Il y sera question de l'actualité politique au niveau wallon et des différents dossiers dont le ministre est compétent, dont la mobilité.
Texte de l'invité:
Georges Lauwerijs : - Et notre invité ce matin, c'est Philippe Henry, Ministre Wallon de la Mobilité que l'on retrouve en direct de Namur, bonjour, Philippe Henry.
PHH : - Bonjour.
GL : - On vous entend dans quelques instants avec Bertrand Henne mais voici tout d'abord le Café Serré.
On va donc retrouver notre invité, c'est Philippe Henry, Bertrand Henne, on va parler notamment de la Semaine de la Mobilité qui s'ouvre ce lundi.
BH : - Eh bien oui, c'est le début de la Semaine de la Mobilité. Il y a donc une série d'initiatives un petit peu partout en Wallonie, visant à promouvoir la mobilité durable. Alors, Philippe Henry, bonjour.
PHH : - Bonjour.
BH : - C'est bien beau, c'est parfois festif, mais ça sert à quoi, la Semaine de la Mobilité, à culpabiliser un peu les automobilistes ?
PHH : - Pas du tout, non ; ça sert justement à sensibiliser, à réfléchir sur la manière de se déplacer, c'est un moment dans l'année qui se passe maintenant depuis quelques années, qui se passe dans d'autres pays et à chaque fois, il y a un thème un peu particulier. Et cette année-ci, le thème que nous avons choisi, c'est le vélo. C'est tout ce vélo actif ; c'est miser sur les déplacements domicile-travail à vélo parce qu'en fait, il y a un potentiel très important. Et puis pour le reste, c'est simplement se dire, une fois par an, comment va-t-on sensibiliser la population aux différents modes de transport ? Comment faciliter l'usage du transport en commun ? Comment passer d'un mode de transport à un autre ? C'est vraiment faciliter le changement de transport.
BH : - Alors ce vendredi, tous les travailleurs wallons sont invités à se rendre au travail à vélo, alors, on suppose que, comment est-ce que vous pouvez mesurer, il y a un potentiel, il y a des gens qui prennent la voiture, qui pourraient très bien aller à vélo, comment est-ce que vous pouvez mesurez ça, comment est-ce que vous avez qu'il y a un potentiel, vous avez dit ça tout à l'heure ?
PHH : - Oui, donc on peut effectivement le mesurer par des enquêtes qu'on fait à espace régulier mais ici nous misons surtout sur un partenariat avec de grandes entreprises, donc on travaille avec une dizaine de grandes entreprises qui, sur base volontaire, qui représentent environ 50.000 travailleurs et bien sûr, on ne demande qu'à ajouter d'autres entreprises qui le souhaiteraient, donc c'est vraiment sur base volontaire et ces entreprises s'organisent pour souhaiter la venue de leurs travailleurs à vélo. Ca peut être de petits détails, ça peut être de la sensibilisation, ça peut être des parkings-vélo, des douches, etc. Donc c'est simplement communiquer dans l'entreprise autour de l'utilisation du vélo.
BH : - Est-ce qu'on sait combien de personnes aujourd'hui utilisent leur voiture pour se rendre au travail, alors qu'ils pourraient se rendre à vélo, qu'il n'y a que quelques kilomètres ; est-ce qu'on sait le potentiel réel du vélo comme moyen de transport pour se rendre à son travail en Wallonie ?
PHH : - Mais oui parce que très curieusement, la première raison qui est avancée par les Wallons et les Wallonnes pour ne pas utiliser le vélo, c'est de dire, je fais de trop petits déplacements, ce qui est un peu curieux parce que justement les petits déplacements, on peut les faire à pied et à vélo assez facilement et donc là, je crois que c'est simplement, c'est à la fois culturel, c'est une habitude, c'est aussi des sous-investissements publics qui ont été faits depuis des années. Un chiffre simplement, en Flandre, il y a à peu près 50% des élèves du secondaire, qui se rendent à l'école à vélo ; en Wallonie, c'est 2-3%. Je crois qu'on a un potentiel-là qui est tout à fait énorme. Et en fait, j'ai fait faire une petite étude à l'occasion de cette Semaine de la Mobilité et on se rend compte que les Wallons utilisent principalement la voiture comme mode de déplacement mais sont conscients que ça va changer, qu'ils vont devoir changer, que ça coûte trop cher de se déplacer en voiture, les carburants n'arrêtent pas d'augmenter et donc il y a vraiment un souhait de beaucoup de personnes, de changer, mais on ne sait pas toujours comment, quel type de transport alternatif utiliser.
BH : - C'est l'occasion de la Semaine de la Mobilité de revenir aussi sur la politique menée de manière plus générale en matière de mobilité. Il y a un gros point noir en Wallonie et c'est une actualité très récente, le chantier du RER notamment qui n'en finit pas d'être retardé, on parle de 2022 et la modernisation de la ligne Luxembourg-Bruxelles, ligne très importants s'il en est, reportée, elle aussi à 2022. C'est coulé dans le bronze, on n'arrivera plus à changer, ça, Philippe Henry ou est-ce que vous pensez, vous espérez encore que la SNCB puisse changer son fusil d'épaule ?
PHH : - Alors effectivement, c'est un souci de préoccupation majeure, c'est vraiment un problème que les investissements wallons dans le rail, soit reporté de cette façon-là. Ce qui est un fait, c'est qu'on est déjà en retard. Par contre, ce qui n'est pas encore acquis, c'est la fin des travaux et donc j'espère qu'on va quand même aller le plus vite possible. Pour ce qui concerne le RER, il y a maintenant un engagement de l'ensemble des Ministres de la Mobilité, régionaux et fédéral, pour dire, le RER, c'est une priorité absolue, il faut vraiment que ça avance le plus vite possible. Pour ce qui concerne la modernisation de l'axe Bruxelles-Luxembourg, Bruxelles-Namur-Luxembourg, là effectivement, je regrette vraiment que la SNCB n'ait pas avancé plus fortement, plus rapidement. Et aujourd'hui, ils se disent en attente de la décision sur le plan d'investissement fédéral, qui est effectivement, n'est pas encore prêt. C'est vraiment un souci parce qu'il y a eu des investissements réalisés en Flandre et aujourd'hui, il y a un peu un manque d'investissements immédiats en Flandre et c'est notamment une des raisons avancées pour dire, on ne va pas investir en Wallonie parce qu'on risque d'investir trop, de dépasser la clef, la fameuse clef 60-40, 60% en Flandre, 40% en Wallonie. Je trouve ça vraiment extrêmement regrettable. On a tous besoin de développer le rail très fortement et spécialement en Wallonie où c'est plus accidenté, les distances sont plus importantes, donc le développement du rail est déjà plus difficile.
BH : - On sait que tout près de Zaventem, il y a eu l'achèvement d'un gros dossier, c'est le Diabolo qui permet de désenclaver l'aéroport de Zaventem par rapport au rail. Vous dites quoi, que la Wallonie n'a pas suffisamment, par rapport à ce qu'elle devrait avoir, que les Flamands ont trop et que les Wallons n'ont pas assez, c'est ça, votre discours ?
PHH : - En tout cas, la clef 60-40 est discutable. Effectivement, les besoins sont plus importants en Wallonie mais ce qui est tout à fait scandaleux, c'est que quand il y a des décisions qui ont été prises comme cette modernisation de l'axe Bruxelles-Namur-Luxembourg,
BH : - Qui va permettre aux trains d'aller plus vite.
PHH : - Voilà.
BH : - C'est ça, l'idée, 160 au lieu de 120 kilomètres à l'heure.
PHH : - Exactement, donc c'est très significatif comme augmentation et que ces travaux soient temporisés parce qu'on dit, on ne sait pas quelles seront les masses budgétaires disponibles dans les prochaines années alors que ce sont des décisions prises et que la Wallonie pour sa part, a respecté la totalité de ses engagements.
BH : - Qu'est-ce que vous pouvez faire pour éventuellement faire plier la décision peut-être en faveur de la Wallonie, je ne sais pas s'il faut parler comme ça. Vous avez des moyens d'action, vous pouvez couper éventuellement certains subsides puisque vous avez aussi des financements à vos charges, dans certains dossiers, qu'est-ce que vous pouvez faire, Philippe Henry ?
PHH : - Ah mais c'est d'abord une responsabilité vraiment fédérale, donc on a peu de marge d'action mais sur ce dossier-ci, c'est vrai que c'est un co-financement dans la mesure où nous préfinançons l'investissement et donc effectivement la Wallonie pourrait, si les engagements ne sont pas respectés, à un moment donné, suspendre ses versements, mais je veux dire, ça ne va pas se faire réaliser le projet. Ce qu'il faut surtout, c'est que tout le monde se mobilise et que le groupe SNCB respecte ses engagements.
BH : - Alors la mobilité, c'est aussi habiter proche de son travail ou de l'école de ses enfants, c'est l'idée
centrale des noyaux d'habitat ; éviter l'émiettement des habitats en Wallonie. Et ce projet ne passe toujours pas chez vos partenaires. On vient d'entendre fin de la semaine passée, que la Ville d'Andenne dirigée par Claude Eerdekens, avait déposé un recours devant la Cour Constitutionnelle, il dit que ce décret sur les noyau d'habitats, est liberticide ; vous lui répondez quoi ?
PHH : - Oui, enfin, le décret a été adopté par le Parlement, je suis toujours surpris quand certains hommes politiques à un, moment donné, quand ils s'estiment non suivis dans leurs arguments, y compris par leurs collègues de leur propre parti, utilisent la voie judiciaire. Je trouve ça très curieux comme procédé démocratique. Je crois qu'il faut voir les défis du 21 ème siècle, qui sont devant nous. Ces défis sont maintenant reconnus par tout le monde ; d'ailleurs on a pu le voir dans les interviews de rentrée des uns et des autres, de la majorité comme de l'opposition, le défi démographique dont je parle maintenant depuis 3 ans,
est un défi absolument central. Il concerne évidemment l'aménagement du territoire parce que nous allons devoir accueillir de nombreux Wallonnes et Wallons supplémentaires notamment en raison du vieillissement. Donc ça veut dire beaucoup de logements ; donc ça veut dire qu'il faut bien les localiser.
Et on voit dans cette Semaine de la Mobilité, combien les déplacements en voiture sont de plus en plus coûteux, ce qui représente une part importante du budget des ménages. Et donc simplement ce qui est proposé, c'est très simple, c'est de dire, on ne va s'étaler n'importe comment sur le territoire comme on l'a fait depuis plusieurs dizaines d'années, mais on va encourager les promoteurs lorsqu'ils ont des projets immobiliers d'importance à les localiser le mieux possible, proches des transports en commun et des centres de villages et de villes.
BH : - Oui, les détracteurs de ce projet, de ce noyau d'habitats, utilisent, vous allez nous le dire, si c'est vrai ou faux, par exemple l'exemple de primes qui ne seraient plus accordées à des personnes qui iraient s'établir dans des zones en dehors de ces noyaux d'habitat, dans des zones rurales, etc. Est-ce que c'est vrai, est-ce que certains Wallons auront droit à des primes, d'autres pas ? Est-ce que certains Wallons seront plus taxés sur leur maison parce qu'ils seront en dehors d'une zone noyau d'habitats ? Est-ce que c'est vrai, Philippe Henry, est-ce que c'est comme ça que ça va fonctionner ?
PHH : - Non, on dit effectivement tout et n'importe quoi. Ce qui est simplement prévu, c'est d'essayer de mieux localiser l'habitat. Il n'y a pas encore de décision sur les modalités précises parce qu'en fait, on est là au coeur de plusieurs réformes, donc à la fois le schéma régional de développement du territoire, le ‘quatuple’ code de l'aménagement du territoire, donc ces discussions sont sur la table du Gouvernement. Et les modalités de discussion sont très ouvertes, donc moi, je suis,
BH : - Oui, mais est-ce qu'il faut un bâton ?
PHH : - Mais il faut plutôt un encouragement, donc par exemple, on a dit aussi, il y a des terrains à bâtir, j'ai une famille qui a hérité d'un terrain à bâtir à un tel endroit, je ne pourrai plus construire, c'est complètement faux. Les plans de secteur tels qu'ils existent, sont maintenus ; on pourra toujours construire là où on a un terrain à bâtir. Simplement, la volonté, c'est que les pouvoirs publiques, que ce soit les Communes ou que ce soit via les projets privés de promotion immobilière, encouragent, facilitent l'arrivée de nouveaux logements là où ils sont mieux situés, là où ils coûtent moins cher pour les ménages, là où ils coûtent moins chers aussi pour les pouvoirs publics. Et là, il y a beaucoup de modalités possibles sur la discussion et ça se fera bien sûr aussi en partenariat avec les Communes.
BH : - Alors c'était le week-end des Fêtes de Wallonie, ici, à Namur, on a beaucoup commenté le discours du Président du Parlement Wallon, l'Ecolo Patrick Duprié, il évoquait une circonscription électorale à l'échelle de la Région, c'est un serpent de mer, cette circonscription électorale, ça n'a pas vraiment plu à Benoît Lutgen comme l'année passée d'ailleurs, le Président du CDH, il dit, ça va diminuer l'influence des zones rurales et ça va favoriser les stars, les starlettes de la politique ; qu'est-ce que vous lui répondez ?
PHH : - Mais je pense qu'on est là sur un débat effectivement qui est un peu sensible et qui fait aussi partie des différents tabous, peut-être, auxquels on est confronté, un des tabous encore en Wallonie pour parvenir à avoir un redressement wallon satisfaisant dans les 10 ans qui viennent, qu'on puisse vraiment prendre en main nos défis, c'est de sortir du sous-localisme. Et je pense que cette piste d'une circonscription régionale unique, c'est-à-dire que les Wallons pourraient élire une partie de leurs Députés sur une liste de toute la Région Wallonne plutôt que par circonscription, mais c'est une des pistes qui permet de lutter contre
le sous-localisme, ce n'est certainement pas la seule, c'est pas la seule piste possible mais elle permet vraiment d'y contribuer. Donc je pense qu'elle mérite vraiment d'être examinée avec attention, ça me paraît de bonne augure.
