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MédiaTIC : "Quand les 'twittos-reporters' font valoir leurs droits d'auteurs"

MATIN PREMIERE | vendredi 18 janvier 2013 à 8h21

  • L'actualité des médias et des nouvelles technologies avec Robin Cornet.

    Dans la course à l'info, les médias se tournent de plus en plus vers les réseaux sociaux pour trouver les premières images d'un événement. Une évolution qui pose la question des droits d'auteurs qui, souvent, ne sont pas respectés.

    Quand un hélicoptère s'écrase à Londres, après avoir percuté une grue, la BBC Radio annonce la nouvelle en citant des tweets. Il ne faut que quelques dizaines de minutes pour que des photos soient publiées sur les grands sites d'info. Des images venant, dans un premier temps, essentiellement du web. Prises aux premiers instants de l'accident, elles montrent l'hélicoptère en flammes au dessus duquel s'élève en colonne de fumée sombre. En fin d'après-midi, Craig Jenner a été surpris de voir l'une des photos qu'il avait postée sur Twitter s'étaler en "une" de l'Evening Standard. Le quotidien du soir reconnaît qu'il n'a pas contacté Jenner. Pas le temps, c'était la course, explique un responsable. "Mais on garde toutes les informations sur les photographes dans notre base de donnée et si Jenner réclame des droits d'auteurs, il n'y a aucun doute qu'il sera payé". Le Guardian qui a fait la même chose explique que pendant longtemps, les médias se retranchaient derrière l'idée qu'une photo postée sur Twitter tombait, quelque part, dans le domaine public. Mais tout le monde le sait, admet le journal, légalement, c'est le photographe qui est le seul propriétaire (même si Twitter, dans ses conditions d'utilisation, s'octroie une licence).

    Les photographes professionnels ne voient pas d'un très bon œil cette concurrence des amateurs.

    En France, notamment, l'Union des photographes professionnels demande des mesures pour lutter contre "l'insupportable concurrence des amateurs". Elle souhaite que la publication de photos par le secteur de l'édition ne puisse plus se faire sans rémunération pour l'auteur, même s'agissant d'un amateur. La réaction est d'autant plus vive que le secteur de la photo de presse en crise. On a vu récemment plusieurs faillites d'agences. Le Guardian expliquait hier qu'en Grande Bretagne, l'ère de la gratuité est peut-être en train de toucher à sa fin, le public ayant lui-même pris conscience de la valeur des photos. Les médias ont créé des plateformes participatives. Ils ont investi Instagram, comme le Time Magazine par exemple. Bref, ils incitent les internautes à partager leurs bonnes photos. Mais ces derniers sont de plus en plus nombreux à demander à être payés en retour.

    La justice américaine a condamné, lundi, l'Agence France Presse pour avoir utilisé sans autorisation des photos publiées sur Twitter.

    L'histoire se passe en 2010, pendant le tremblement de terre d'Haïti. Sur place, un photographe américain partage certaines de ses photos via le service Twitpic. Des internautes les copient et les republient sur Twitter. L'un d'eux va même jusqu'à proposer aux agences de presse d'acheter ces clichés... qui ne sont donc pas à lui ! L'AFP tombe dans le panneau et paie une licence. Ces photos d'enfants sortant des décombres sont fortes et feront la Une de plusieurs quotidiens. Mais le vrai photographe, Daniel Morel, se manifeste et réclame son dû. L'AFP refuse. Assignée devant un tribunal américain, l'agence invoque "les pratiques des utilisateurs de Twitter". Ils partagent, copient, citent et réimpriment… Par conséquent, il y aurait Implicitement, un "droit élargi à la ré-utilisation". Non, a tranché le juge, qui a condamné l'AFP ainsi que le Washington Post, l'un des journaux à avoir repris les fameuses photos. Le message est clair : les médias n'ont qu'à vérifier l'origine des images qu'ils publient.

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