Cannes: retour au prolétariat pour Olivier Gourmet dans "Grand Central"

L'équipe du "Grand Central" venue en nombre pour présenter le film à Cannes
2 images
L'équipe du "Grand Central" venue en nombre pour présenter le film à Cannes - © RTBF - C. Biourge

L'équipe de "Grand Central", dirigée par Rebecca Zlotowski, est venue en nombre ce samedi pour présenter le film en sélection officielle dans la catégorie Un Certain Regard. Mais il s'agissait surtout de l'équipe technique car hormis Tahar Rahim ("A perdre la raison") qui joue aussi dans "Le Passé" d'Asghar Farhadi, il n'y avait aucun autre acteur présent. Olivier Gourmet, trop occupé à tourner, n'a pas fait le déplacement jusqu'à Cannes. Il faut dire que le Belge n'y tient pas le haut de l'affiche. Un second rôle qui nous rappelle ses prestations dans les films des frères Dardenne.

Dans "Grand Central", Olivier Gourmet incarne un ouvrier du nucléaire chargé de former les nouvelles recrues dont Tahar Rahim qui est le personnage principal. Un choix qui ne s'est pas fait par hasard comme l'a reconnu sa jeune réalisatrice de 33 ans, Rebecca Zlotowski : "Olivier Gourmet portait pour moi la mémoire des grands films des frères Dardenne avec lesquels on pouvait composer à présent une autre idée de la virilité, du prolétariat, en faire bouger des lignes, comme le rôle que Pierre Schoeller lui avait confié aussi, celui d'un chef d'équipe ministérielle. Tout ça est pris en compte quand on sollicite un acteur qui a déjà joué des rôles marquants"

Ce film est inspiré du roman d'Elisabeth Filhol, "La Centrale". Claude Dubout, un ouvrier du nucléaire dont on doit le récit autobiographique "Je suis décontaminateur dans le nucléaire", a largement collaboré à toutes les étapes de la préparation et du tournage. Tournage qui a eu lieu dans une vraie centrale nucléaire en Autriche. Parfaitement construite et complète, elle n'a jamais été mise en activité. L'Etat autrichien a fait marche arrière au dernier moment et comme cela coûte trop cher de la démonter, elle est toujours là.

Mais si le film aborde les conditions de travail de ces ouvriers, c'est aussi une histoire d'amour naissant entre deux travailleurs de cette centrale. Olivier Gourmet y est parfait dans son rôle de chef d'équipe et de formateur. Tous les autres acteurs aussi d'ailleurs. Malheureusement, après une première partie très agréable à suivre, les scènes qui suivent sont soudain tirées en longueur avec au ensuite, une multiplication de problèmes dont on ne comprend pas tout et un final qui se termine en l'air. 

Notons encore qu'un autre Belge fait quelques petites apparitions dans ce film. Il s'agit de Pierre Nisse que nous avions déjà rencontré à Cannes en 2010 parmi les Jeunes Talents. Ici, il ne fait que de la figuration. La scène qu'il avait tournée avec Tahar Rahim et Olivier Gourmet a été purement et simplement retirée au montage. Une décision qu'il prend plutôt bien. Pour lui, "c'est la règle du jeu". Ecoutez-le.

C. Biourge

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir