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Histoire du monde : Les monnaies alternatives des favelas

MATIN PREMIERE | mercredi 16 janvier 2013 à 6h07

  • On peut payer avec des "baisers", des "tournesols" ou des "palmiers". Robin Cornet nous emmène au Brésil.

    Ce sont les noms de monnaies alternatives qui se sont multipliées au niveau local ces dernières années. Elles émanent de banques sociales qui contribuent ainsi au développement de quartiers pauvres, notamment, en accordant des micro-crédits.

    L’histoire commence il y a 15 ans, à Fortaleza, dans la favela de la Palmeraie. Constatant que le peu d’argent gagné par les habitants fini toujours par quitter le quartier, un groupe d’habitants, uni par les luttes sociales, fondent une coopérative bancaire. Elle entend promouvoir la production et la consommation locale par le biais des microcrédits. C’est la Banque Palmas. Cinq ans plus tard, elle franchit une étape supplémentaire. Elle lance sa propre monnaie : le palmas.

    Ce "palmier", qui vient de fêter ses dix ans, ne peut être utilisé comme paiement que dans la favela. L’idée est d’encourager les habitants à garder l'argent au sein de la communauté et de développer ainsi l’économie locale. Longtemps regardée avec méfiance, la banque sociale a finalement été soutenue par l’ancien président Lula. A partir de là, elle a connu un véritable essor. Une centaine de banques coopératives et organismes de micro-finance ont vu le jour basés sur ce modèle de la Banco Palmas. Des initiatives de troc impliquent également des monnaies parallèles.

    La Banco Bem, à Victoria, existe depuis près de 13 ans. Grace à elle, Hernando Rodriguez da Silva a pu ouvrir un petit magasin dans l’un des quartiers les plus pauvres de la ville. Cet ancien maçon explique à la BBC qu'un premier emprunt l’a aidé à construire son magasin, un second lui a permis de l’agrandir. Derrière son comptoir, un panneau indique qu’il accepte d’être payé en Bems ou en réals. " Ça fait venir du monde, beaucoup paient en Bems " dit-il.

    La Banco Bem a été fondée par un groupe de couturières. Associées pour réaliser des investissements en commun, elles ont développé ensemble leur activité. A un certain point, au lieu de réinvestir leur bénéfice, elles ont choisi de le prêter à un groupe de fabricants de meubles pour qu’ils puissent, eux aussi, lancer une coopérative. Dans la favela de Sao Benedito, la Banco Bem a également financé quelques projets de réhabilitation de chancres et de décharges publiques.

    Les projets écologiques, c'est la spécialité de la Banco Vert Vida qui a créé sa " monnaie verte ". Elle a notamment lancé un programme de récupération des matériaux recyclables jetés avec les ordures. Deux fois par semaine, des gens font la file avec des sacs et des brouettes, remplies, notamment, de bouteilles en plastiques. Ils les échangent à la banque contre des billets de " monnaie verte ". Billets utilisables pour faire des courses dans plusieurs magasins du quartier. Cela a notamment permis de nettoyer la rivière qui traverse la ville et qui était tellement saturée d’immondices que l’on y pêchait plus depuis longtemps. Il y a encore du boulot, mais la situation s’est bien améliorée. Il était temps. A chaque saison des pluies, la rivière débordait et inondait tout le quartier.

    Robin Cornet

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