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La revue de presse européenne de Roberto Denis

20.03.09 - 09:27

Israël, Gaza, aides européennes, énergie solaire, une lecture sélective et subjective des journaux européens (avec l'appui d'Euranet).

Deux journaux au moins titrent ce matin sur les sales secrets de l'intervention israélienne à Gaza.

 

Il s'agit de l'International Herald Tribune et de l'Independent. Des soldats israéliens avouent avoir été autorisés et parfois obligés à tirer sur des civils palestiniens désarmés. Ça va à l'encontre des communiqués officiels de l'armée de ce pays qui affirment que tout a été fait pour éviter les victimes civiles. Dans l'International Herald Tribune, le témoignage d'un soldat sur lequel il y a une enquête judiciaire pour la mort d'une vieille femme palestinienne. Je cite: ce qui est bien à Gaza c'est que, vous voyez une personne dans un chemin, elle ne doit pas être armée, vous pouvez juste lui tirer dessus pour l'abattre. Dans cette affaire, j'ai vu une vieille femme. Je n'ai vu aucune arme. L'ordre était de l'abattre dès qu'elle était en vue. Il y a toujours la possibilité que ce soit une terroriste. J'ai ressenti que l'on était assoiffé de sang. Fin de citation.

 

Johann Hari, éditorialiste du journal britannique The Independent écrit en parlant des opposants à l'intervention à Gaza qui dénonçaient la manière d'agir des soldats israéliens: dupes? non, nous étions en train de dire la vérité. C'est confirmé par des soldats qui ont combattu à Gaza. Un chef d'escadron israélien a confirmé qu'il a reçu des ordres de viser des civils. J'appelle ça un meurtre a-t-il dit. Il poursuit: les ordres étaient d'aller dans une maison, d'avertir par haut-parleurs que les occupants n'avaient que 5' pour partir autrement ils seraient tués. Comme l'écrit Johann Hari, on sait que dans une ville surpeuplée il y a des tas de gens qui ne peuvent pas s'enfuir en courant: les vieux, les handicapés, les femmes enceintes, ceux qui sont paralysés par la peur. Le soldat en question avait reçu des instructions de les tuer.

 

La crise toujours à la Une de la presse européenne.

 

Avec ce titre à la Une du Times qui fait à lui tout seul le point de la situation: l'Europe refuse des dépenses supplémentaires, entendez par là, un plan supplémentaire de sortie de crise. C'est un sérieux contre-temps pour le premier ministre britannique Gordon Brown qui voulait quelque chose de concret pour annoncer lors du prochain sommet du G20.

 

La chancelière allemande Merkel a été claire à ce sujet. Je ne suis pas d'accord avec de nouvelles mesures a-t-elle dit. Celles qui existent doivent fonctionner. On doit leur laisser le temps de produire leurs effets.

 

Angela Merkel justement. On parle d'elle dans un article du Financial Times intitulé: l'Union européenne a besoin d'un président permanent. La situation actuelle, avec une présidence tournante, est anachronique écrit Tony Barber, le correspondant à Bruxelles de ce journal. Il est temps de passer à autre chose. Avec quelqu'un qui impose le respect des gouvernants. Ce serait intéressant d'avoir à ce poste une femme, qui plus est, qui serait originaire des nouvelles démocraties de la partie est de l'Europe. Qui mieux à ce poste qu'Angela Merkel?

 

Le triomphe d'une utopie dans le journal suisse Le Temps ...

 

Il s'agit de «Desertec», un projet qui vise à relier les déserts du Sahara au continent européen, un projet qui avance à grands pas. Pour une fois, l'utopie prend forme écrit Le Temps de Genève.

 

C'est un espoir fou, une lueur magnifique dans la grisaille d'une économie qui sombre dans la crise. Un projet qui pourrait changer l'équation énergétique de la planète. Cette idée suscite l'adhésion d'un nombre toujours plus grand de pays et a trouvé de solides appuis dans l'industrie.

 

Le projet consiste à créer un réseau électrique intelligent en courant continu reliant des milliers de centrales solaires thermiques du Sahara à toutes les sources d'énergies renouvelables du continent européen (éolien, géothermie, biomasse, etc.). Une boucle qui permettrait d'alimenter l'Afrique mais également l'Europe en électricité et de mettre fin, en trente ans à peine, à l'hégémonie du pétrole, du gaz et du charbon! Les promoteurs du projet, des ingénieurs allemands du Club de Rome, mettent en avant une réalité physique qui fascine tout ingénieur: en six heures, le Soleil fournit à la Terre autant d'énergie que ce que l'humanité consomme en une année.

 

En couvrant une surface équivalente à 0,3% des déserts du Moyen-Orient/Afrique du Nord avec des centrales solaires, soit grosso modo un territoire comparable à l'Autriche, l'adieu au tout fossile (80% de l'énergie primaire) est à portée humaine, une cinquantaine d'années, selon l'étude de faisabilité.

Desertec, qui peut se résumer à un «super-réseau vert» et intelligent implique une révolution technologique. La principale consiste à construire des lignes à très haute tension en courant continu pour acheminer des grandes quantités de courant sur de très longues distances. Or, historiquement, les réseaux de transports sont en courant alternatif. Au tournant du XIXe siècle, tous les réseaux électriques ont en effet opté pour le courant alternatif (AC), plus commode à exploiter que le courant continu (DC). Au grand désespoir du génial Thomas Edison, qui perdit toute sa fortune en tentant d'imposer le courant continu face à l'autre génie de l'électricité, le Croate Nikola Tesla.

 

Thomas Edison, dont l'ampoule électrique à incandescence est condamnée pour ses mauvaises performances, obtient une belle revanche posthume. Le courant continu revient sur le devant de la scène technologique pour deux qualités essentielles: les pertes sur longues distances sont plus faibles et l'enterrement de lignes s'en trouve facilité. C'est dans Le Temps de Genève.

 

Enfin, vu dans la presse, le résultat d'un vote. Cela s'est passé à Lucerne, en Suisse. Par 51 voix contre 50, résultat très juste, les députés de ce canton ont levé l'interdiction de danser lors de certains jours. Quels jours? le vendredi saint, le dimanche de Pâques, jour de Noël, mercredi des cendres. C'est tout de même un peu étonnant qu'en Suisse l'Etat s'occupe de dire à quoi on doit passer son jour férié. Le plus étonnant c'est que l'on discute des interdictions de danser dans le Canton de Berne depuis 1428. Six siècles pour décider!

 

 

 

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