BH : - Il faudrait y arriver avant la fin de la législature, avant 2014 ?
PHH : - Mais ça, les uns et les autres se positionneront. Nous avons déjà beaucoup de travail sur la table du Gouvernement et des choses sur lesquelles, nous sommes engagés et d'autres choses sur lesquelles, nous sommes engagés à réfléchir. C'est le cas de cette piste-là et puis d'autres décisions se prendront par exemple en 2014 pour la législature suivante.
BH : - Alors Rudy Demotte dans son discours aux fêtes de Wallonie, hier, a repoussé et il l'avait déjà dit
l'idée d'un plan B et même W, a-t-il dit et dit que la seule urgence est socio-économique. Vous êtes sur la même ligne que lui ?
PHH : - Mais les défis sont énormes et donc tout est relié au socio-économique ; c'est la restructuration du territoire, c'est les enjeux
de logement, les enjeux de vieillissement, les revenus, l'emploi bien entendu et donc on peut tout dire sur l'enveloppe du socio-économique. Ce qui est certain, c'est que nous devons avoir des projets à long terme, on doit avoir des projets structurants pour la Wallonie et nous devons être capables de gérer les nouvelles compétences qui nous arrivent, dans un contexte économique difficile. Donc je crois qu'on est tous d'accord là-dessus, ce qui compte, ce n'est pas le vocabulaire, c'est pas les priorités individuelles, c'est vraiment d'avoir des priorités wallonnes et un plan qui permette vraiment de les mettre en oeuvre.
BH : - Il ne faut pas une réflexion globale sur, un jour, la Wallonie sera peut-être face seule à ses problèmes dans une Belgique qui serait en voie de décomposition ; c'est ça aussi l'idée d'un plan W ou d'un plan B ?
PHH : - On sait évidemment que l'avenir de la Belgique est difficile, que ça va rester un sujet de préoccupation, il suffit de voir ce qui se passe en Flandre, on verra comment les choses évoluent dans les prochains mois et dans d'ici 2014 de manière certaine. Mais quoi qu'il en soit, la Wallonie doit pour elle-même et comme d'ailleurs, le Ministre-président l'a dit, assurer son développement, prendre en main ses enjeux, ses défis, ils sont déjà maintenant, quelle que soit l'évolution de la situation, nous devons surtout y travailler de manière ambitieuse.
BH : - Merci, Philippe Henry.




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de Frederic Detienne En gros, il propose de recreer des corons pour que les gens vivent autour de la societe ou ils travaillent. Il vaut mieux qu'une des societes de demenage pas si on ne veut pas dormir avec sa famille un week-end sur deux. Ou si on ne veut pas travailler pour la meme compagnie, ce qui est un drame lorsqu'elle ferme ou delocalise. Monsieur Philippe Henry s'est reconverti dans la politique apres ses eclats bruyants durant les greves et manifestations etudiantes des annees '90. C'est un bon organisateur de promenades mais il n'a jamais ammene de solution interessante a la table des discussions. Il doit etre tres amusant a ecouter lors des bbq des marches ADEPS.
17-09-2012 11:21 |
de jerem Vous voulez faire des noyaux d'habitat, favoriser les trajets à vélo ou à pied. ok, très bien. en attendant, les commerces de proximité ont totalement disparu grâce à vos politiques de mondialisation. Alors quand est-ce que vous favorisez les petits commerces? car on ne va pas aller faire ses courses au complexe commercial de 18milliards de m² à 30 bornes de chez nous en vélo ou pied.
17-09-2012 08:21 |
de Jouniaux Michel Je suis enseignant et j'utilise 4 fois par semaine le vélo pour me rendre au travail. Il est une condition que je n'ai jamais comprise ! Il faut au minimum 10 jours par mois pour être remboursé des 0,15 € par km. Comme les vacances de Pâques tombent début avril, les 15 derniers jours ne me permettent pas toujours de remplir cette condition et je ne suis pas défrayé ! Pourquoi faut-il 10 jours de vélo par mois ? Combien coûte le fonctionnaire qui calcule si toutes les déclarations concernent au moins 10 jours ! Par ailleurs, les entreprises indemnisent à 0,21€ par km ? Pourqoui cette autre différence? Bonne journée à tous surtout si elle commence par un déplacement en vélo, Michel Jouniaux
17-09-2012 08:17 |