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Revue de la presse belge

MATIN PREMIERE | vendredi 4 mai 2012 à 5h55

  • De François Kirsch.

    En Une de plusieurs quotidiens flamands, la mort de Ihsane Jarfi.

    Ihsane Jarfi, 32 ans, retrouvé mort, mardi, roué de coups, dans un champ de Modave, en province de Liège. Ce Liégeois de 32 ans avait disparu le 22 avril après une sortie dans un bar gay du centre de Liège. Il était monté dans une voiture en compagnie de quatre individus qui l'ont donc sauvagement battu avant d'abandonner le corps en rase campagne. Pour le Standaard ou le Laatste Nieuws, il s'agit du premier crime homophobe en Belgique, ils l'affirment en Une et en gros titre. Il faut pousser la lecture un peu plus loin pour trouver la nuance nécessaire : en fait, il pourrait s'agir d'un crime motivé par les orientations sexuelles de la victime, l'enquête devra encore le déterminer. Les deux quotidiens rappellent avec amertume que notre pays est pourtant l'un des pays au monde où les droits des homosexuels sont les mieux respectés. Mais Guy Tegenbos, dans le Standaard, rappelle que le pianiste Jef Neve a décidé de déménager de Bruxelles parce qu'il en avait assez des propos homophobes à son encontre. Il semble, ironiste-t-il, que le respect des personnes, toutes les personnes, fait moins partie de notre culture que le steak frites. Luc Van Der Kelen, éditorialiste du Laatste Nieuws, lance un vibrant appel à la tolérance.

    Luc Van Der Kelen qui est dans le collimateur de Bart de Wever.

    Ce type, Luc Van Der Kelen, même avec la meilleur volonté du monde, on ne peut pas dire que c'est un journaliste. C'est un activiste politique pur sang. Tels sont les propos du président de la N-VA qui a décidé de commémorer à sa façon la journée de la liberté de la presse, hier. Sur le site d'information apache.be, il a dit tout l'amour qu'il portait à notre profession. D'après lui, les médias ont un problème gigantesque, un problème de crédibilité, il n'y a même plus aucun chien pour les croire. Et dans le monde politique, tous ont peur, affirme Bart de Wever. Peur d'une mauvaise presse. Peur de ne plus être interviewé et peur de l'être. Le Standaard épingle la réaction de Bruno Tobback, président du sp.a, qui trouve que c'est un peu facile de parader à la moindre occasion devant les objectifs, et puis après de mordre la main qui vous nourrit. On est toujours dans la veine canine. Le Morgen titre : De Wever vomit les médias. Et Alexander De Croo, président de l'Open-VLD, précise que De Wever ne parle pas au nom de tous les politiques. Il raille la stratégie de son homologue de la N-VA : c'est toujours la faute des autres. D'abord, ça a été les Wallons, maintenant les médias. Qu'est ce que ce sera demain? La météo? Philippe Martin, dans l'Avenir, dénonce l'ingratitude de la part d'un homme qui a usé et abusé de la presse sans compter. L'éditorialiste ajoute que la presse est loin d'être irréprochable, certes, mais elle est libre. Libre de faire des rois et de les déchoir. A condition qu'elle soit indépendante et que les même règles soient scrupuleusement appliquées, quelles que soient les personnes et les circonstances.

    Le Soir révèle que la Belgique veut lancer d'ici la fin de l'année un système de surveillance des justiciables par GPS.

    Un contrat de 5 ans vient d'être passé avec une firme, leader mondial de la sécurité pénale : 1,5 million d'euros a été provisionné. Le prévenu sera équipé d'un boîtier inviolable et surveillé en permanence grâce au système GPS et aux antennes GSM. 5 à 10 % des détentions préventives seraient ainsi couvertes, de quoi réduire la surpopulation carcérale. Mais le quotidien note que magistrats et experts demeurent sceptiques : gare au mythe de la prison virtuelle, le petit royaume de Belgique n'est pas mûr et n'a pas les moyens de ses ambitions. Le Soir qui reconnait aussi que la technologie peut être salutaire si elle est au service d'un projet politique construit et consistant. Mais cette politique pénale cohérente et ambitieuse, on l'attend toujours.

    La Libre Belgique vous explique ce matin la bataille des nominations.

    Le ministre des Pensions, Vincent Van Quickenborne, retarde une nomination à l'Office national des pensions. Pourquoi? Parce que l'homme est étiqueté socialiste et francophone. La politisation refait surface dans les nominations aux plus hautes fonctions de l'administration fédérale, regrette la Libre, malgré la louable réforme Copernic. D'autant plus regrettable que, par mesure de rétorsion, le ministre des Entreprise publiques, Paul Magnette, a décidé de casser la nomination du commissaire du gouvernement auprès de Bpost, une fonction qui devait être occupée par le chef de cabinet de Vincent Van Quickenborne. En fait, c'est tout le train de nominations auquel le gouvernement aurait déjà dû procéder, une cinquantaine, qui est complètement bloqué.

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