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La Wallonie condamnée? "On n'a pas un chromosome de moins qu'en Flandre"

MISE AU POINT | Mis à jour le dimanche 1 avril 2012 à 15h52

  • Amélioration de la formation, mise en valeur des richesses, confiance en soi et motivation, simplification administrative... Ce dimanche midi, les invités de Mise au Point se sont penchés sur la situation économique wallonne et ont dressé la liste des remèdes à appliquer. D'urgence.

    La Wallonie est-elle malade ? Ou se trouve-t-elle, enfin, sur le chemin de la guérison ? Cette semaine, la majorité des responsables politiques semblaient optimistes. Mais ce dimanche midi, sur le plateau de Mise au Point, les responsables et acteurs de terrain avaient un avis quelque peu différent.

    "On dit que tout va bien mais on oublie la réalité", lance Corine Barella, chômeuse depuis maintenant trois ans. "Ils vivent sur leur planète. Dans la mienne, ça ne va pas mieux." "Il y a un certain dynamisme mais le problème, c’est que ce dynamisme est beaucoup trop discret", réagit l’un des grands patrons wallons, Eric Mestdagh, "il y a un manque de confiance dans l’avenir".

    Entre le Portugal et la Grèce

    Si les chiffres et classements peuvent parfois diverger, une seule certitude : la Wallonie se porte moins bien que sa voisine flamande. Faisant référence à une récente étude, Pierre Pestieau, économiste à l’ULg, indique que "la Wallonie se trouve entre le Portugal et la Grèce". Plusieurs leaders politiques estiment pourtant que le déclin est enrayé. Mais l’universitaire est plus inquiet: "Dans dix ans, le pouvoir d’achat des Wallons va diminuer d’un certain pourcentage, on peut l’estimer à 5% ou 6%, du fait de l’arrêt des transferts Nord-Sud", précise-t-il. "Sauf si on se redresse, si on se secoue…"

    Mais à quoi tiendra ce redressement ? Quelles sont les solutions ? "Il faut rappeler que si on veut vivre mieux et être plus riche, il faut travailler plus, par semaine, plus d’heures et plus longtemps", avance Laurent Minguet, chef d’entreprise, rappelant les performances des pays scandinaves.

    Mieux informer des possibilités d'emploi

    Selon certains clichés, parfois tenaces, le Wallon serait fainéant, assisté. Une image que rejette le syndicaliste Thierry Bodson, qui rappelle que de nombreuses initiatives ont récemment été prises au sud du pays, que des investisseurs étrangers ont décidé de s’installer en Wallonie... "Il y a peut-être néanmoins quelques initiatives à prendre aujourd’hui, comme par exemple le fait d’aller vers les jeunes qui suivent un enseignement, les jeunes qui ont 16, 17 ou 18 ans, et leur expliquer quel est le redressement possible de la Wallonie, quels sont les métiers d’avenir, quels sont les métiers où ils ont la possibilité de trouver un boulot et quels sont les endroits où il y a la possibilité d’entreprendre", souhaite Thierry Bodson.

    "On a un potentiel, on n’a pas un chromosome de moins que le Flamand ou le Danois ou d’autres en Europe", embraie Vincent Reuter, patron des patrons wallons. "Mais je crois qu’on ne le veut pas à toute force. Le problème, c’est la motivation."

    Améliorer la formation des jeunes

    Malgré de récents chiffres plutôt positifs, l’un des principaux points noirs en Wallonie reste le chômage, en particulier chez les jeunes. Pourtant, de nombreux chefs d’entreprises, notamment ceux invités ce dimanche par la RTBF, disent avoir des postes à pourvoir mais qui malheureusement restent vacants.

    "La Wallonie, contrairement à la Flandre, a deux atouts pour attirer les investisseurs : elle a des terrains et elle a une réserve de main-d’œuvre de 240 000 individus. Le problème, c’est que cette réserve de main-d’œuvre n’est pas prête à entrer sur le marché de l’emploi directement", résume Marie-Kristine Vanbockestale, administratrice générale du FOREM. Et de souligner que selon elle, les jeunes qui débarquent dans la vie active manquent de compétences générales, comme "pouvoir calculer, comprendre des messages simples", et affichent "des comportements qui ne les rendent pas prêts à entrer sur le marché de l’emploi" (ponctualité, compréhension des instructions, travail en équipe, …).

