Un récent audit de la Cour des comptes épingle notamment des frais de consultance à la SNCB à hauteur de 120 millions d'euros par an. La SNCB et ses trois entités jette-t-elle de l'argent par les fenêtres ? Paul Magnette souhaite réduire la SNCB à deux entités. Mais cette réforme des structures n'est pas "la" question fondamentale pour l'invité de Thomas Gadisseux: "La question fondamentale c'est 'comment fait-on pour avoir des trains à l'heure ? (...) et comment fait-on pour que tout cela se fasse dans les meilleures questions de sécurité ?'", affirme-t-il.
Paul Magnette à propos de la SNCB: "Trop de doublons, de gaspillages"
L INDISCRET | dimanche 17 juin 2012 à 12h14
Paul Magnette veut réformer le rail belge. Mais avec quelles conséquences pour les usagers ? Le ministre en charge des Entreprises publiques était dans le siège de l'Indiscret ce dimanche. Mais pour améliorer la qualité du service, tout passe d'abord par des investissements: "Il faut acheter du bon matériel roulant parce que les retards, c'est principalement à cause d'avaries dans les wagons et les locomotives". Paul Magnette estime qu'il faut mettre en place un plan d'investissement pour les douze prochaines années.Trop de doublons, de gaspillage, etc.Le ministre des Entreprises publiques estime cependant qu'il faut aussi améliorer les structures, parce que "cela crée des tensions au sein de la société SNCB". Et puis au niveau de ses trois entités, "il y a un problème de doublons, de gaspillages, un recours excessif à des frais de consultances extérieures". Et de pointer une dérive: "On a créé beaucoup trop de filiales, on a beaucoup trop recouru à une externalisation et à des consultances externes", affirme-t-il.Cependant, réduire le tout à une seule et unique entité n'est, en regard du droit européen, pas possible selon Paul Magnette: "Cela veut dire qu'on serait, comme l'Allemagne, comme la France si elle va dans cette direction, directement dans le collimateur de la Cour de justice, on aurait des années et des années de procédures et donc d'instabilité, tant pour les navetteurs que les cheminots". Le socialiste propose donc un autre schéma: "Deux sociétés 100% publiques, une clarification très nette des responsabilités de chacun, de vrais contrats et de vrais arbitrages entre les deux".Pour lui, les contrats et obligations existants ne sont pas assez clairs, d'autant plus "qu'il n'y a pas d'arbitre clair", regrette-t-il. "Demain, je veux une vraie convention transport entre ceux qui gèrent les infrastructures et ceux qui gèrent les trains ainsi qu'un vrai arbitre qui soit un régulateur autonome qui veille à ce que les trop nombreux conflits actuels cessent".Mais pour lui, les problèmes de sécurité ne sont peut-être pas spécialement liés à ces conflits mais plutôt dûs à des problèmes d'investissements antérieurs. "Mais là, on rattrape le retard, on équipe notre chemin de fer du meilleur système de sécurité européen existant", dit-il.Les hauts salaires de top-managers ? "Il faut revenir au raisonnable"Paul Magnette l'a dit, il souhaite que les salaires des grands patrons dans la fonction publique soient rabotés. Il ne pense pas que cela ferait partir les bons profils. "Il faut revenir au raisonnable", plaide-t-il. "Certaines rémunérations sont indécentes", juge-t-il en estimant qu'il faut remettre des règles et de la transparence". Et cela pourrait avoir un effet d'entraînement pour le secteur privé, selon le ministre des Entreprises publiques.Inutile de faire les "fiers-à-bras et les RoboCop"L'insécurité est également un sujet d'actualité brûlant. Un sentiment auquel il faut "s'attaquer", selon l'invité de Thomas Gadisseux. "Il y a des problèmes de sécurité, mais il ne faut pas faire de la surenchère électorale", bondit le ministre socialiste. "Quand je me promène à Paris et que je vois des militaires armés de mitraillettes, je ne me sens pas en sécurité", affirme-t-il. S'il n'y a pas de vraie nécessité, inutile de faire les "fiers-à-bras et les RoboCop juste pour faire semblant qu'on s'attaque au problème", glisse Paul Magnette en visant le MR.AdCA lire aussi
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