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G.Lauwerijs : - Et notre invité ce matin, c'est Willy Borsus que l'on retrouve en direct à Namur, Bertrand Henne, nous parlons aujourd'hui d'un vieux débat en fait, la politisation au sein des administrations, toute la presse y revient ce matin, Bertrand.
BH : - Oui, bonjour, Willy Borsus.
WB : - Bonjour.
BH : - Le PS qui truste 37 postes sur 65 de directeurs aux Services publics de Wallonie, c'est trop pour vous ?
WB : - C'est effectivement incorrect que dès l'instant où l'on sait qu'il y a de nombreuses personnes qui souhaiteraient exercer ce type de fonction et que dès le moment où on sait que ce qui compte pour les gens, c'est effectivement que les meilleurs soient désignés aux fonctions de direction, que ce soit par promotion ou que ce soit pour les fonctions dirigeantes,
BH : - C'est pas le cas dans les 37 qui ont été désignés, les Socialistes, ce n'est pas le cas ?
WB : - Soyons clair, il y a des gens de qualité parmi ces personnes comme il y a des gens qui doivent exclusivement leur désignation à leur appartenance politique, à leur passage dans tel cabinet ministériel, du PS, comme du CDH, vous avez rappelé des chiffres. On sait qu'il y a 57% de mandataires parmi ces directeurs, qui sont PS, 29% CDH, c'est vraiment les vieux démons qui sont de retour, le traditionnel partage, tel qu'on l'a connu depuis tant d'années, entre l'ex PSC et le PS.
BH : - Il y a aussi des Libéraux dans le train ?
WB : - Il y a très peu, que ce soit d'Ecolos ou de Libéraux, il y a manifestement une volonté de deux formations politiques, de capter à leur profit, l'Administration wallonne et c'est tout à fait inacceptable. Notons aussi que ça se fait avec la complicité du Ministre de la Fonction publique, Jean-Marc Nollet, Ecolo.
BH : - Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
WB : - Les gens pourraient effectivement s'interroger, en disant, comment est-ce que Ecolo, renonçant à toutes ces promesses, acceptent de jouer dans une telle pièce et même d'en être le moteur puisque le Ministre de la Fonction publique qui présente le dossier, est Monsieur Nollet. En fait, il y a des compensations pour Ecolo, dans une série d'organismes parapublics, par exemple, à la présidence de la SPGE, à la présidence de la Sogepa, un autre organisme parapublic pour Monsieur Hoyos par exemple.
Et tout le système est aujourd'hui gangrené, j'utilise le mot, par vraiment une approche politique.
BH : - Vous voulez dire qu'Ecolo n'obtient pas, par exemple aux Services publics de Wallonie, puisqu'on voit que c'est le CDH et le PS qui trustent la majorité des postes, ils l'obtiennent ailleurs dans le parapublic ?
WB : - Exactement, tout ceci est négocié politiquement et donc Ecolo y trouve sa part, raison pour laquelle, il accepte de prêter son concours actif à ce genre de situation. Vraiment aujourd'hui, on doit avoir une rupture, raison pour laquelle, nous avons lancé l'idée d'avoir un véritable pacte pour l'Administration publique qui concerne aussi bien la dépolitisation que la gestion rapide des dossiers, la transparence vis-à-vis des citoyens, les délais de rigueur introduits dans toutes les procédures, je le dis aujourd'hui très franchement, tout fonctionnaire être au service de son pays et pas de son parti, on doit être désigné en fonction de ses qualités et non pas en fonction de ses affinités.
BH : - Vous dites ce matin que Jean-Marc Nollet et qu'Ecolo a abandonné ses promesses de bonne gouvernance ?
WB : - Je l'affirme très clairement, pièce à l'appui et preuve à l'appui puisque j'indique les sociétés où les Ecolos ont obtenu de doubler les présidences des structures à la SPGE, Société Publique de Gestion de l'Eau, par exemple, à la SOGEPA et tout ça est réalisé aujourd'hui.
BH : - Mais vous ne pouvez pas prouver que c'est une compensation pour autre chose ?
WB : - Tout ça fait l'objet de négociations, vous le voyez vous-même, en contact direct avec l'entourage du Gouvernement, tout ceci fait l'objet de négociations entre délégués des Ministres et la désignation de ces Directeurs, ici, par exemple, fait l'objet d'une délibération officielle du Gouvernement wallon sur présentation du Ministre Nollet.
BH : - Alors justement Jean-Marc Nollet s'est défendu très vite et ne dit pas évidemment ça, lui, il dit que ce ne sont pas des parachutages mais des promotions de fonctionnaires qui ont réussi à l'origine un examen du SELOR, qui ont été examinés par un comité de direction et que c'est une procédure qui a été mise en place par Charles Michel, quand il était Ministre de l'Intérieur ?
