Présent lors de ce débat, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a réaffirmé ses positions exprimées au cours de la semaine dernière, à savoir que l’intégration est bel et bien un "échec à certains endroits". Des propos appuyés et complétés par Charles Michel, le président du MR, ce dimanche dans L'indiscret.
Face à ce constat, "les solutions pour moi sont très claires", avance le vice-Premier ministre. "Cela fait une dizaine d’années que nous mettons sur la table, l’idée d’un parcours d’intégration. Quand on vient dans un pays, on apprend la langue, on essaie aussi de se former aux règles et aux coutumes de ce pays et on essaie de participer à un parcours d’insertion professionnelle", estime-t-il.
Un point de vue que fait sien le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt. "Il n’y a pas en Belgique jusqu’à présent et en Communauté française de vraie politique d’intégration", insiste ce dernier.
Une vision des choses de laquelle se distancie la ministre de la Jeunesse de la Communauté française. "Bien sûr qu’il y a certaines politiques d’intégration qui n’ont pas réussi", reconnaît Evelyne Huytebroeck (Ecolo), indiquant du même coup qu’il y a bel et bien des politiques d’intégration contrairement à ce qu’avançaient ses contradicteurs (puisque pour que certaines échouent, il faut bien qu'il y en aient). Des échecs qui concernent donc "les ‘politiques’ d’intégration et non pas ‘L’intégration’" elle-même, précise encore la ministre pour mieux se distancier des propos de Didier Reynders et Bernard Clerfayt.
Le coaching des jeunes par leurs aînés érigé en solution
Pour certains académiques, le débat est biaisé dès le départ car le terme même "intégration" pose problème. C’est notamment l’avis de Marco Martiniello. Pour ce dernier, "les problèmes viennent aussi en partie du terme intégration qui a été tellement galvaudé au cours des dernières décennies qu’il ne veut plus rien dire". "Pour ma part, je préfère parler de participation à la vie économique, à la vie sociale, à la vie culturelle et à la vie politique", précise celui qui est directeur du Centre d’études de l’ethnicité et des migrations de l’Université de Liège.
Et à propos de participation, l'accompagnement par des aînés -étrangers ou d'origine étrangère- qui ont réussi professionnellement, est notamment cité parmi les solutions à développer. "On a besoin d’accentuer ces mesures d’accompagnement et de coaching des jeunes, parce que c’est la seule façon d’avoir une politique inclusive qui fera de ces jeunes des citoyens actifs, des citoyens qui travaillent pour leur pays, qui sont productifs et qui ne sont pas perçus comme des boulets par leur société", plaide Taoufik Amzile, le porte-parole de l'association belge des professionnels musulmans.
Les solutions pour assurer le fonctionnement harmonieux d'une société toujours plus multicuturelle sont donc nombreuses. Reste à trouver les compromis "à la belge" pour concrétiser cette ambition.
Julien Vlassenbroek avec Kamel Azzouz




![[x]](http://www.static.rtbf.be/rtbf/www/images/common/old_browser/close.png)




Faire un commentaire
sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.