INVITE : Guy Vanhengel, Vice-Premier ministre fédéral, en charge de la tutelle sur le Budget.
CHOIX MUSICAL : "Evidemment", Kate Ryan (rep. France Gall) 3:15 (intro - 8 secondes)
JOURNALISTE : BEHE
- Bon lundi avec nous, il est 7:41 heures.
- Notre invité ce matin, c'est Guy Vanhengel, le vice Premier ministre Open VLD en charge du Budget. C'est promis, il nous rejoint dans un instant.
- Kate Ryan avec "Evidemment", le choix musical de votre invité ce matin, Bertrand Henne, un invité qui se fait attendre.
BH - Qui se fait attendre et qui visiblement, est en bas de la maison, il n'a plus qu'à monter en ascenseur, mais vous savez, les couloirs sont,
- Pourvu qu'il ne s'y perde pas !
BH - Alors, on va parler bientôt avec lui, quand il arrivera, mais du déficit de l'Etat en 2009, 20 milliards d'Euros, les chiffres sont annoncés. Demain officiellement mais enfin, on les a déjà plus ou moins 20 milliards d'Euros et 5,9% de déficit du PIB. Alors qu'est-ce qui va se passer en 2010 ? Ce sera évidemment une partie de nos discussions ; on va parler de la crise et notamment de cette sortie d'Elio Di Rupo, qui appelle à mettre fin aux exclusions du chômage. Est-ce que l'Open VLD est d'accord avec cette idée ? Et qu'est-ce que peut encore faire le Gouvernement puisque le Gouvernement a déjà fait pas mal, il y a un plan-emploi de Joëlle Milquet, il y a des mesures anticrise qui ont été prolongées de 6 mois, donc qu'est-ce que peut encore faire le Gouvernement ? Ce sera évidemment une question importante. Et puis on va parler de Bruxelles.
Bruxelles, vous vous en souvenez, Charles Picqué qui est venu, eh bien, la semaine passée, un cri d'alarme
- Un cri d'alarme.
BH - Un cri d'alarme, en disant que Bruxelles, eh bien, plus d'argent, qu'il fallait refinancer Bruxelles. Guy Vanhengel est un ancien Ministre bruxellois,
- Ministre du Budget.
BH - Il habite à Evere, d'ailleurs, ça, il n'a pas changé et donc, est-ce qu'il est d'accord de refinancer à hauteur de combien et dans quelles conditions ? Nous allons, puisqu'il n'est toujours pas là et donc on va aussi parler de choses peut-être moins importantes mais enfin,
- D'un certain Michel Daerden, je parie ?
BH - D'un certain Michel Daerden, eh bien on le sait, qui a eu une intervention assez remarquée surtout en Flandre, au Sénat, qui était peu appréciée, Monsieur Leterme a dû remettre les choses un peu sur la table, il a invectivé Michel Daerden, lui a demandé un comportement digne. Alors qu'en pense notre ami,
- Guy Vanhengel.
BH - Guy Vanhengel et puis enfin, on va parler du président du VLD qui nous a déclaré qu'il ne connaissait qu'un seul Ministre en Wallonie.
- Il arrive !
BH - Eh bien, je vais pouvoir arrêter de meubler, c'est pas mal !
- C'est la bonne nouvelle ! L'invité arrive presque dans quelques instants.
BH - Est-ce que,
- Voilà, il est là, il est là, il est là, il est là, quelques secondes encore de patience et on va accueillir Guy Vanhengel.
Guy Vanhengel, bonjour.
BH - Oui, assez-vous là,
- Vous choisissez votre siège.
BH - Le micro bleu,
- Le micro bleu, oui, voilà.
- Guy Vanhengel, bonjour. Vous êtes l'invité de Bertrand Henne, ce matin.
-*-
BH - Bonjour Guy Vanhengel.
GV - Bonjour.
BH - Bonjour, Guy Vanhengel, donc je le disais, on va parler évidemment des finances de l'Etat, vous aviez choisi Kate Ryan, Kate Ryan qui avait repris une chanson française des années 80 et j'allais vous demander, vous avez une nostalgie des années 80, des Gouvernements Martens-Gol, où à l'époque, on se souvient, les déficits étaient très importants et on a pris des mesures drastiques. Est-ce que vous pensez qu'il faudrait retrouver cet esprit Martens-Gol et prendre des mesures drastiques pour lutter contre le déficit budgétaire ?
