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-G. Lauwerijs : On va rester au cœur de l’actualité européenne. Nos invités ce matin : Guy Verhofstadt, chef de groupe libéral, et Pierre Defraigne, économiste, à propos du sommet européen qualifié une fois de plus du sommet de la dernière chance, Bertrand Henne.
-BH : Oui et c’est Guy Verhofstadt lui-même qui l’a dit hier : " le sommet de cette semaine est peut-être la dernière carte de la zone euro ". Bonjour Guy Verhofstadt.
-GV : Bonjour.
-BH : C’est le dix-neuvième sommet depuis le début de la crise grecque…
-GV : Moi, je pensais que c’était le vingtième.
-BH : Ah ben écoutez, vous êtes sans doute mieux au courant que moi. J’ai lu dix-neuf ce matin. Allez, c’est peut-être la vingtième fois que l’on parle du sommet de la dernière chance, et puis l’euro est toujours là. Est-ce que vous ne dramatisez pas un petit peu ?
-GV : Je pense que non. Je ne pense pas qu’on puisse encore dramatiser si on voit que l’Espagne est confrontée à des taux d’intérêt de 7 %, que l’Italie aussi est confrontée à des taux d’intérêt de 7 %, et que ces deux pays ne peuvent plus sortir de cette crise sans qu’il y ait vraiment ce saut vers l’union économique, fiscale et politique, voilà.
-BH : Est-ce que vous vous attendez à ce que ce soit le cas lors de ce sommet-ci ou est-ce que ce sera encore une rustine sur une barque qui prend l’eau ?
-GV: Je pense qu’il y a de plus en plus de pays qui sont persuadés que seul le saut en avant en créant une union économique et politique est la bonne solution, puisque c’est impossible de continuer avec la monnaie unique si on ne crée pas un gouvernement économique et une union économique et politique en même temps. Mais c’est vrai qu’il y a encore des résistances, et la résistance la plus importante, on la connait, c’est du côté allemand. Les Allemands disent qu’ils veulent seulement être solidaires avec le reste de l’Union européenne et avec la zone euro en mutualisant la dette, s’il y a d’abord une union politique qui est créée. Et du côté français, on dit l’inverse. Du côté français, on dit " avant de créer une union politique, il faut d’abord se mettre d’accord sur une plus grande solidarité dans la zone euro ". Donc voilà, on est un peu dans des situations bloquées. Tout le monde sait qu’il faut faire un saut en avant, mais les uns disent qu’il faut d’abord attendre quelque chose d’autre, voilà.
-BH : Pierre Defraigne, bonjour.
-PD : Bonjour.
-BH : Ce qui a peut-être changé entre les 19 ou 20 sommets qui se sont succédé depuis le début de la crise grecque, c’est un acteur nouveau, c’est François Hollande qui arrive sur la scène européenne ici pour la première fois dans un grand sommet face à Angela Merkel. Ils se sont rencontrés hier. Est-ce que ça peut changer la donne ? Ou est-ce qu’on doit s’attendre encore une fois à de la déception ?
-PD : Je crois que l’acteur nouveau n’est pas François Hollande, c’est le G20. Je pense que ce qui s’est passé à Los Cabos, au Mexique, la semaine dernière, est tout de même extraordinaire. Voilà tous les Etats du monde, les principaux en tous les cas, qui pressent l’Europe de mettre de l’ordre, de passer à un euro politique...
-BH : Qui font un peu la leçon à l’Europe, d’ailleurs.
-PD : Qui, forcément, font la leçon à l’Europe parce qu’eux-mêmes sont de grands Etats fédéraux qui ont tout de même une certaine expérience dans la solidarité et la discipline, comme les Etats-Unis ou la Chine, et ils s’inquiètent de voir un continent qui s’est doté un peu imprudemment d’une monnaie unique et qui ne veut pas en assumer les conséquences politiques, budgétaires, fiscales et surtout financières, puisque le véritable enjeu, nous le savons, en priorité, c’est l’union bancaire à réaliser.
-BH : Et ça, c’est notamment dans la note d’Herman Van Rompuy. Elle vous a convaincu, vous, Pierre Defraigne, cette note d’Herman Van Rompuy, qui balise pas mal de sujets de long terme, dont celui-là ?
