Ce livre retrace la carrière de Jean-Luc Dehaene. Une carrière qui s'est achevée sur deux missions "impossibles": l'échec de BHV et le démantèlement de Dexia. Est-ce la fin du mythe du "démineur" ? "On avait créé un mythe comme quoi j'étais capable de résoudre tous les problèmes", se rappelle-t-il. "Mais Dehaene n'est pas un homme miracle qui résout tous les problèmes. Il ne l'a jamais été, d'ailleurs", précise le député européen.
Jean-Luc Dehaene est toujours président du Conseil d'administration de Dexia, "mais en fin de mandat: j'espère que fin juin cela sera terminé". Et s'explique: "J'ai accepté Dexia à une heure du matin sans avoir eu l'occasion de voir le dossier parce que le gouvernement avait besoin d'une solution pour le lendemain, à 6h. Si j'avais pu voir le dossier, j'aurais tout de suite vu que c'était une mission impossible". "On avait une maison en feu, on a essayé d'éteindre le feu", image-t-il. "Nous étions sur la bonne voie mais la crise de l'euro a réanimé le feu", précise l'invité de Thomas Gadisseux tout en estimant qu'il n'a pas grand-chose à se reprocher.
Bonus d'AB InBev: "J'ai déclaré ce qu'il fallait"
Jean-Luc Dehaene a été vivement critiqué pour ne pas avoir déclaré son bonus d'AB InBev au Parlement européen. "J'ai déclaré tout ce qu'il fallait déclarer et c'est au parlement de juger si ma déclaration est complète", réagit-il. "Je n'ai rien à cacher, tout se trouve dans le rapport annuel". Le "problème" des fameux bonus ? "C'est un problème qui dépasse de loin nos frontières, mais qu'on ne le personnalise pas !", s'exclame Jean-Luc Dehaene.
L'électeur est "un peu désorienté"
Dans son livre, Jean-Luc Dehaene donne son regard sur la politique actuelle. Il dit ne plus s'y reconnaître. Avant, "l'électeur était encadré, il appartenait à une famille politique". Aujourd'hui, "il a perdu ses marques fixes, se trouve lui-même un peu désorienté, il a l'impression que les hommes politiques ne tiennent pas compte de leurs problèmes". Et puis, Jean-Luc Dehaene vise les médias sociaux qui créent une "autre politique": "Je suis un homme politique d'un autre siècle" affirme-t-il en précisant qu'il "utilise internet et les e-mails, mais (qu'il n'est) pas sur Twitter".
Jean-Luc Dehaene revient également sur les moments forts de sa carrière, heureux ou moins heureux. Comme élément le plus marquant, il retient le moment où il a reçu le titre de docteur Honoris Causa de l'Université de Louvain: "Ils ont souligné ce que j'avais fait dans la réforme pour la Belgique, ce que j'avais fait pour l'intégration européenne et le fait que j'avais fait rentrer la Belgique dans l'euro".
Le pire cauchemard de sa carrière professionnelle, c'est au moment de la crise des euromissiles au début des années 80 sous le gouvernement Maertens, "J'étais contre. Mais j'ai dû accepter qu'il y avait une majorité 'pour' et qu'il n'était pas responsable de faire chuter le gouvernement là-dessus". L'autre période difficile qu'il souligne, "c'est la période du meurtre des enfants par Marc Dutroux et toute l'émotion qu'il a fallu gérer".
AdC
L'interview complète est disponible ci contre.




![[x]](http://www.static.rtbf.be/rtbf/www/images/common/old_browser/close.png)



