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Karin Lalieux est l'invitée de Matin Première

MATIN PREMIERE | mardi 18 décembre 2012 à 5h17

  • Karine Lalieux, députée PS, à propos de l'arrivée en Belgique de Gérard Depardieu.

    Bertrand Henne reçoit ce matin la députée PS Karin Lalieux, à propos de l'arrivée en Belgique de l'acteur français Gérard Depardieu. Interview à 7h45.


    Retranscription de l'entretien:

    Georges Lauwerijs                           Notre invitée ce matin, Karine Lalieux, membre de la Commission des Naturalisations, bonjour, Karine Lalieux.

    KL     : - Bonjour.

    GL    : - On va parler entre autre d'une possible demande de naturalisation de Gérard Depardieu, on dit bien "possible" parce que ce n'est pas encore fait.

    L'invitée du 7-9

    GL    : - Et notre invitée, c'est la Députée PS Karine Lalieux, entre autres choses, membre de la Commission des Naturalisations, Commission qui aura à se pencher peut-être sur le cas Depardieu, s'il demande la nationalité belge, Bertrand Henne.

    BH    : - Bonjour, Karine Lalieux.

    KL     : - Bonjour.

    BH    : - Est-ce que la Belgique doit accueillir Gérard Depardieu, les bras ouverts ?

    KL     : - En tout cas, la Belgique est une terre accueillante, est une terre tolérante, on aime bien la Belgique, on aime bien les Belges et je m'en réjouis parce que j'aime aussi mon pays. Alors c'est vrai qu'on a une procédure, une procédure de naturalisation en Belgique, qui va changer au 1er janvier 2013 et dans cette procédure, il y a une procédure exceptionnelle pour des cas exceptionnels, des mérites exceptionnels en matière sportive, culturelle. Il est clair que Gérard Depardieu qui est un artiste de talent, pourrait rentrer dans le cadre de cette procédure. Mais je le rappelle, comme on vient de le rappeler d'ailleurs, que Gérard Depardieu n'a pas déposé de naturalisation aujourd'hui.

    BH    : - Pas encore, peut-être, il va le faire, on verra évidemment si c'est plus qu'un coup de gueule, le fait de rendre son passeport français. Je répète la question, à bras ouverts, on accueille Gérard Depardieu ou on peut se poser des questions sur les motifs de sa naturalisation ?

    KL     : - Il faut évidemment se poser des questions, parce que être Belge, n'est pas une nationalité à rabais; on n'est pas en Belgique pour éviter quelque chose dans un autre pays. Et bon, moi, j'ai entendu hier Gérard Depardieu, j'ai plutôt lu dans le Journal du Dimanche, effectivement, il ne parlait que d'argent, il ne parlait pas de culture belge ou d'amour pour la Belgique, il parlait plutôt d'évasion fiscale, d'impôts trop élevés en France. Et pour moi, ce qui est insupportable, je suis Socialiste, c'est l'évasion fiscale. C'est vouloir venir dans un pays pour éviter la solidarité, pour éviter de payer un impôt et je rappelle que l'impôt, c'est juste, c'est une redistribution nécessaire pour la solidarité dans un pays.

    BH    : - Mais en l'occurrence en s'installant à Néchin en Belgique, en prenant un domicile fiscal en Belgique,

    il évite déjà l'impôt sur le revenu dans son pays, finalement, la nationalité, c'est en plus, ça ne va peut-être pas lui apporter grand-chose sur le plan fiscal, donc ce n'est pas nécessairement la raison numéro un ?

