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La revue de la presse belge

MATIN PREMIERE | mercredi 1 août 2012 à 5h00

  • François Kirsch vous présente le menu de vos quotidiens belges.

    Tous vos quotidiens commentent ce matin la décision du tribunal d'application des peines de Mons

    Michèle Martin peut être libérée, sous condition. La Dernière Heure titre en grosses lettres rouges : la libération de la honte. Pour la DH, un monstre sera bientôt en liberté. La Libre Belgique précise, en Une, Martin n'est pas encore à Malonne. L'ex-femme et complice de Marc Dutroux est libérable, pas encore libérée. Le parquet général s'est pourvu en cassation. Un pourvoi suspensif. La cour de cassation se prononcera dans le mois. Mais la probabilité de cassation est relativement mince. La Libre qui appelle à dépasser sa répulsion. Personne ne pourra jamais oublier que Michèle Martin a laissé mourir sans soins des fillettes innocentes. Une partie de l'opinion s'indigne qu'on puisse laisser sortir celle qu'elle considère comme l'incarnation du mal absolu. Mais souvenons-nous, poursuit la Libre, que la libération conditionnelle répond, légitimement, au souci de la société de ne priver personne, même le criminel le plus odieux, de tout espoir de sortir un jour de son enfermement. En contester le principe en fonction de la personnalité qui le sollicite serait déraisonnable. Le Morgen, qui avait devancé la décision du tribunal, hier, ne disait pas autre chose. Si Michèle Martin est libérée, ce n'est pas une faveur que la société lui fait, c'est un droit. Si elle devait rester en prison, ce serait l'exception, pas la règle. Et cette excpetion ne serait justifiée que par la dimension hautement symbolique de son dossier. Mais cela, ce serait un raison subjective, et non pas équitable.

    Pour le Laatste Nieuws, la décision du tribunal d'application des peines est correcte sur le plan juridique.

    Et pourtant elle est injuste. 16 ans de prison pour Michèle Martin, c'est scandaleusement peu. Et cette injustice, on en trouve la source dès le début, lorsque Michèle Martin n'est pas poursuivie en tant que co-auteur de meurtre, lorsqu'elle n'est pas non plus considérée comme récidiviste à Arlon en 2004. La faute aussi à une loi qui devrait être, se réjouit le quotidien, enfin durcie, sur l'application des peines de prisons les plus lourdes. C'est dans l'accord de gouvernement et la Gazet van Antwerpen ne s'étonne même plus des réactions du politique qui tout d'un coup se rappellent leur devoir. Il aura fallu attendre l'affaire Martin pour qu'ils se souviennent que cette disposition doit être votée au parlement. C'est ce que la quotidien appelle la politique du retour de flamme, si typique de la rue de la Loi. Derniers exemples en date, la révision de la loi sur les armes après la tuerie de Liège ou l'aggravation des peines maximales pour les crimes homophobes après l'assassinat d'Ihsane Jarfi.

    En Une du Standaard, la lettre que Soeur Christine a adressé à la presse.

    L'abbesse des Clarisses de Malonne explique leur décision d'accueillir Michèle Martin. Elle écrit notamment ceci : "Nous avons la profonde conviction qu'enfermer définitivement le déviant dans son passé délictueux et l'acculer à la désespérance ne serait utile à personne et serait au contraire une marche en arrière pour notre société. Michèle Martin est un être humain capable, comme nous tous, du pire comme du meilleur". L'éditorialiste du Standaard, dit éprouver deux sentiments à la fois. Une profonde horreur devant les crimes de Michèle Martin. Et un immense respect pour les soeurs Clarisse. Ces soeurs, et leur ordre, qui intéressent évidemment tous les quotidiens. En Une, Sudpresse les a même rebaptisées, avec une ironie presque hostile, "les nouvelles amies de Michèle Martin". La rédaction de Sudpresse livre son opinion : la justice belge a décidé de libérer la femme la plus détestée du pays. Ce mauvais coup, perpétré avec la complicité de l'Eglise Catholique, choque les citoyens. Pour Sudpresse, il n'existe ni pardon, ni réinsertion possible pour les sadiques qui gardent sur les mains le sang de gamines suppliciées.

    L'éditorialiste de l'avenir écrit que morale et justice ne sont pas toujours conciliables. Et cependant, qu'est-ce qui serait le plus préjudiciable pour la morale ? Que Michèle Martin soit libérée ou que la justice tombe dans l'arbitraire et le deux poids, deux mesures? A leur façon, poursuit-il, les Clarisses de Malonne n'ont pas voulu trancher. Elles ont choisi une autre voie, celle qui s'appelle charité, en référence à leur tradition monacale et leurs convictions évangéliques.

    Le Soir écrit que la libération de Michèle Martin résulte d'une application pure du Droit et démontre que la justice fonctionne en pleine indépendance de l'opinion publique et du sentiment du moment. Il faut s'en remettre aux magistrats professionnels qui ont estimé que Michèle Martin ne représentait plus de danger pour la société et que son projet de réinsertion était crédible. Mais c'est justement là que la bât blesse, pour le Soir. Une incrédulité totale surgit sur le lieu de réinsertion choisi. Enfin, choisi, pas vraiment, c'était le seul à bien vouloir l'accueillir. Seulement, qu'un couvent, coupé du monde et géré par des femmes retirées volontairement de la vie réelle, soit érigé en lieu de résinsertion, cela laisse pantois. Le quotidien peut entendre que Michèle Martin ait été libérée trop tôt, voire qu'elle n'aurait jamais dû sortir de prison. Mais alors, c'est la loi qui doit être modifiée, il faut une justice civilisée, il faut éviter le lynchage.

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    Derniers commentaires

    • de Michel THYS La magistrature est par définition obligée d'appliquer les lois, aussi mal adaptées soient-elles aux cas individuels ... Mais les soeurs Clarisses se sont volontairement mises en danger et elles doivent donc en supporter les conséquences. Un monastère n'a pas un statut d'ambassade. C'est dès lors à elles, et à leurs frais, qu'incombe leur protection PREVENTIVE, par une société de gardiennage. Pas à la Police communale ou fédérale. Ce n'est qu'en cas de "débordements" tombant sous le coup de la loi que les forces de l'ordre doivent intervenir, aux frais des contribuables.

      24-08-2012 14:05 | Répondre

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  • Revue de la presse belge 1/8/12
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    • de Michel THYS La magistrature est par définition obligée d'appliquer les lois, aussi mal adaptées soient-elles aux cas individuels ... Mais les soeurs Clarisses se sont volontairement mises en danger et elles doivent donc en supporter les conséquences. Un monastère n'a pas un statut d'ambassade. C'est dès lors à elles, et à leurs frais, qu'incombe leur protection PREVENTIVE, par une société de gardiennage. Pas à la Police communale ou fédérale. Ce n'est qu'en cas de "débordements" tombant sous le coup de la loi que les forces de l'ordre doivent intervenir, aux frais des contribuables.

      24-08-2012 14:05 | Répondre

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