d'une autre forme d'offensive. Bref, les cyber-armes sont entrées dans l'arsenal des équipements militaires de haute technologie, avec l'évident avantage de détruire sans causer de pertes humaines.

Des armes secrètes, et qui devraient le rester

Alors pourquoi restent-elles secrètes ? Pourquoi pas de "déclaration de cyber-guerre" ? Il semblerait que les Etats-Unis y aient songé, au moins à deux reprises, avant d'y renoncer. D'abord parce que la discrétion, ça paye. Un virus même téléguidé restera toujours plus discret que des milliers de non-soldats russes sur un sol étranger, pour un bénéfice identique voire supérieur. On est bien dans le champ des "guerres de l'ombre", des actions des services secrets. Pas dans celui de l'"Art de la Guerre"...

Et puis, pense Xavier De La Porte, chroniqueur à France Culture, il y a un autre avantage à ne pas franchir le pas de la "déclaration de cyber-guerre" : c'est que tant qu'elles demeurent obscures, les cyber-attaques se concentrent sur des infrastructures officielles ou militaires. Dans une cyber-guerre assumée, rien ne dit que d'autres cibles ne seraient pas visées : infrastructures électriques, réseaux de communication grand public, etc. Et, conclut Xavier De La Porte sur Rue89, à ce jeu-là, personnes ne sait vraiment s'il ne serait pas vite dépassé par les capacités de l'ennemi.

 

T.N. avec Rue89

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