    KL     : - Alors je ne connais pas évidemment le portefeuille de Monsieur Depardieu mais il y a évidemment l'impôt sur le revenu et je rappelle qu'en Belgique, nous n'avons pas l'impôt sur la grande fortune, on n'a pas de ISF, pardon, mais par ailleurs, il y a d'autres régimes fiscaux peut-être plus intéressants pour Monsieur Depardieu, je pense aux donations, je pense aux droits de succession, je pense aussi aux plus-values sur des actions qui sont très peu taxées en Belgique. C'est pour ça nous les Socialistes, on revendique depuis longtemps et on essaie d'y arriver au sein d'un Gouvernement qui n'est pas toujours favorable parce que les Libéraux sont loin d'être favorables à ça, d'un rééquilibre entre la fiscalité sur les revenus du travail, qui est trop élevée en Belgique, nous le disons et la fiscalité sur les revenus du capital, qui est bien trop faible en Belgique, nous le disons et nous voulons rééquilibrer ça pour éviter notamment cette évasion fiscale d'ailleurs.

    BH    : - Donc si Gérard Depardieu remet un dossier après le 1er janvier, procédure exceptionnelle, les Socialistes votent contre ?

    KL     : - Alors il faut analyser le dossier, je ne peux pas préjuger d'un dossier que je ne connais pas.

    BH    : - Sur base de motifs exposés jusqu'à maintenant ?

    KL     : - Sur base d'argument, d'arguments qui vont être évoqués, je ne connais pas les arguments évoqués par Monsieur Depardieu, je me souviens juste de Johnny Hallyday qui avait un papa Belge, qui avait évoqué donc ses origines belges, avec raison, mais nous doutions, nous doutions tous dans la Commission de naturalisation, de la sincérité de sa démarche, c'est-à-dire, est-ce qu'il veut venir en Belgique pour réellement être Belge ou pour passer ensuite à Monaco et éviter tout impôt ? Eh bien, nous avons eu raison d'ajourner son dossier puisque, quand Monsieur Sarkozy est devenu Président Français, Johnny Hallyday s'est assis sur son dossier, a dit, écoutez, je ne veux plus devenir Belge, maintenant. Encore une fois, c'est pas très sympathique pour les Belges et pour notre pays, de se dire, on est juste une porte d'entrée pour un régime fiscal particulier.

    BH    : - Alors le PS souhaite avancer sur l'euthanasie des mineurs et les personnes atteintes de déficiences mentales, c'est évidemment un sujet difficile, Karine Lalieux et sensible, pourquoi vouloir légiférer ; la loi actuelle ne suffit pas ?

    BH    : - Alors c'est vrai, c'est très sensible, on est ici, on parle ici de la mort et de la vie des enfants, des mineurs, donc on est au coeur de

    ce qui est le plus difficile pour un parent, pour la société. Mais on est aussi face à la réalité, face à des situations qui existent. Et aujourd'hui en tout cas d'avoir entendu des équipes médicales, il y a parfois l'euthanasie de mineurs mais dans l'insécurité juridique, tant pour la famille, que pour les équipes médicales. Alors c'est vrai que Philippe Mahoux veut ouvrir le débat, il a raison d'ouvrir le débat et il faut lui faire confiance. Il faut un débat ouvert. Il faut entendre tout le monde. Les échos positifs, négatifs, les équipes médicales, les parents qui ont souffert de cette situation, les mineurs et donc il faut avancer. Les débats éthiques sont toujours compliqués mais il faut ne pas se mettre

    la tête dans le sac, les situations existent et demain, il faut voir comment il répond le mieux possible tout en évitant évidemment de choquer parce que c'est la mort, on parle ici de la mort d'enfant.

    BH    : - Bien sûr, alors, ce qui est compliqué, c'est que dans la plupart des cas d'euthanasie, il y a une déclaration préalable, c'est-à-dire que le patient a dit à l'avance à quelles conditions, il souhaitait éventuellement que l'on mette fin à sa vie. Comment on fait avec des enfants et des personnes atteintes de déficience mentale, qui ne sont plus capables de dire cela ou qui ne sont pas capables parce qu'elles sont trop jeunes ?

    KL     : - Ce sera tout le débat, ce sera tout le débat, on ne peut pas décider maintenant comment nous allons faire, est-ce qu'il y a discernement, il n'y a pas discernement, quand il y aura discernement, à quel âge, il peut y avoir discernement ; c'est un débat, le débat sur l'euthanasie a été long mais aboutit à une loi qui est reconnue aujourd'hui par tous. Eh bien demain, s'il faut élargir cette loi, je fais encore une fois confiance aux Sénateurs pour qu'ils travaillent dans la sérénité et qu'ils puissent demain peut-être élargir cette loi dans des conditions très précises.