-PD : Je pense que c’est un bon agenda commenté. Certains disent que c’est même une " road map ", une feuille de route, sans doute pour les mois à venir.
-BH : Peut-être pour les années à venir s’il faut faire des changements de traités avec.
-PD : Sans doute, parce qu’il y a des changements d’ordre constitutionnel qui s’imposent dans certains pays. Quand l’Allemagne nous dit " je ne peux pas passer à la mutualisation de la dette sans faire un référendum ". Vous imaginez, dans le contexte actuel, ce que donnerait un référendum en Allemagne ?! Et d’autres qui disent " il faut aller plus loin, il faut un ordre constitutionnel européen à nouveau ". Donc il faut un nouveau traité constitutionnel pour avoir enfin une cohérence dans toutes ces politiques. Mais néanmoins il y a une urgence, même demain, c’est l’union bancaire. Là, il faut à tout prix passer la barre parce que sans union bancaire, pas de relance.
-BH : Oui. Guy Verhofstadt, je reviens vers vous. Mario Monti, donc le président du Conseil italien, est arrivé à ce sommet et a un peu dramatisé la situation : il a dit " il faut trouver des solutions même pour le court terme ". Il est prêt à rester même jusque dimanche, s’il faut. Est-ce que là, on est au bord de quelque chose avec Mario Monti, puisqu’il dit " attention, si je n’ai pas de solution, notamment pour l’Italie, je risque d’être renversé par Silivio Berlusconi en Italie, etc. " Est-ce que sur le court terme aussi, ce sommet européen doit prendre des décisions importantes ?
-GV : Je pense que oui, même si on ne peut pas se mettre d’accord encore sur les euro-obligations ou sur un fonds d’amortissement de la dette ou sur une autre forme de mutualisation de la dette, parce qu’apparemment, ce sera nécessaire d’attendre les élections allemandes en 2013 avant qu’on puisse décider sur cette solution. Donc ce sera nécessaire de prendre des mesures à courte terme et il n’y a pas beaucoup d’options et de possibilités parce que l’Italie est confrontée à des taux, comme je l’ai déjà indiqué, de 7 %. Ça veut dire que tous les efforts que Monsieur Monti fait disparaissent dans les poches des porteurs de titres.
-BH : Vous dites qu’il n’y a pas beaucoup d’options. C’est quoi les options ? C’est la Banque centrale qui doit agir ?
-GV : Par exemple, la Banque centrale européenne qui va commencer de nouveau ce qu’elle a déjà fait dans le passé : à acheter des bons d’Etat italiens pour se tenir à cela. Ce qui serait une possibilité. Naturellement, ce n’est pas une solution structurelle, et c’est ça qui commence quand même à être reconnu par tout le monde : que toutes ces demi-mesures qui ont été prises depuis le début de la crise en décembre 2009 ont justement aggravé la crise, n’ont pas solutionné la crise. Mais encore une fois, le blocage politique du côté de l’Allemagne, pour le moment, est complet ; et ça, selon moi, c’est dû au fait qu’il y a des élections en 2013 et qu’il n’y a pas beaucoup d’hommes politiques allemands, pour le moment, qui sont très courageux pour prendre les décisions qui s’imposent.
-BH : Vous dites qu’il faudra attendre 2013 pour parler des euro-obligations, vous avez même dit sur France 24 hier qu’il faudra attendre 2013 pour sauver l’euro. Angela Merkel a dit " tant que je vivrai, il n’y aura pas d’euro-obligations, pas de mutualisation de la dette ". Est-ce que ce blocage politique, il ne risque pas de persister même au-delà de 2013, Guy Verhofstadt ?
-GV : Non, je pense que c’est typiquement un langage déjà électoraliste qui est utilisé en Allemagne en vue des élections de 2013. 2013, c’est bientôt, c’est dans un an, et donc, la campagne électorale, on peut déjà le dire, a commencé en Allemagne. La seule chose qui est un grand risque : entre temps, la situation peut encore s’aggraver et on peut perdre l’euro. Et si on perd l’euro, ce sera l’Allemagne qui sera la première victime, puisque l’euro c’est vraiment le moteur de sa croissance économique pour le moment.
