L'EDITORIAL INTERNATIONAL REVIENT CE MATIN SUR CE GRAVE INCIDENT QUI A OPPOSE VENDREDI L'AVIATION MILITAIRE TURQUE A LA DEFENSE AERIENNE DE LA SYRIE.
Cet incident aérien qui a opposé la Turquie et la Syrie s'inscrit dans le contexte d'une irrésistible dégradation des relations entre deux pays voisins, qui entretenaient de bons contacts ces dernières années. Cette bonne entente entre les régimes turcs et syriens a tourné quand Ankara a commencé à s'inquiéter des conséquences de la répression - au-delà de toute imagination - qui frappe la population syrienne.
Cette interrogation s'est accrue quand des vagues de réfugiés ont fuit la Syrie par le nord, cherchant un accueil provisoire en Turquie. On parle ici de centaine de milliers de réfugiés, passés devant des garde-frontières turcs qui ne se sont pas montrés trop pointilleux.
Et ainsi, petit-à-petit, le ton est monté, alors qu'éclataient des incidents frontaliers...
Puis on en est passé au régime des mises en garde et des menaces, accompagné certes parfois de proposition d'apaisement, comme celle d'imposer des couloirs humanitaires côté syrien.
Sensiblement la cote d'alerte a grimpé... et - sans que l'on sache où cela s'arrêtera - elle a débouché sur l'incident armé de vendredi dernier, quand un avion de combat turc a été abattu par la défense anti-aérienne syrienne.
Sur l'incident lui-même - qui a fait deux victimes - prévaut toujours une forte discrétion, à commencer par la question de savoir quelle mission remplissait l'appareil turc (que l'on dit désarmé) et où a-t-il été abattu? Interrogé sur ces élements hier au siège de l'Otan, son secrétaire général a simplement refusé de répondre. D'où ces rumeurs qui circulent affirmant que l'avion turc avait franchi l'espace aérien syrien pour tester les systèmes de défense de Damas... au cas où cela devrait servir ultérieurement!
A LA DEMANDE DE LEUR PARTENAIRE TURC, L'OTAN A FAIT HIER LE POINT SUR LA QUESTION. L'OCCASION POUR LES OCCIDENTAUX D'APPORTER LEUR TOTAL SOUTIEN A ANKARA.
"La sécurité de l'Alliance est indivisible (et animée) d'un fort esprit de solidarité". C'est la dernière phrase du communiqué présenté hier par le patron des 28. Le Danois Rasmussen a exprimé le soutien unanime et ferme des 27 à la Turquie, affirmant que l'Alliance ne perdait pas de vue l'évolution de la sécurité au sud-est de sa zone.
Une déclaration néanmoins prudente, brève, aux termes mesurés, et de nature a rassurer cette fois un allié turc qui a parfois été plus malmené par ses partenaires. Mais dont on se rappelle en l'occurence qu'il est aux premières lignes face à un voisin prêt à tout, et qui dispose encore d'une carte inemployée jusqu'à présent: celle de l'extension d'une guerre civile hors des frontières de la Syrie!




![[x]](http://www.static.rtbf.be/rtbf/www/images/common/old_browser/close.png)




Faire un commentaire
sans quoi, nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.