À 28 ans, Paola Ziritti vient de vivre un véritable enfer. Cette jeune lesbienne a passé trois mois enchaînée à son lit d'hôpital. Pendant son séjour, elle a connu des traitements de toute sorte. Paola était frappée, violée, baignée dans de l'eau glacée, insultée et privée de beaucoup de choses... y compris de nourriture.
La clinique où Paola séjournait était quelque peu particulière. Elle se proposait de soigner l'homosexualité. Pourtant, l'Équateur a été le premier pays latino-américain à dépénaliser l'homosexualité en 1999. Il reconnait même les couples du même sexe depuis 2009. Le problème, c'est qu'en Équateur comme dans beaucoup d'autres pays d'Amérique latine, pour des parents, l'homosexualité de leur enfant reste très difficile à admettre. Du coup, nombreux sont ceux qui se laissent tenter par de soi-disant docteurs. Des pseudo médecins qui affirment qu'ils peuvent ramener leur enfant vers un comportement hétérosexuel.
C'est ce qu'a cru la mère de Paola... en l'envoyant dans une de ces cliniques pour homosexuels. Trois mois plus tard, et après plusieurs visites elle se rend compte que sa fille subit en réalité des traitements inhumains et dégradants. Elle décide alors de la retirer. Paola est aujourd'hui la première femme lesbienne à avoir osé parler publiquement de ce qu'elle a vécu. Un témoignage capital. Car les autorités savent que ces cliniques existent. Le souci, c'est qu'elles ont bien du mal à agir contre. Ces hôpitaux pour homos se présentent souvent comme des centres de traitement pour alcooliques ou drogués. Il est très difficile de savoir ce qui se passe exactement à l'intérieur.
Résultat, le gouvernement ne sait pas comment agir. Il a bien exigé la fermeture de quelques cliniques pour manquement aux normes sanitaires. Mais très vite, ces cliniques ont rouvert. Aujourd'hui avec l'histoire de Paola et les témoignages de plus en plus nombreux des victimes, les choses bougent. La ministre équatorienne de la Santé entend bien fermer toutes les cliniques pour homosexuels du pays. Elles seraient plus de 200 d'après les organisations de défense des droits de l'homme. La ministre rédige en ce moment un projet de loi pour mieux contrôler les centres de réhabilitation. Il sera désormais interdit d'interner quelqu'un pour son orientation sexuelle.




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