Et ce premier constat : Bruxelles fait la Une de la presse.
Oui Georges mais pas le Bruxelles des Belges, pas la Capitale de la Belgique. Non, c'est bien le Bruxelles des Européen. Ce "Bruxelles" que la presse utilise pour évoquer la Commission Européenne, car ce matin, c'est bien cela qui fait la Une, les fameuses recommandations adressées à chaque Etat.
Côté espagnol, d'abord, El Pais explique "Bruxelles tempère quelque peu..." Mais en dépit du soutien de la Commission, le quotidien le constate, les marchés restent sous pression. Bruxelles, encore, pour la Une du Volkskrant qui explique : Selon la Commission, ce n'est que la première vague. Comprenez qu'une deuxième salve de réformes devra suivre.
En France, encore, on commente. Voici, explique le Monde, les leçons de rigueur de Bruxelles à la France. C'est une feuille de route chargée que le gouvernement français a reçue.
Vision un peu plus globale pour le Frankfurter Allgemein qui constate : José Manuel Barroso veut désormais superviser de façon plus active les politiques économiques des Etats éuropéens.
On reste en Europe avec ce supplément commun à plusieurs journaux ce matin. "Avoir 20 ou 30 ans, aujourd'hui, en Europe, qu'est ce que cela signifie? "
Tous ensemble El Pais, le Guardian, la Gazeta, la Stampa, le Sud-Deutsche Zeitung et le Monde se penchent sur cette Génération Europe. Génération E, qui a entre 20 et 30 ans. Car 20 ans, aujourd'hui, en Europe, c'est n'avoir jamais connu la Guerre froide, être aussi vieux que le Traité de Maastricht. Avoir 30 ans, c'est être né au sein d'un monde où l'Europe était déjà une réalité et plus un projet. Réalité des 10, à l'époque pour la CEE, mais réalité tout de même.
Cette Génération E, pour euro, c'est aussi celle qui se sent eurosceptique, en Italie. Le mouvement 5 étoiles - fondé par un humoriste italien - gagne des voix dans la Botte. Et une belle victoire récemment à Parme. Il prône la sortie de l'Euro et le retour à la Lire. En Allemagne aussi, lit-on, un parti prône la sortie de l'Euro. La monnaie unique serait une erreur pour un Allemand sur deux. Pas de statistique pour les Français, mais ce constat : Les moins de 35 ans s'en méfient de cette monnaie. Pourtant, la plupart d'entr'eux n'ont connu que cela. Un institut de sondage analyse : Pour la génération de 20-trentenaire, la prospérité n'est pas au rendez-vous. Une partie de la jeunesse adhère à la monnaie unique, la partie qui a des diplômes et qui voyage. Mais le reste des jeunes en font le symbole de la mondialisation et de la crise qui les touchent de plien fouet.
Il y a aussi l'Europe de l'éducation, la génération Erasmus dont on découvre en quelques lignes le bonheur d'avoir élargi son CV au sein d'une fac étrangère. Et le bonheur aussi, parfois d'avoir rencontré l'âme soeur - irlandaise - en science po à Strasbourg, l'amour - espagnol, à Katowice en Pologne ou italien à Coimbra. L'Europe surtout de l'emploi, qui peine tellement à décoller.
Pas d'image mais une lettre, ce matin, celle qu'un écrivain Camille de Tolledo envoit à la prochaine génération européenne. Celle du XXIème siècle.
"Charbon et Acier, CEE puis UE, critère de convergence. L'Europe dans son Union n'est que matière et certificat. Marché et acronyme. Enfant du XXIème, vous qui aurez à écrire ce siècle. Et si pour éviter un repli sur soi, repli fatal. Et si le destin de l'Europe passait par une poétique commune. Construisons des solidarités entre les langues."




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