WB : - Effectivement, le Ministre Nollet mélange tout en essayant ainsi de jeter du brouillard sur la situation.
BH : - C'est pas vrai, ce qu'il dit ?
WB : - Ce qui est très clair, il n'y a, tenez-vous bien, pas d'examen pour devenir Directeur à la Région wallonne. Je parle bien de ces 65 fonctions de Directeurs. On rentre une note de projet. Monsieur Legrand l'explique très bien dans la publication du GERFA.
BH : - C'est le Président du GERFA, le Groupe d'Etudes de la Fonction Administrative, qui a donné des chiffres,
WB : - La publication vient de cibler l'ensemble de ces chiffres, on est ensuite désigné par le conseil de direction et puis, il y a une délibération du Gouvernement. Il n'y a donc pas d'intervention du SELOR dans cette procédure, il n'y a donc pas d'objectivation.
BH : - Dernière procédure lancée par Charles Michel quand il était Ministre de l'Intérieur, souligne Jean-Marc Nollet.
WB : - Non, il y a une différence fondamentale, c'est que le Ministre Michel, il y a 8 ans, lorsqu'il exerçait la fonction de Ministre de la Fonction publique régionale, avait créé le brevet de Directeur. Le brevet de Directeur, c'est simplement un " assesment ", un texte externe pour pouvoir briguer alors les fonctions de direction. Ce qu'on a observé, c'est que les Gouvernements successifs ont ensuite reporté ce brevet de Directeur qui n'est aujourd'hui toujours pas en fonction. Ce serait tellement simple ; vous avez obtenu votre brevet devant un jury composé d'externes, de profs d'unif, vous pouvez alors postuler la fonction de directeur. Vous ne l'obtenez pas, eh bien alors, vous ne pouvez pas postuler ou vous tentez votre chance ultérieurement. Mais ce brevet a été reporté, c'est le prisme que le Ministre Nollet a lui-même reporté et qui changerait tout aujourd'hui.
BH : - Donc je disais, Jean-Marc Nollet dit, il n'y a pas eu de parachutage, ce sont des comités de direction qui ont décidé, vous dites, il y a eu intervention politique du Gouvernement pour établir des équilibres, on s'est partagé les postes comme on se partage du pain autour d'une table ou est-ce que c'est plus compliqué que ça, quand même ?
WB : - Je le dis très clairement, il y a une procédure à l'intérieur de l'Administration et il y a intervention politique du Gouvernement dans les négociations. Il y a, vous l'avez observé, des administrations où l'ensemble des structures de la direction, est aujourd'hui dominé par le PS, pas pour le plaisir de servir la Fonction publique, dans le but d'utiliser à un moment ou l'autre, ses relais, c'est totalement inacceptable. Les gens en ont assez de ce type d'approche, c'est vraiment du Moyen Age politique et vraiment, nous souhaitons absolument changer les choses et combattre cette situation.
BH : - En même temps reconnaissons qu'au Fédéral, les procédures sont plus ou moins similaires, Fédéral où le MR est au pouvoir et il y a notamment Vincent Van Quickenborne qui s'oppose à la nomination de Jean-Marc Delporte à la tête du SPF Pension, parce qu'il est Socialiste, alors qu'il est pourtant arrivé à la tête de l'épreuve de sélection, donc là aussi au Fédéral, on voit qu'il y a des marchandages politiques, c'est pas nécessairement mauvais que les fonctionnaires notamment les tout haut fonctionnaires aient une couleur politique et qu'elle soit assumée ?
WB : - Il y a une immense différence au Fédéral, c'est qu'effectivement dans le cas que vous avez cité, le lauréat est effectivement un lauréat d'un concours, sort premier d'un concours et est présenté au Gouvernement et je,
BH : - Et le Ministre n'en veut pas ?
WB : - Et je peux vous le révéler, je pense que cette personne va être désignée et s'il ne l'était pas, ce n'était pas en fonction de sa qualité ou non, politique, ou cette affinité politique, c'était en fonction manifestement d'un relationnel à établir avec le Ministre, si j'ai bien lu l'ensemble des éléments de ce dossier-là, il y a des procédures qui sont totalement différentes. Nous plaidons en ce qui nous concerne, les concours, les jurys extérieurs, l'objectivation, la transparence et chacun aura sa chance, Ecolo, non affiliés ou sympathisants d'une autre formation politique. Savez-vous que dans ces 65 Directeurs, il y a une seule personne qui est cataloguée indépendante, 1 sur 65, est-ce que c'est aujourd'hui l'image que nous voulons projeter de la Wallonie ?