    Mettre en valeur l'enseignement technique

    Plusieurs invités embraient et soulignent que  c’est tout le système scolaire qui doit être revu. "Des maçons, des électriciens, des plombiers, des couvreurs, (…) la Wallonie a besoin de techniciens", affirme Laurent Minguet. "On en trouve mais pas assez. (…) Il faut arrêter de dire qu’avec un bon diplôme universitaire tout va bien se passer. On a besoin de techniciens, de plus d’ouvriers. C’est la main sale de l’ouvrier qui ouvre les portes de la prospérité."

    Vincent Reuter estime également que la question de l’enseignement pose problème. Selon lui, l’enseignement technique n’est pas assez mis en valeur. "C’est une des raisons des pénuries auxquelles on doit faire face", glisse l’administrateur délégué de l’UWE.

    Eviter gaspillages et doublons

    Pour Thierry Bodson, ces lacunes ne pourront être corrigées que par une régionalisation de l’enseignement, du moins pour les filières technique et professionnelle. "Car aujourd’hui, on a des décisions qui vont être prises au niveau de la Région wallonne, un futur Plan Marshall, des transferts de compétences, au niveau de l’emploi, …, et à côté de ça, on a la Fédération Wallonie-Bruxelles qui s’occupe de l’enseignement. Il n’y a strictement aucun  pont entre les deux."

    La multiplication des acteurs et intervenants côté wallon est elle aussi fréquemment pointée du doigt. Pour le professeur Pierre Pestieau, il n’y a dès lors qu’une solution : simplifier. "Il faudrait un signal de la part des gouvernants", affirme-t-il. "Si on veut dégager des ressources, il faut lutter contre les gaspillages, les dysfonctionnements, les doublons."

    Entreprendre? "Un parcours du combattant"

    D’aucuns estiment que les Wallons sont trop frileux lorsqu’il s’agit d’entreprendre, d’oser. Pour Eric Despontin, cette idée est fausse. Actuellement chômeur, ce Wallon cherche à monter sa propre entreprise. Selon lui, si les aides existent, elles sont difficiles à "ramasser".

    "Il faut réunir différentes conditions pour obtenir les montants", témoigne Eric Despontin, qui souligne qu’il n’existe pas vraiment d’incitant à l’entreprise. "Il faut se battre. (…) On encourage mal ceux qui veulent se lancer", souffle-t-il en évoquant "un parcours du combattant".

    PIAB

     

    Olivier Maroy et Thomas Gadisseux recevaient ce dimanche midi : Eric Mestdagh, chef d'entreprise et manager de l'année 2011 ; Laurent Minguet, chef d'entreprise ; Marie-Kristine Vanbockestal, administratrice générale du FOREM ; Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne ; Vincent Reuter, administrateur délégué de l'Union Wallonne des Entreprises ; Corine Barella, chômeuse ; Eric Despontin, chômeur et futur chef d'entreprise ; Pierre Pestieau, professeur d'économie à l'ULg.

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    Mise au point du 1er avril 2012

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      Séquence introduction Mise au Point 01 avril

      Séquence de Kevin Dero et Bruno Duvillier pour "Mise au Point" du 01 avril. Cette semaine, Carsid a fermé définitivement ces portes à Charleroi. La Wallonie peut-elle se relever?

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      Résumé de Mise au point

  • Dessin paru dans l'émission Mise au Point du 01/04/2012.
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    Dessin paru dans l'émission Mise au Point du 01/04/2012.

    Kroll / RTBF
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    • Dessin paru dans l'émission Mise au Point du 01/04/2012.

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    • Dessin paru dans l'émission Mise au Point du 01/04/2012.

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    • Dessin paru dans l'émission Mise au Point du 01/04/2012.

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    • Dessin paru dans l'émission Mise au Point du 01/04/2012.

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    • Dessin paru dans l'émission Mise au Point du 01/04/2012.

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    • Dessin paru dans l'émission Mise au Point du 01/04/2012.

      Dessin paru dans l'émission Mise au Point du 01/04/2012.

    • Dessin paru dans l'émission Mise au Point du 01/04/2012.

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