DAB+ : la nouvelle façon d'écouter les chaînes de radio sur les ondes

La DAB+ signe la mort prochaine de la radio de papa.
La DAB+ signe la mort prochaine de la radio de papa. - © FERENC ISZA - BELGAIMAGE
Rédaction RTBF

Déjà les longues ondes ont été éjectées des autoradios. Avec la DAB, c’est la FM qui a toutes les raisons de craindre pour son avenir à moyen terme. Bientôt, la fréquence modulée laissera la place à la radio numérique terrestre (RNT). La transition est déjà en cours.

La DAB (Digital Audio Broadcasting) n’est pas la radio via Internet. Sa diffusion se fait par les airs, sous forme d’ondes hertzienne. Mais contrairement à la FM, le signal émis est numérique et compressé. Par analogie, on peut dire que la DAB est à la radio analogique ce que la TNT, lancée chez nous en 2010 est à la télévision hertzienne.

Cette Radio numérique reste gratuite, sans abonnement et -contrairement à la FM- ne subit aucune dégradation de la captation. Avec la DAB, ça passe en bonne qualité… ou ça ne passe pas.

Un " truc " compliqué pour l’auditeur ?

Le but de la DAB (et de son successeur DAB+) n’est pas de transformer notre radio en une sorte d’usine à gaz. Pour l’auditeur, tout doit être transparent. Si vous cherchez une chaîne, c’est à la radio de se débrouiller pour savoir si elle est émise en DAB, sur internet ou autre. Il faudra simplement "voir" la radio recherchée sur un écran et cliquer pour l’écouter.

La mauvaise nouvelle est que la réception des radios en DAB/(DAB+) exige des récepteurs compatibles avec la norme. Pour l’instant, ces radios coûtent un peu moins de 100 euros, soit un prix comparable à celui des radios internet.

Même problème du côté du parc automobile qui en est encore faiblement équipé. Mais les nouvelles voitures commencent à en disposer. Notamment les marques allemandes.

Quel avantage pour l’auditeur?

Le premier atout est la qualité sonore qui dépend du taux de compression choisi. En Grande-Bretagne, ce taux de compression est plus important pour les radios d’information (comme chez nous la Première) que pour les radios musicales. Mais plus le taux de compression est bas, plus on peut diffuser de chaines. Ce qui est un autre atout par rapport à la FM. On estime que, chez nous, le taux de compression devrait être de 96 kbps.

La numérisation du signal permet ensuite à une chaine de radio de fournir des "métadonnées", (des images, voire de la vidéo). L’écran des futurs véhicules pourrait donc fournir plus d’informations que le simple nom du chanteur comme c’est le cas aujourd’hui en FM. La DAB+ pourra aussi fournir les coordonnées GPS d'un accident lors des flashes routier).

Bientôt en Belgique

Actuellement, la DAB est utilisée par les chaînes publiques (VRT, RTBF et BRF). Seule la RTBF teste la DAB+ (depuis décembre 2010), mais les grandes chaînes -RTL, RTBF, NRJ- ont décidé de développer un consortium de la Radio numérique terrestre. Pour l’instant les Flamands ne sont pas demandeurs.

La DAB+ existe aux USA, en Asie, en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suisse. La Suisse où le choix d’une radio populaire de passer à la DAB+ a provoqué des achats en masse de radios numériques. Dans les Cantons helvétiques, la mort de la FM est déjà programmée pour 2017.

Chez nous, la DAB+ est attendue pour 2015 en principe. En tout cas, dès que les moyens de financement seront là, il faudra 14 mois pour monter le réseau. Comme toujours, c’est une question d’argent.

Jean-Claude Verset