BH : - Le Ministre Nollet qui a quand même fait d'autres réformes, notamment l'Ecole d'administration wallonne et les postes à mandat, qui vont arriver en fin de législature, ça va quand même dans le bons sens, ça, Willy Borsus ?
WB : - C'es vraiment la particularité de ce qui est proposé par le Ministre Nollet, en fait, rien n'entre en vigueur directement.
BH : - Il faut du temps pour implémenter les réformes, il se défend ?
WB : - Oui, mais je veux dire, nous sommes après 3 ans de législature, qu'est-ce qui empêche cette Ecole d'administration de fonctionner dès aujourd'hui, pourquoi ne pas réclamer les brevets de direction, immédiatement ? Il n'est pas paradoxal, ne pensez-vous pas, de constater que finalement, on nomme les directeurs et puis des brevets de direction vont être délivrés après. C'est évidemment l'inverse qu'il fallait faire si on a le souci d'une gouvernance moderne, rapide et efficace.
BH : - Didier Donfus présente sa candidature comme Directeur-gérant d'une société de logement dans le Hainaut, ça vous dérange ?
WB :- Je pense que chacun a droit à une seconde chance.
BH : - Lui aussi ?
WB : - Ce fut le cas du Ministre Donfus mais ce qui me dérange fortement dans ce dossier, c'est que manifestement, ici aussi, il semble qu'il y ait des lauréats, en tout cas un, qui soit classé premier, avant Monsieur Donfus et qu'on essaie d'organiser les choses de sorte que ce soit tout de même Monsieur Donfus qui soit désigné.
BH : - Ce n'est pas encore fait ?
WB : - Et d'autre part, il faut éviter de créer ou de structurer les choses en fonction du candidat, c'est un autre pan de ce vieux système PS qu'on voit ressurgir, qui n'est pas mort aujourd'hui, s'il vous plaît, des règles objectives, elles s'appliquent à tous de la même façon et je pense que les choses se passeront nettement mieux en terme de gouvernance publique.
BH : - Olivier Maingain accuse Charles Michel, Olivier Maingain, Président du FDF, faut-il le rappeler, accuse Charles Michel, Président du MR, d'avoir un comportement national populiste ?
WB : - Oui, j'ai vraiment été blessé par ce message de Monsieur Maingain. Je n'ai pas souhaité réagir immédiatement parce que manifestement Monsieur Maingain s'inscrit depuis un certain temps dans, à la fois, une attitude d'attaque systématique mais aussi de surenchère. Ici, on est dans le registre de l'injure, soyons clair, utiliser des termes, des comparaisons, comme celles qu'il a utilisées, on est vraiment au-delà du débat politique. Il s'agit manifestement d'une volonté de Monsieur Maingain de se médiatiser à tout prix, d'exister à tout prix et de créer des polémiques. Nous ne souhaitons pas nous inscrire dans cette démarche, je sais que,
BH : - La stratégie, c'est de ne pas répondre à Olivier Maingain, au MR ?
WB : - Certainement pas de s'inscrire dans un registre de cette nature-là, les gens n'attendent pas en politique, des injures, des comparaisons aussi outrancières, elles sont vraiment indélicates. Je pense qu'il y a là une espèce de fuite en avant du Président du FDF. Je pense que c'est partiellement lié aux difficultés notamment de l'établissement du FDF en Wallonie. On sait aujourd'hui que la greffe FDF en Wallonie, ne prend pas dans l'essentiel du territoire wallon. Est-ce que c'est cet échec qui rend aujourd'hui le Président Maingain nerveux et excessif à ce point ? Vraiment, si je me permets un conseil à notre ancien compagnon de route, le débat politique mérite beaucoup mieux que cela.
BH : - Oui, à Bruxelles, par contre dans les sondages, il est pointé autour de 10%, vous pensez vous aussi que le FDF est destiné à disparaître ?
WB : - Il y a un élément en tout cas d'analyse que l'on doit retenir, c'est que le FDF est principalement centré sur le débat communautaire. On le voit avec la réforme de l'Etat, avec l'avis d'ailleurs très positif du Conseil d'Etat sur les réformes aujourd'hui sur la table du Parlement. On observe qu'on va pouvoir par rapport à un grand nombre de dossiers communautaires, trouver une solution, elle est responsabilisante, elle est raisonnable. Donc une partie du champ politique du FDF disparaît. Pour le reste, ces positions sont plutôt des positions de centre ou de centre gauche de plus en plus que l'on rencontre déjà largement sur l'échiquier politique. Est-ce qu'effectivement cette situation va entraîner un nouveau positionnement politique à Bruxelles notamment, je le pense, d'autant plus qu'effectivement le FDF en Wallonie, est en train petit à petit, d'éteindre, je vais dire, les différentes greffes qu'il avait créées à différents endroits du territoire wallon.