    BH    : - Alors, des Députés Français sont venus hier en Belgique pour s'informer des pratiques belges en matière de procréation médicalement assistée, ils ont été visiter notamment l'Hôpital Erasme notamment parce qu'en France, on réfléchit à légiférer à ce sujet-là et notamment on parle de l'accès à la procréation médicalement assistée pour les couples homosexuels en France. Le système fonctionne si bien que ça, chez nous ?

    KL     : - Mais c'est très valorisant, c'est très valorisant d'avoir une délégation de Parlementaires Français qui viennent se nourrir de notre expertise, de notre expérience et qui viennent aussi voir que notre pays a dépassionné le débat. Nous avons travaillé sur le mariage et l'adoption homosexuelle au Parlement, les Parlementaires ont pris leurs responsabilités et avec une volonté, en tout cas, en ce qui concerne l'adoption des couples homosexuels, c'était garantir une série de sécurités à chaque enfant, c'était l'intérêt de l'enfant qui nous a animés. Parce qu'il ne faut pas se mentir, les enfants des couples homosexuels, existent. Il y a eu les PMA pendant de longues années et donc beaucoup de femmes homosexuelles ont eu des enfants et ce qu'on a voulu, nous, dans le cadre de la loi sur l'adoption des couples homosexuels, c'est reconnaître ces enfants, c'est leur garantir une sécurité. Et aujourd'hui, la France vient voir nos bonnes pratiques, vient voir aussi un pays qui est exemplaire en matière de l'égalité des droits en ce qui concerne l'orientation sexuelle et je me réjouis de ce fait.

    BH    : - Oui, il n'y a pas eu d'abus, ceux qui disaient au moment du passage de la loi, que ça risquait de dégénérer, ceux-là ont eu tort, complètement tort ?

    KL     : - Je pense qu'ils ont eu tort. Aujourd'hui, il y a la normalisation dans notre société, les enfants des couples homosexuels, sont dans nos cours de récréation, sont dans nos rues, sont dans nos parcs, ils ne vivent pas une violence, ils ne vivent pas une discrimination mais ils vivent aujourd'hui en sécurité et leurs parents vivent en sécurité, c'est ça que nous voulions. Et c'est en montrant la voie, que le Parlement montre la voie et on a pris nos responsabilités pour faire avancer la société et pour faire casser les tabous dans la société et je pense que la Belgique a réussi à cet égard-là.

    BH    : - Est-ce qu'il faudrait encore aller plus loin en Belgique et notamment encadrer la gestation pour autrui, en France, Pierre Bergé, le Président de Sidaction, a fait pas mal parler de lui en disant qu'il souhaitait que le

    homosexuels puissent notamment choisir des mères porteuses. Est-ce que, on sait que chez nous, c'est toléré mais pas encore encadré, est-ce qu'il faut aller plus loin et légiférer là-dessus ?

    KL     : - En tout cas, il ne faut pas confondre les débats. Je crois que la France doit faire attention. Il y a le mariage et adoption des couples homosexuels, avançons sur ces débats-là, c'est déjà un débat compliqué dans une société. Il y a des tabous et donc il faut avancer sûrement sur ce débat-là. En ce qui concerne les mères porteuses, puisqu'on parle de ça, c'est vrai que ça existe et donc pour moi, il faut les encadrer légalement. Alors des propositions sont sur la table, il faut aussi regarder ça mais en même temps, il ne faut pas changer de paradigme. C'est pas le droit absolu à avoir un enfant. C'est avant tout, toujours et encore l'intérêt de l'enfant qui doit nous animer.

    BH    : - Alors, Bea Diallo, l'ancien boxeur, Echevin d'Ixelles, Député régional, candidat déclaré à la présidence du PS bruxellois. Il a raison de monter sur le ring, Bea Diallo ?