GV - A 50 ans naturellement, la première nostalgie arrive, je crois que c'est normal à mon âge, mais non, je crois que nous avons connu sous la période de Martens-Gol, des périodes d'assainissement assez importantes et donc nous en sommes à nouveau là. Nous avons été projets dix ans en arrière, dans la gestion des finances publiques, suite à la crise financière bancaire que nous avons connue fin 2008, début 2009. Et ce qui devrait se passer maintenant, c'est que il y ait une politique de rigueur au niveau des finances publiques pour que les générations futures soient préservées d'une trop grande dette belge et donc ça, je dis souvent, les dettes actuelles sont les impôts du futur. Et donc pour éviter qu'un pays comme le nôtre qui connaît déjà un taux d'imposition énorme, soit encore plus amené à demander des efforts des citoyens. Il faut absolument qu'on maintienne les finances publiques sous contrôle et que nous arrivions le plus vite que possible à un équilibre budgétaire. Nous l'avons prévu pour 2015 et je crois que les premiers résultats que nous avons obtenus maintenant pour l'année budgétaire 2009, ne sont pas, ne vont pas dans le sens qui nous permettrait de l'euphorie mais qui sont quand même réconfortants.
BH - 2009, 20 milliards d'Euros de déficit et 5,9% du PIB, ça, ce sont les chiffres.
GV - C'est tout à fait ça et donc quand je suis arrivé,
BH - Quand vous dites, ça ne permet pas de l'euphorie, je continue ma question, ça veut dire qu'on ne pas pouvoir aller plus vite que 2015, pour le retour à l'équilibre. Est-ce que vous pensez aujourd'hui en regardant ces chiffres, qu'il y a moyen d'aller plus vite, parce que je vais rappeler que l'Europe, elle demande à la Belgique d'aller plus vite ?
GV - L'Europe est d'accord que nous assénions l'équilibre budgétaire en 2015 mais voudrait que l'objectif intermédiaire de 3%, soit obtenu plus tôt. Nous l'avons prévu pour 2013 et l'Europe nous demande d'arriver à 3%,
BH - En 2012.
GV - En 2012.
BH - C'est possible ?
GV - Et je crois que nous devons faire un effort dans ce sens-là. Ce que l'Europe nous demande, doit être pris sérieusement, nous devons considérer ça d'une façon sérieuse. Et vu le fait que nos projections budgétaires qui, pour la première fois, ont été faites pour 2 ans d'affilée, pour 2010 et pour 2011, ont été faites prudemment avec des taux de croissance peu élevés, qui seront probablement meilleurs dans les années à venir, je crois que ce qui sera le surplus des recettes pour l'Etat belge en 2010-2011, devra être utilisé pour atteindre plus vite l'objectif tel que demandé par la Commission européenne.
BH - Autre gros dossier de la rentrée, c'est BHV. Le Premier ministre qui a fait sa rentrée la semaine passée, qui nous a dit cette phrase : "il faut une solution à BHV et ce n'est pas par définition, une scission", vous êtes d'accord avec ça, il ne faut pas nécessairement une scission ?
GV - Non, la Cour constitutionnelle nous indique qu'il faut une solution sans indiquer laquelle serait la plus appropriée et donc il faut absolument une solution et c'est un dossier qui traîne maintenant depuis quelques décennies et qui envenime la politique belge. Je crois que le moment est venu avec un homme très compétent en la matière, Jean-Luc Dehaene, d'essayer de résoudre pour une bonne fois, ce problème, pour éviter de devoir en parler encore par après. Et toute solution me semble envisageable quoique, une solution
à l'envers de la scission, serait quand même la plus appropriée à mon avis.
BH - Mais est-ce qu'il faut trouver une solution tout de suite ? Si jamais on n'arrive pas à en trouver une, est-ce qu'on peut avoir une solution et ce sont des grands politiques du CD&V qui nous l'ont dit, notamment Wilfried Martens qui était à ce micro, il y a quelques mois et qui nous disait, s'il n'y a pas de solution, à ce moment-là, on prend une solution pour un an et puis, eh bien, on trouvera une solution après. Vous êtes d'accord avec cette idée, si jamais, il n'y avait pas de solution, il faut mettre le dossier au frigo, finalement ?
GV - Je suis plutôt de l'idée du président du PS, Elio Di Rupo, qui a bien, je crois, exprimé ce qui est la crainte qui anime le Gouvernement fédéral, c'est que si nous ne trouvons pas de solution définitive et correcte, nous allons vers un chaos électoral. Nous ne savons pas ce qui va se passer si une solution n'intervient pas lors de l'organisation des prochaines élections fédérales. Et pour éviter ce chaos, il faut que la raison intervienne au sein de toutes, de tous les partis, de tous les politiques de ce pays pour qu'on trouve une solution pour une fois et pour une bonne fois.
