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Le tour d'Europe

MATIN PREMIERE | vendredi 8 juin 2012 à 6h03

  • De François Kirsch.

    D'une manière ou d'une autre, un referendum sur l'Europe, en Grande-Bretagne, semble inévitable.

    C'est l'avis exprimé par l'éditorialiste du Times, qui plaide un peu pour sa chapelle au passage, le Times appartenant à l'empire médiatique de Rupert Murdoch dont on connait l'euroscpeticisme consommé. Il n'empêche, pour la première fois, un membre éminent du gouvernement Cameron, le ministre des Finances en l'occurence, le chancelier de l'échiquier, s'est prononcé pour un referendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne. George Osbourne estime que la plan pour sortir de la crise de la zone euro impliquera vraisemblablement un renforcement du pouvoir de Bruxelles sur Westminster. En toute logique, le peuple britannique devrait pouvoir se prononcer. Disant cela, George Osbourne risque de provoquer des tensions majeures avec les partenaires du gouvernement, les libéraux pro-européens. Mais le Premier ministre David Cameron n'a pas dit autre chose, quoique plus vaguement, à Berlin : il faudra un referendum si on change les règles du jeu. Pour le Times, la question n'est donc plus aujourd'hui : y aura-til un referendum, mais quand aura-t-il lieu.

    Il est vrai que la crise de l'euro pourrait amener une avancée majeure dans l'intégration européenne.

    On parle beaucoup d'union bancaire, d'union budgétaire ses derniers jours. Hier, la chancelière allemande Angela Merkel est allée jusqu'à plaider pour une Europe politique, avec le noyau dur des états membres qui accepterait d'abandonner leur souveraineté. Mais c'est un horizon que Berlin interroge ainsi, alors que des actions immédiates sont nécessaires. Les Etats-Unis l'ont encore répété, hier, en la personne du gouverneur de la réserve fédérale. En Une du Corriere della Sera. L'économie américaine est encore en croissance, a dit Ben Bernanke, mais pas assez, principalement à cause de la crise européenne qui pénalise les exportations américaines, entame la confiance des entreprises et des consommateurs et inquiète les marchés. Les Etats-Unis n'hésiteront pas, lorsqu'il s'agira de protéger leur économie de l'autre rive de l'Atlantique.

    El Pais s'alarme que l'Europe soit en panne d'idée. Aujourd'hui, l'Europe peut tout aussi bien être au bord de la désintégration comme elle peut être au commencement d'une vrai union politique. Mais les idées qui vont gouverner l'une ou l'autre de ces hypothèses ne sont pas encore sur la table. Alors que jusqu'à présent, les Européens ont toujours aimé un peu se voir comme les Grecs du monde antique : intelligents, cultivés et raffinés, quoique sans réel pouvoir. Tandis que les Etats-Unis sont les Romains, de bonnes gens très puissants mais un peu rustres. Alors, si les Européens n'ont plus d'idées, que leur reste-t-il?.

    Dans la presse hexagonale, c'est le couple franco-allemand qui inquiète.

    Le Monde titre que Berlin douche les espoirs de M. Hollande. Le quotidien a eu connaissance d'un document du ministère allemand de l'Economie. Et il répond par la négative à la principale demande française : à savoir inscrire la croissance parmi les priorités pour sortir de la crise. Le terme y figure bien, mais, pour l'Allemagne, la croissance s'obtient par la diminution de l'endettement public et la libéralisation de certains marchés d'infrastructures. Un camouflet pour la gauche française. La défiance s'installe entre Merkel et Hollande, en Une du Figaro. La chancelière allemande, que l'on disait à l'Elysée "isolée", n'a pas attendu les législatives pour remettre à sa place son nouvel interlocuteur. Lasse de recevoir des leçons sur la manière de relancer la croissance en Europe, elle pose ses conditions : pas d'euro-obligations, pas d'union bancaire, sans union politique. Cela veut dire que la fixation de l'âge de la retraite par exemple ou la surveillance des banques, pourrait devenir un jour une prérogative européenne. La France est-elle prête à sauter le pas? La question vaut tout autant pour la Belgique.

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