L'arrestation de Fouad Belkacem est très abondemment commentée dans la presse flamande.
Fouad Belkacem, le très médiatique porte-parole de Sharia4Belgium qui a été inculpé pour incitation à la haine et la violence, une semaine après les émeutes à Molenbeek. Le Laatste Nieuws titre qu'il doit maintenant dégarpir du pays au plus vite. Tout comme la Dernière Heure qui, quelques jours après sa Une où elle s'exclamait "Arretez-le", s'écrie aujourd'hui "Et maintenant... expulsez-le". La ministre de la Justice estime en effet que la déchéance de nationalité de Fouad Belkacem, dans un premier tempss, son expulsion vers le Maroc dans un deuxième, pourrait être une solution. Même si Annemie Turtelboom rappelle qu'il revient à un juge indépendant d'en décider. Aucun souci pour expulser Belkacem, explique la DH qui conclut avec des accents un peu revenchards : fini de jouer pour Blabla 4 Belgium.
Il ne faut pas se faire d'illusion peut-on lire dans le Belang van Limburg.
Si Sharia4Belgium est effectivement interdit, après que son porte-parole a été arrêté, une autre organisation avec un autre nom appraîtra, mais avec les mêmes personnes et le même message. Autrement dit, Sharia4Belgium a beau être décapité comme titre la Gazet van Antwerpen, la tête repoussera aussitôt. Fouad Belkacem, un prédicateur de la haine, dit le Parquet. Un Télétubbie, titre le Standaard qui a à coeur de remettre l'église au milieu du village. Le danger représenté par Fouad Belkacem est largement surévalué, comprend-on, en substance, à la lecture du quotidien qui rajoute que Sharia4Belgium n'est pas si spécial qu'une loi spéciale d'interdiction est nécessaire. La provocation fait partie intégrante d'une démocratie. Tout le monde a la droit de provoquer. Mais tout le monde ne doit pas obligatoirement se sentir provoqué. La meilleure réponse à apporter, parfois, c'est de garder son calme. Alors bien sûr, dans ce cas-ci, il s'agit d'autre chose, plus que de la provocation : de l'incitation à la haine. Mais le Standaard appelle à garder son calme et à bien poser le débat avant d'éventuellement légiférer sur une interdiction des groupuscules extrémistes. Des clowns, c'est ainsi que son qualifiés les membres de Sharia4Belgium dans le Nieuwsblad. Un groupe de machos pubères qui dans leur volonté forcenée de provoquer, en oublient d'être intelligents.
La Libre Belgique met en cause l'éthique du président du PS.
Thierry Giet. Son cabinet d'avocats a défendu la Région wallonne dans trois affaires au moins depuis qu'il est à la tête du parti socialiste. La Libre précise d'emblée que cette manière de faire n'est "pas répréhensible au pénal". Mais elle est borderline. Sur le plan de l'éthique, le problème crève les yeux affirme le quotidien qui pose cette question : Thierry Giet ne se sert-il pas ou ne serait-il pas tenté de se servir, à un moment ou à un autre, de son pouvoir de président du parti francophone le plus puissant pour faire confier à son cabinet la défense de la Région? D'après un avocat spécialiste de ces questions que la Libre a interrogé, on pourrait donc légitimement suspecter un trafic d'influence.
Presque tous les quotidiens flamands, que l'on sait très attentifs au sort du Prince Laurent, consacre un article à sa participation probable au sommet de l'ONU sur le développement durable, à Rio. Les déplacements du Prince sont très étroitement surveillés depuis son voyage controversé au Congo, l'année dernière. Il a donc, cette fois, demandé l'autorisation du gouvernement. Auorisation accordée mais, souligne-t-on au cabinet du Premier ministre, le Prince Laurent devra financer son séjour sur ses propres deniers et adopter, je cite, "la retenue appropriée".
Le Soir consacre son édito du jour à la crise de la dette dans la zone euro.
Une crise à l'illisibilité suicidaire assène le quotidien. Parce que l'embrouillamini des solutions envisagées et des positions des protagonistes accroissent, par effet miroir, les angoisses des citoyens comme des grands de ce monde. Dans ce contexte, c'est un peu ça passe ou ça casse. Peut-être que la crise sera salutaire, qu'elle débouchera sur plus d'Europe, une union budgétaire. Mais il ne faudra pas s'étonner si les citoyens rejettent une Europe plus fédérale, tant cette Europe a fini par leur faire peur. Hier, la chancelière Allemande Angela Merkel a plaidé, de fait, pour une europe politique renforcée afin de sortir de la crise. Et tenderont vers cette horizon les états membres qui le veulent vraiment, une union dans l'union. Cette idée, l'idée du noyau dur, n'a rien de neuf commente l'Echo. Schengen et la zone euro en sont les meilleurs exemples. Mais il apparaît donc sans fard que la fiction d'une Europe unie continuant à progresser d'un même pas appartient donc désormais au passé. Cela étant une union politique, c'est du long terme, voire du très long terme. Et la crise nécessite des actions immédiates. Que l'Allemagne ne semble par contre pas encore envisager. Alors on est en droit de se demander : l'union politique de Merkel, est-ce une manoeuvre de diversion?




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