BH - Est-ce que vous êtes d'accord avec Elio Di Rupo, quand il dit qu'il faut mettre fin aux exclusions du chômage, une sorte de moratoire sur le plan de l'accompagnement des chômeurs parce que c'est la crise et qu'il y a de moins en moins d'emplois ?
GV - Il y a de moins en moins d'emplois et donc la première des priorités, elle doit être de préserver le plus d'emplois que possible et pour cela, il faut que la machine économique puisse tourner convenablement. Ca veut dire que ce petit, cette petite relance que nous connaissons maintenant et qui est toute faible, doit être soutenue par le Gouvernement fédéral et le but ne doit pas en premier lieu, être d'accompagner de plus en plus de chômeurs mais d'éviter qu'il y ait de plus en plus de chômeurs.
BH - Vous êtes d'accord avec lui, il faut suspendre le plan d'accompagnement des chômeurs ?
GV - Non, je crois que nous devons faire l'impossible pour préserver le plus d'emplois que possible. Et cela demande un effort particulier du Gouvernement fédéral, mais aussi de toutes les entités fédérées de ce pays parce qu'en matière d'emploi, de formation, il n'y a pas que le Fédéral qui est compétent, aussi les Régions et les Communautés, on est compétent sur la matière. Et là je crois que ce qui est très approprié en ce moment-ci, c'est l'appel que fait le Premier ministre qui lancera d'ailleurs un appel de ce type-là, par lettre, aux autres entités fédérées, de se mettre autour de la table et de voir avec les compétences diverses, des Régions, des Communautés et du Fédéral, de quelle façon, nous pouvons préserver le plus d'emplois que possible dans les mois à venir. C'est aussi l'idée qui a animé le Gouvernement fédéral en fin d'année 2009, quand nous avons pris nos responsabilités et mis sur pied une prolongation de certaines mesures de crise. C'est ce qui nous a animés quand nous avons diminué les taux TVA dans le secteur Horeca, prolongé l'émission du taux de TVA dans le secteur du bâtiment, celle-ci qui doit nous animer dans les 6 mois à venir.
BH - Qu'est-ce qu'on peut faire de plus que ces mesures de relance ; qu'est-ce qu'on peut faire de plus que le plan-emploi pour éviter la montée du chômage que tout le monde attend en 2010 ? Est-ce que le Gouvernement doit rester les bras croisés, est-ce qu'il peut encore faire plus, est-ce qu'il y a des moyens ?
GV - Une première chose qui est très importante, c'est que le Gouvernement en tant que tel, doit essayer de maintenir son propre budget et ses propres finances dans l'ordre. Et si cela est possible, il doit y avoir moyen de rétablir une stabilité au sein du pays qui permette aux entreprises de se relancer et de créer des nouveaux emplois.
BH - Donc Michel Daerden, on va passer à autre chose et on en a beaucoup parlé la semaine passée, en Flandre surtout, un peu moins en Wallonie, mais enfin quand même, ça, on en a beaucoup parlé, vous trouvez qu'il a toute sa place au sein du Gouvernement fédéral, Michel Daerden ?
GV - Mais Michel Daerden est un homme un peu atypique dans la politique belge, je l'ai déjà souvent dit, c'est un homme qui à l'encontre de ce que font tous les autres, cultive un peu ses défauts et cache ses talents. Nous en tant que politiques, nous essayons toujours de faire l'inverse. Nous essayons de cultiver nos talents et de les montrer au grand public et de cacher et de cacher nos défauts.
BH - Est-ce qu'il a sa place au Gouvernement fédéral ?
GV - Mais oui, tout à fait. Monsieur Daerden, je le connais très bien, je le côtoie depuis maintenant dix ans, c'est un homme compétent et qui connaît ses chiffres et ses dossiers. La seule chose qui est un peu atypique à la personne de Monsieur Daerden, c'est qu'il a un langage, une façon de parler, de se comporter, qui est un peu différente et qui choque parfois et qui, quand on le voit à la télévision, peut donner de très drôles d'effets, ce que nous avons remarqué suite à son intervention au Sénat où il était au fond, tout fier de pouvoir lire pour la première fois, un texte en néerlandais, sur lequel, il avait fortement travaillé et ça a donné des images,
BH - Pas de polémiques pour vous, finalement ?
GV - Mais pas de polémiques,
BH - Par contre, il y a une polémique sur Alexander De Croo, qui a déclaré ne connaître, comme Ministre wallon, que Rudy Demotte, aucun autre ; c'est normal, ça, pour un président du VLD ?
GV - Mais non, mais il en connaît beaucoup plus que Rudy Demotte, je le sais,
BH - Ce n'est pas ce qu'il a déclaré en tout cas ?