    KL     : - Alors je vais vous faire un scoop, je ne suis ni candidate à la ministre-présidence ni candidate à la présidence de la Fédération bruxelloise, alors, c'est vrai,

    BH    : - Mais vous êtes Socialiste bruxelloise, oui, mais vous avez donc bien un avis là-dessus ?

    KL     : - Alors c'est vrai qu'il y a beaucoup d'effervescence pour le moment à Bruxelles et il y a beaucoup de volonté qui se manifeste pour des projets pour les Bruxellois, pour Bruxelles de demain et c'est assez positif. Mais pour moi, que les personnes se manifestent, c'est un peu prématuré. Pourquoi ? Ce que je revendique aujourd'hui, c'est que tous ces talents, toutes ces personnes qui ont des projets pour Bruxelles, se mettent autour de la table et construisent une nouvelle dynamique dans la prolongation de ce que fait aujourd'hui Charles Picqué, mais construisent une vraie et nouvelle dynamique pour Bruxelles. En 2014, nous allons recevoir un paquet de nouvelles compétences, nous devrons créer cette dynamique collective, nous devrons revoir nos relations avec les Wallons, avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, c'est indispensable pour moi, qu'il y ait ces liens. Et au lieu de parler de personnes, ce que je demande à la Fédération bruxelloise aujourd'hui, mettons tous ces talents autour de la table et j'en ferai partie, je l'espère, pour parler projets parce que c'est ça qu'attendent les Bruxellois. Les Bruxellois, ils veulent un avenir, les Bruxellois veulent un chemin, les Bruxellois veulent la confiance et nous devons la donner par cette dynamique collective que moi, en tout cas, je souhaite mettre en marche.

    BH    : - Et quel est le meilleur profil pour remplacer Charles Picqué à la présidence, ministre-présidence bruxelloise ? On parle beaucoup de Rudy Vervoort ?

    KL     : - On parle de Rudy Vervoort et encore une fois, je trouve que les personnes, c'est prématuré. Charles Picqué travaille.

    Charles Picqué aujourd'hui fait le PRAS par exemple qui est un Plan régional de l'affectation du sol pour répondre très concrètement au défi démographique, laissons-le travailler. Et quand il le décidera, à un moment donné, quand il aura fini son travail et qu'il estimera qu'il aura fini son travail pour les Bruxellois, parce que c'est une personne quand même de qualité, qui incarne Bruxelles, eh bien, nous en parlerons. Mais essayons de travailler entre nous pour un projet, pour une dynamique collective.

    En tout cas, c'est ce que je revendique aujourd'hui.

    BH    : - Vous êtes Echevine à la Ville de Bruxelles, vous avez dit que vous n'êtes pas candidate à la ministre-présidence bruxelloise, vous n'êtes pas candidate à la présidence du PS bruxellois, est-ce que vous seriez candidate à la reprise du poste de mayeur de Freddy Thielemans si exit son poste ?

    KL     : - Mais là aussi, il n'est pas parti, Freddy Thielemans,

    BH    : - Pas encore, mais tout le monde l'annonce.

    KL     : - Et je m'entends très bien avec lui. Et vous savez, je vais, ça va sembler peut-être bizarre, mais je viens d'hériter d'une magnifique compétence qu'est la compétence de la Culture.

    BH    : - Oui ?

    KL     : - Je travaille aussi sur la Propreté qui est une compétence difficile et sur laquelle, on doit avancer.

    BH    : - Mais c'est possible ou pas, un jour ?

    KL     : - Eh bien, je serai ravie de m'investir dans ces mandats et encore une fois, vous savez, les personnes n'intéressent que très peu, c'est les projets qui intéressent et on a discuté un accord de majorité, hier, au Conseil Communal. C'est un projet ambitieux pour les habitants de Bruxelles et je vais m'investir dans ce projet ambitieux.

    BH    : - Merci, Karine Lalieux, d'avoir été notre invitée ce matin.

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