-BH : Oui. Pierre Defraigne, vous êtes d’accord avec ce constat ? On peut perdre l’euro d’ici quelques mois, d’ici 2013, d’ici les élections allemandes ?
-PD : Bien sûr, ce risque plane au-dessus de nos têtes depuis longtemps, et ce serait une irresponsabilité historique des Européens de ne pas être à la hauteur de l’enjeu. Cela étant, je reviens quand même à l’idée du déblocage d’union bancaire parce que là, il me semble qu’il y a une urgence extrême.
-BH : C’est là-dessus qu’il doit y avoir une décision ? S’il y en a une, c’est celle-là ?
-PD : C’est celle-là parce qu’il s’agit, en fait, de débloquer le marché interbancaire, de retrouver une confiance pour que, notamment, les banques recommencent à prêter sérieusement aux PME qui sont le moteur de la relance. Et pour y arriver, il faut, je dirais, couper le lien incestueux entre les Etats nationaux et leur système bancaire. Et la manière de le faire, c’est d’avoir un système européen de garantie des dépôts et de résolution des crises financières du côté des banques.
-BH : C’est-à-dire que les déposants, dont les dépôts sont garantis par les Etats, que ces dépôts soient garantis par une instance européenne commune ?
-PD : Absolument !
-BH : Avec une régulation commune au niveau européen.
-PD : Et une supervision par la Banque centrale européenne pour la zone euro et peut-être pour d’autres pays alentours qui ne sont pas dans l’euro.
-BH : Guy Verhofstadt, vous êtes d’accord avec ce que dit Pierre Defraigne ? S’il y a une chose, parce qu’il y a beaucoup de choses dont on va discuter au cours de ce sommet, qui doit vraiment être décidée dans l’urgence, c’est cette union bancaire, Guy Verhofstadt ?
-GV : Oui, je suis tout à fait d’accord. C’est ce que les Etats ont refusé de faire il y a deux ans, quand on a légiféré la régulation financière et la supervision des banques. Le Parlement européen a insisté pour créer une supervision unique, un régulateur unique en Europe. A ce moment-là, les Etats ne voulaient pas de ça, c’était en 2008-2009. Et puis, on a créé cette autorité bancaire européenne qui existe aujourd’hui. Et cette autorité n’a que des pouvoirs limités. Alors, le but maintenant, c’est de faire un grand pas en avant et de créer ce que, il y a deux ans, les Etats ont refusé de faire.
-BH : Oui. Guy Verhofstadt, est-ce que l’origine de ce sommet, ce n’est pas la croissance ? Au départ, ce n’est pas de cela qu’on devait parler : relancer la croissance dans l’Europe ?
-GV : Aussi ! Il y a un paquet qui est prêt. Là, il n’y a pas beaucoup de différences de point de vue encore entre les différents Etats. Il y a l’augmentation du capital de la banque d’investissement européen avec 10 milliards d’euros, ce qui donne une possibilité de donner des crédits d’investissement d’environ 130-140 milliards d’euros.
-BH : C’est vraiment crédible pour relancer la croissance, Guy Verhofstadt, ça ? C’est vraiment crédible ? Ça parait quand même un pacte à minima.
-GV : Je pense que c’est minimal et ce n’est pas assez ambitieux, selon moi. Par exemple aussi le projet des soi-disant " project bonds ". Ce sont des euro-obligations pas pour couvrir la dette mais pour, en fait, financer des investissements. Là, le montant qui est prévu maintenant est de 230 millions. Vous voyez tout de suite que 230 millions pour faire la relance en Europe, ce n’est pas assez ambitieux. Et donc, là, je crois qu’il faut faire pression le plus possible pour que les chefs d’Etat et de gouvernement sortent de ce sommet avec des montants et des projets beaucoup plus ambitieux.
-BH : Pierre Defraigne, ce pacte de croissance, c’était vraiment la promesse électorale de François Hollande. On voit que ce n’est pas très miraculeux, ce qu’il obtient. Est-ce que ce n’est pas un faire-valoir, voilà, pour François Hollande ? Rentrer dans son pays en disant " j’ai un pacte de croissance ", alors qu’il n’a pas eu du tout de renégociation du traité alors qu’il l’avait demandée aussi.
