A la Une, ce matin, une proposition de la ministre de la Santé publique. Il faut rendre les visites chez un psychologue moins chère.
Moins chère ou mieux remboursée, c'est ce qu'explique ce matin le Morgen, qui en fait donc son ouverture. Pour la ministre Laurette Onkelinx, rendre la thérapie moins coûteuse permettrait d'amener plus de personnes à s'allonger sur un divan plutôt qu'à avaler des pilules. Ce n'est pas anodin puisque le quotidien rapporte qu'un Belge sur dix prend des antidépresseurs. Ce qui fait de notre pays l'un des plus médiqués d'Europe. Paralèllement, explique encore le Morgen, la psychothérapie serait reconnue comme une profession officielle. Pour que le psychologue devienne plus accessible, et aussi pour que le patient soit protégé des charlatans.
On constatera, nous, que cette annonce tombe fort à propos, alors que toute cette semaine, la RTBF et le quotidien Le Soir publie leur "thermomètre des Belges". Une enquête sur la santé mentale de nos concitoyens. Ce matin, justement, le Soir souligne que 4 Francophones sur dix disent avoir besoin d'un accompagnement psychologique mais que les soins sont jugés trop chers, peu accessibles et que les psys ne sont pas fiables.
Un autre dossier à la Une, c'est l'Affaire Belkacem qui ne cesse de rebondir à la Une de la presse. Avec ce matin, la "riposte" de la ministre de la Justice.
Hier, Annemie Turtelboom était mise en cause par Yves Desmet, l'éditorialiste du Morgen, qui regrettait que les règles de l'Etat de Droit soient tordues (dirons-nous) pour maintenir Belkacem derrière les verrous. Eh bien voilà que ce matin, c'est la ministre qui répond à l'éditorialiste : "Cher Yves Desmet, ne seriez-vous plus capable de reconnaître le visage du fascime... Vous me remercierez peut-être dans quelques années." Plusieurs lecteurs du Morgen réagissent d'ailleurs dans ce sens... devenez ministre monsieur l'éditorialiste. C'est que vous écrivez qui me fait peur, pas le comportement de la ministre. Ce matin, le Standaard consacre aussi sa Une à ce dossier. Pour constater, la ministre saisit la balle au bond. Puisqu'on lui reprochait d'imposer que Fouad Belkacem purge ces 6 mois de prison, la ministre rétorque : Toutes les peines - même celles de moins de 3 ans - doivent être purgées. Pour le Standaard, la ministre se saisit de l'Affaire Belkacem pour réclamer plus d'argent.
L'affaire fait donc du bruit. Et la Libre se pose très justement la question ce matin : Mais comment la démocratie peut-elle se défendre?
Il y a plusieurs réponses. L'une d'entre-elles est à la Une de la Dernière Heure, avec cette idée du bourgmestre MR d'Etterbeek qui réclame un Plan Vigi-Pirate pour la Belgique.
Autre idée, et on revient à la Libre Belgique. Avec le MR, encore, Daniel Bacquelaine pour qui le Droit à la différence ne peut jamais devenir la différence des droits. Jolie formule pour expliquer qu'on ne peut jamais accepter un "accomodement raisonnable" ou un relativisme culturel par rapport aux Droits de l'Homme.
Même question posée cette fois au président de la Ligue des Droits de l'Homme. Alexis Deswaef pour la branche francophone. La démocratie a des règles. Et c'est en les faisant respecter qu'elle se défend. Il y a la liberté d'expression. Et dans ce cadre, il y a des lois aussi qui interdisent d'inciter à la haine ou à la violence... En ne respectant pas les règles de base de la séparation des pouvoirs, il faut faire attention aux phénomènes de victimisation. Une question alors se pose : Est-il si urgent de museler le messager. Car même si on le fait, le message lui risque de passer.
Vous pointez encore ce matin; un dossier, encarté dans le Soir; L'Euro est en crise, mais - se demande le quotidien, mais où est la sortie?
Sortie de crise ou sortie de l'Euro. Voilà la question qu'on peut se poser. Le Soir tente ce matin d'y voir plus clair. En partant de quelques constats. La Grèce ne répond plus. L'Espagne est devenu championne du pessimisme. On peut y ajouter l'Italie désormais obligée de payer plus cher pour lever des fonds. Et même déjà Chypre dont les agences de notations ont soudain pris conscience du lien avec la Grèce.
Le caillou est grec, écrit Béatrice Delvaux, mais le fossé lui est européen. Et dans cette abyme européenne, il y a quelque chose du destin belge. Il nous faut donc trouver le courage politique. Les idées fortes pour retracer une voie commune et prometteuse. Sinon, c'est la démocratie qui sombrera avec l'effondrement de l'Euro. Le problème de l'Europe, répétons-le, ce n'est pas la Grèce. C'est l'Europe.




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