BH : - Alors une dernière question, vous évoquiez à nouveau ce matin, les dépenses de communication du Gouvernement wallon, 10 millions d'Euros notamment, c'est beaucoup trop, Willy Borsus ?
WB : - Ecoutez, c'est incroyable, d'autant que le Gouvernement avait promis, vous vous en souvenez, un ajustement budgétaire au début du printemps de ne plus,
BH : - Une diminution ?
WB : - Dépenser en communication que les moyens strictement nécessaires, c'est l'inverse qui se passe aujourd'hui, avec des sommes colossales, 10 millions d'Euros depuis le début de la législature consacrés à des dépenses de communication au moment où on augmente le ticket de bus, un certain nombre de coûts pour nos concitoyens. Est-ce qu'il ne faut pas supprimer tous ces gaspillages, ces dépenses inutiles. Vous savez, il n'est pas besoin, pas besoin de faire une communication gouvernementale pour annoncer le printemps, si le printemps est là, les gens s'en rendent compte.
BH : - Rudy Demotte dit que ces dépenses avaient déjà été rabotées mais on continue à parler de ce sujet à 8:35 heures dans Questions Publiques.




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de Degreef D Mr Borsus semble avoir oublié son passage à la Province de Namur où, comme le signale Mr Allard plus haut, il a très activement participé à une politisation acharnée des promotions et recrutements. Depuis 2000, j'ai envoyé systématiquement à un avocat les noms des futurs lauréats pour tous les recrutements et promotions sans la moindre erreur. Ayant porté l'un des dossiers devant le Conseil d'Etat en 2000, j'ai été mise au placard, sans fonction, sans travail et j'y suis toujours... Le "Politique" ne supporte pas que l'on se défende face à l'exercice de toute-puissance qui l'anime ! Ce caprice des dieux aura coûté environ un million deux cent cinquante mille euros au contribuable et donc à l'électeur à la fin du processus... Je suis loin d'être la seule occupante des placards de la fonction publique ! Faites le compte du coût de ces pratiques !
22-05-2012 09:16 |
de mistral Vous dites qu'un seul directeur est apolitique, mais où est-il précisé qu'il est interdit aux fonctionnaires d'avoir des opinions politiques? Qui peut interdire à un fonctionnaire de faire partie d'un parti politique? Peut-on leur interdire de penser, d'aimer le cinéma ou le sport? La vie privée, vous connaissez? Qui peut avoir des opinions politiques? Les chomeurs, les travailleurs du privé?? Ces personnes ont réussit des examens. Rappelez moi à quel âge Charles Michel a été bombardé ministre. Avait-il passé des examens, été jugé par des experts indépendants? Non, il est le fils de Louis Michel!! Et vous osez parler de dépolitisation! Ne serait-ce pas plutôt la campagne électorale qui débute? N'oubliez pas que ces nominations sont passées au gouvernement wallon, n'y avait-il pas ce jour là d'élus MR pour s'y opposer ou avaient-ils d'autres choses à faire??
22-05-2012 09:13 |
de Argene Le clientélisme est la grande maladie wallonne. Mon expérience personnelle est révélatrice. Trois emplois dans ma carrière. Trois dans des communes aux couleurs différentes : rouge, bleue et orange. Trois fois, on m'a demandé de prendre la carte du parti majoritaire (parfois de manière absolue) de la commune dans laquelle je voulais travailler. Qu'en pensez-vous ?
22-05-2012 08:44 |
de Alain Incroyable, Quelle éducation du peuple formidable ! L'intervenant de référence au téléphone invective Mr Borsu non pas sur le fait qu'il dénonce l'intolérable mais bien que son parti lui aussi joue à ce jeu ... Est-on réellement devenu fou dans ce pays ? Qui alors devra dénoncer l'intolérable ? Le balayeur de rue ? Un politique qui dénonce le système mafieux qui se généralise dans TOUTES nos démocraties est donc condamnable ? Regardez la France et vous allez constater ce que sont des nominations politiques en masse. Et les femmes ne seront pas gâtées, car les copains sont assez machos. Allez nous ne sommes pas dans la m...
22-05-2012 08:43 |
de Martine Lory Bonjour MonsieurMonsieur, Vous êtes médisant, ce qui vous dérange en fait, c'est que ces personnes ont réussi haut la main les examens, et qu'en plus ils sont PS!! Dans le passé en fait il y a eu beaucoup de nominations tous partis confondus,....vous oubliez aussi que le PS n'a JAMAIS GOUVERNE SEUL Belle journée quand même
22-05-2012 08:38 |