-PD : Disons que c’est un pacte et pas un pactole. Mais, en effet, ça parait un petit protocole annexe qui donne un bon signal psychologique, mais cela ne fait qu’un pourcent du PIB. Pour relancer, c’est peu. Et surtout, les effets se font à moyen terme et il faut bien veiller à dépenser correctement cet argent. Je veux dire : il ne suffit pas d’injecter de l’argent dans le système, il faut que ces projets soient bien étudiés et correspondent à une augmentation de la productivité en Europe.
-BH : Guy Verhofstadt, on termine par vous, il nous reste 30 secondes. Vous pensez toujours que François Hollande, c’est une chance pour l’Europe ? On sait que ça n’avait pas fait plaisir au MR, ça.
-GV : Non, je pense que c’est quand même différent de ce qui s’est passé les dernières années, où chaque fois on avait le couple Merkel-Sarkozy. Ceci dit, naturellement, il y a un problème français aussi qui subsiste, c’est-à-dire : est-ce que les Français veulent vraiment créer cette union politique ? Parce qu’il est de tradition que les Français sont très réticents. Néanmoins, on sait qu’il faut le faire, que c’est une nécessité de faire cette union politique, autrement ce ne sera jamais possible de convaincre les Allemands de faire cette mutualisation de la dette et de sauver l’Europe.
-BH : Merci Guy Verhofstadt ! Merci Pierre Defraigne !




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de Elise Lemaire Hé hééééééé.... il serait bien de ramener les choses à un degré acceptable pour la POPULATION EUROPEENNE, y compris la Grèce ou l'Espagne ou cette connerie d'Italie. Moins de représentants de pays en Europe, et surtout MOINS PAYES ! Pour mieux rssentir le ressentit de leur population HARO sur les styles "philp morris" qui recouvrent "Kraft General food " et autres CONNERIES voulant nous faire croire que leur "fromage" en recèle une moindre parcèle ! Mais aussi HARO sur Danone, et son Bi-fidus soit disant actif... pas plus qu'un vrai Yaourt comme avant : bien "sûr" (rire !). Déjà, on fonctionnerait en "bio", intra-Muros Europe, Ce Serait Plus que Bien. Mais bon, Fautt pas trop en demander à nos "droitistes" aussi !!!!!
29-06-2012 00:33 |
de Lysalore A Electron Libre : non pas un européiisme berné : une Europe qui a fait comme l'Amérique du Nord : FRIC FRIC FRIC FRIC !!!!!!!! et qui continue à le faire tant qu'elle fait attention aux autres "Moodies et Cie" ... qui sont américaines, je le signale. Et si on continue à croire à cela, on n'est pas près A DOMPTER NOS BANQUES. Je pense que c'est la plus GRANDE ESCROQUERIE DU SIECLE !!!!!!! Mondialement, les Banques des pays dits "forts" ont merdé. GRANDE RECESSION. Pour sauver tout cela contre la Chine et la Russie, ce sont des BANQUES ELLE-MEMES, celles-là qui ont plongés les USA dans la récession qui nous a coulé, LES-MEMes qui s'arrogent le droit de juger.
29-06-2012 00:09 |
de elise.lemaire@base.be Après un geste d'appaisement fait par François Mitterand, SOCIALISTE, cette nouvelle "montée en puissance" Droite Pure de la Grosse Merkhel est TRES malvenue ! : Sans l'aide de l'Europe, son pays serait encore parcelé !!!!! Elle l'oublie.
28-06-2012 23:29 |
de elise.lemaire@base.be En EUROPE, pour moi dont le premier mari de ma mère, le père de mes deux soeurs, est MORT EN STALAG, DU TYPHYS, EN ALLEMAGNE... J'apprécie très mal les propos de la "Grosse Berta".
28-06-2012 23:22 |
de elise.lemaire@base.be Je suis d'accord avec Anonymous : les Allemands ne se sont pas "serré la ceinture pour se réunir". Il l'ont fait, bien avant cette crise dont je soupçonne qu'ils aient aidé pour à nouveau - pour certain(e) AFFIRMER "la Supériorité Allemande : à tel point que Merkhel, la Grosse Berta pour quiconque se souvient de 40-45, s'est trahie en disant "moi vivante : jamais...." sig heil ?,
28-06-2012 23:17 |