GV - Non, mais dans une interview qui devient plutôt un quizz, c'est peut-être difficile de répondre du tact au tact, comme ça, mais je sais très bien qu'Alexander De Croo est quelqu'un qui connaît bien la politique belge et qui connaît plus d'hommes politiques qu'uniquement Rudy Demotte.
BH - Vous avez entièrement confiance en lui ?
GV - Oui, tout à fait.
BH - Merci Guy Vanhengel, on vous retrouve tout à l'heure à 8:40 heures pour continuer cette interview.
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Questions Publiques, 8:40 heures.
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Commentaires
Bonjour Monsieur le Ministre,
Trou de 20 milliards d'euros. Restrictions budgétaires.
Quid des réductions d'impôts échelonnées sur un maximum de 4 années, suite à l'installation de panneaux photovoltaïques en 2009?
Cet échelonnement avait été fait pour inciter les citoyens à investir dans ces panneaux et permettait d'arriver à la réduction d'impôts de 40% du montant investit.
Merci de votre réponse.
La crise passera ... mais le conflit flamand-belge reviendra ...
Nos jeunes, n'ont plus grand chose en commun, la musique peut-être ?
Serait temps alors de se mettre au concert !
Monsieur Vanhengel,
Concernant monsieur Daerden, peu de gens ont commenté le contenu de son discours. C'est un clown et il joue de son image, certes. Cela peut sembler irrespectueux. Mais je préférerai toujours les propos imbibés d'un Daerden aux élucubrations sinistres mais sobres d'un Bart De Wever.
bonjour,
Pour crée de l'emploi pourquoi ne diminue t'on pas les lois sociales?
Prenons des mesures pour les travailleurs au noir!
Pour l'équilibre du budget unifion le pays par un seul gouvernement, les ministres seraient diviser par trois ainsi que tout leurs collaborateurs ne gardons les 3 communautées que pour le culturel!
Monsieur Dardene a exagéré sa diction son maintient est celui que l'on lui connaît , mais les politiciens qui aussi bien àa la chambre et au sénat se dispute démolissent systématiquement les idées des autres sans rien proposer en retour ne sont pas moins irespectueux!
que pensez vous de la non nomination des bourgmestres de BXL et de la non apllication par la Belgique du traité sur mles minorités alors que la Belgique préside l'europe? Entre les paroles et les faits, n'y t'il pas un agenda caché par les flamands?
Bonjour,
On a constaté l'accroissement du déficit. Personne a expliqué d'où vient ce trou budgétaire subite. Monsieur le Ministre pourrait-il dire clairement quelle est ou quelles en sont les causes?
Et par ailleurs, pourrait-il conduire une analyse des politiques budgétaires des années précédentes? A'-t-on été imprévoyants dans l'optimisme des conjonctures précédentes?
Merci
Monsieur Vanhengel,
Pourquoi BHV est-il si important aux yeux des flamands ? N'est-ce qu'une étape, comme d'autres déjà franchies, préparant la scission du pays ? Quels arguments allez-vous avancer pour noyer le poisson ou du moins pour vous en défendre ? A l'exception du chapitre économique, quels liens trouvez-vous encore au sein de notre pays entre ses deux plus grandes communautés pour encore revendiquer le titre de nation ?
la Flandre semble beaucoup moins arrogante depuis la crise et les pertes d'emplois. Mais ce n'est que partie remise. Comme vous faites partie des dséparatistes Belges comme la majorité des flamands, qu'attendez vous pour quitter la Belgique et nous laisser en paix. Nous passons notre temps à régler des problèmes communautaires au lieu de parler d'avenir et de projets pour les jeunes...
la Belgique, ses régions et communautés vivent au dessus de leurs moyens. Seriez vous d'accord de revoir l'architecture de cette Belgique et revenir à une unité du pays plutot que de tout faire pour nous rendre différents? si non, seriez vous alors d'accord de diminuer dragstiquement les moyens des cabinets et administrations régionaux afin de rentrer dans une épure budgétaire équilibré tellement prisé par les libéraux?
Monsieur le Ministre,
Bonjour
Un trou dans la caisse de 20 milliards d'euros?
Pourquoi ne pas s'adresser aux tribunaux de commerce
(de Tandt pour Bruxelles) et déclarer la faillite belgique.
Si on ne la déclare pas cela pourrait devenir frauduleux.
Nouvel endettement citoyen?
On commence a en avoir l'habitude.
"Dépression comme en 1929" a perpète?
Tickets (services) de rationnement? Et ....chaos politique?
Bonne année 2010 quand même,
en sachant qu'elle ne le sera pas vraiment.
Un prépensionné Onkelinx schaerbeekois qui passe
au statut de pensionné Daerden en 2010.
Merci pour la suite du feuilleton.
Salut en de kost
Salutations
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