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Le tour d'Europe

MATIN PREMIERE | jeudi 14 juin 2012 à 6h06

  • De Nicolas Vandenschrick.

    On commence avec cet appel pour l'arrêt des massacres en Syrie.

    Appel de l'ancien ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, et d'un professeur de Droit international Mario Bettati. Pour arrêter les massacres, il faut saisir la Cour Pénale Internationale. Il ne suffit pas de s'indigner devant les images de ces horreurs syriennes en tentant d'oublier que nous avons été complices de ces dictatures. Il faut que la société civile impose des démarches pour faire appliquer ce droit d'ingérence. Texte intégral et bien argumenté à lire dans le Monde.

    Ceci dit, Nicolas, bien loin de cet appel, ce qui fait la Une de cette presse française, cela reste l'affaire du tweet de la compagne de François Hollande qui continue de faire couler de l'encre, beaucoup d'encre.

    A commencer par l'encre des titres. "TrierWeiller contre Royal, Troubles au sommet de l'Etat", lance Le Figaro. Premier accroc dans la présidence, normal enchaîne le Monde qui s'interroge, Madame Trierweiller peut-elle jouer un rôle politique? Libération, lui choisit d'aller voir celle qu'un sondage donne désormais perdante dans sa circonscription de La Rochelle, Ségolène Royal qui se bat et qui le dit "Je ne m'avoue jamais vaincue".

    Il y a de quoi s'interroger évidemment sur l'évènement. Certains - parmi les soutiens de Royal n'y voient qu'un fait-divers hors du commun. D'autres, et l'on en revient au Monde, y voit une authentique erreur politique. Dont la première victime en est l'image du président. Le Monde qui décrypte encore, analyse et livre son verdict. Ségolène Royal Et Valérie Trierweiller ont bel et bien quelques choses en commun. Ce sont les femmes du président; bien sûr, mais il y a plus. Beautés classiques, racines provinciales, caractère autoritaire et surtout, une rivalité qui les opposent. Pour s'en persuader le Monde compare deux clichés. Lors du triomphe Place de la Bastille, le président salue la foule. Applaudi en compagnie des figures socialistes puis quitte sa place pour aller embrasser affectueusement Ségolène Royal sur les deux joues. Lorsqu'il revient auprès de sa compagne elle lui glisse : Embrasse moi sur la bouche. Et elle ajoutera dans les colonnes du Times : Il n'y a plus d'histoire sentimentale entre eux depuis 7 ans. Faites le calcul, 2005, c'était 2 ans avant la séparation officielle du couple Hollande Royal.

    Dans ce cortège de réaction, il faut vraiment tendre l'oreille pour entendre le Maire de Paris chuchoter au Figaro. Je n'aime pas les emballements médiatiques. Je n'aime pas quand la politique devient un spectacle. Malheureusement pour Bertrand Delanoë c'est déjà un peu tard.

    Allez un portrait dans ce tour d'Europe. Celui d'Alexis Tsipras, le leader grec de la Gauche radicale.

    En photo, Alexis Tsipras, c'est d'abord une gueule, un visage d'éternel jeune homme qu'on croisait volontiers sur une Vespa et sans casque. En Grèce, ensuite c'est le plus jeune dirigeant de parti dans un pays souvent gérontocratique. En pratique, c'est une maîtrise de soi, un self control constant. Jamais il ne s'énerve écrit Libé, même lorsque les journalistes le bousculent ou l'interrompent. Un talent oratoire aussi qui s'exprime sans note et qui ironise avec aisance.

    Surtout Alexis Tsipras, ce Grec moderne cristallise toute l'élection. Depuis quelques semaines, à Athènes, on ne peut être que tsiprophile ou tsiprophobe. Sa faiblesse concède le quotidien, c'est sa faible carrure internationale Et ce ne sont pas les 48 heures passées à Paris ou à Berlin fin mai qui lui ont permis d'y remédier. Heureusement pour lui, les Grecs ont toujours préféré les leaders qui leur ressemblent à ceux qui ont acquis du prestige à l'extérieur.

    Alors la question est posée. Alexis Tsipras deviendra-t-il dimanche le Premier Ministre grec? Avec son parti Syriza, il rêve en tout cas que la Grèce devienne le premier pays d'Europe à élire un vrai parti de travailleur.

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