Nous reviendrons avec lui sur les dossiers chauds de la rentrée.
Texte de l'invité:
Georges Lauwerijs : - Notre invité ce matin, c'est le Président du MR, Charles Michel.
CHM : - Bonjour.
GL : - On va baliser dans un instant les dossiers du moment, Arcelor-Mittal, les intérêts notionnels, voire même les OGM, avant cela,
la pause-café de Matin première.
Et notre invité ce matin, c'est Charles Michel, Président du MR, Bertrand Henne, il y a matière à débat, ce matin.
BH : - Oui, pas mal de sujets, bonjour, Charles Michel.
CHM : - Bonjour.
BH : - Le MR qui tient aujourd'hui, aujourd'hui soir un congrès électoral. On va évoquer les communales mais avant l'actualité, vous appelez ce matin dans La Libre au patriotisme wallon et belge dans le dossier Arcelor-Mittal, en clair, il faut faire quoi ?
CHM : - Moi, je refuse la fatalité, il y a manifestement une entreprise qui ne respecte pas ses engagements, et je pense évidemment aujourd'hui à l'angoisse des familles, 10.000 familles potentiellement concernées par un éventuel drame social et je refuse cette fatalité. Par le passé, lorsqu'on a eu des inquiétudes dans le secteur industriel automobile, par exemple, pour Ford, pour Audi, il y a eu une mobilisation politique massive, y compris avec des démarches sur le plan européen, pour tenter de maintenir, de consolider quand c'est possible, une activité industrielle. Je plaide pour une union sacrée politique, pas de querelles politiciennes mais au contraire, du volontarisme parce que nous avons des,
BH : - Vous dites qu'Elio Di Rupo doit faire ce que Guy Verhofstadt a fait auparavant, des rencontres avec Lashmi Mittal, vraiment faire bouger tous les leviers possibles ?
CHM : - Il a, je crois un rôle à jouer comme l'ensemble du Gouvernement belge, la Ministre de l'Emploi a pris les premières initiatives évidemment importantes, je vois que le Ministre Marcourt se mobilise également, c'est essentiel. Je plaide pour cette force de la volonté, je refuse la fatalité. Nous voyons bien que c'est là, un dossier qui est délicat, qui est dangereux aussi sur le plan social pour l'ensemble du bassin liégeois et donc pour la Wallonie et donc oui, je plaide pour un patriotisme wallon et belge pour soutenir les travailleurs qui sont en danger.
BH : - Ce qui vous choque dans le dossier où on vous a entendu, c'est l'attitude de Lashmi Mittal qui ne respecte pas les engagements qui ont été pris ; est-ce que vous pointez aussi l'attitude des syndicats notamment de la FGTB, beaucoup ont jugé qu'elle avait trop loin ?
CHM : - Mais moi, je plaide pour qu'il y ait effectivement une reprise du dialogue, je pense qu'il faut maintenant regarder l'avenir dans les prochaines heures, les prochains jours, je ne vais pas pleurer sur le lait renversé, je vois simplement qu'il y a une entreprise qui ne respecte pas ses engagements et je plaide effectivement pour le sens de la responsabilité de part et d'autre et pour vraiment une mobilisation très, très forte, très solide sur le plan politique.
BH : - Est-ce que le Gouvernement wallon doit à un moment donné peut-être dans ce dossier, on verra évidemment le résultat des négociations, mais investir dans la sidérurgie wallonne, mettre des billes pour sauver les emplois liégeois ?
CHM : - Moi, je ne veux pas, par presse interposée, compliquer les éléments du dossier. Je veux laisser la capacité à celles et ceux qui sont en mesure de décider au sein du Gouvernement, de pouvoir avoir les mains libres, pour le moment venu, prendre les décisions.
BH : - Mais c'est une option possible pour les Libéraux ?
CHM : - Pour moi,
BH : - Pour ne pas dire, nationaliser la sidérurgie wallonne, mais est-ce que c'est une option ?
CHM : - Vous savez, les Libéraux avec d'autres, se sont mobilisés pour faire en sorte que l'on puisse protéger un système bancaire et protéger surtout dans ce cadre-là, les épargnants, nous ne devons rien exclure.
BH : - Oui, une trentaine de personnes ont été interpellées à Borgehout suite à des rassemblements de protestations contre le film anti-islam, on peut se réjouir, ces événements restent manifestement isolés, il n'y a pas d'extension à d'autres endroits en Belgique, ça reste confiné à Anvers ? Il faut se réjouir de ça du fait que ça reste limité ?
CHM : - Ca reste isolé, tant mieux, mais chaque acte de violence en lien avec ce type de question, est un acte de trop et nous devons avec fermeté, plaider pour les valeurs fondamentales dans notre pays, notamment, par exemple la neutralité de l'Etat, le respect des droits fondamentaux, l'égalité entre les femmes et les hommes et la liberté d'expression. La liberté d'expression est une valeur, est un droit fondamental dans notre pays.
BH : - Oui, les autorités publiques ont agi correctement dans ce dossier ? On a maîtrisé les choses correctement ?
CHM : - Ecoutez, moi, je ne suis pas présent à Anvers mais j'ai le sentiment en tout cas que tout a été fait, me semble-t-il, pour essayer d'éviter les débordements.
BH : - Alors il n'y aura pas de budget avant les élections communales au niveau fédéral, pas de discours sur l'état de l'Union, le Premier ministre ne sera pas non plus présent au Sommet de la Francophonie. Est-ce que tout ça est normal ? On a l'impression que tout va être gelé ?
CHM : - Ce que je crois surtout important, c'est que l'on continue à faire ce qu'on fait avec Olivier Chastel, c'est-à-dire travailler très sérieusement pour préparer le débat budgétaire 2013. Et vous savez que le Ministre Chastel a bien avancé en rencontrant l'ensemble des responsables du Gouvernement pour voir de quelle manière, on allait respecter nos engagements en 2013, premier point. Deuxième point, pour le Sommet de la Francophonie, je note, j'acte le choix du Premier ministre de ne pas être présent.
BH : - Oui, ça vous dérange ?
CHM : - J'aurai préféré que le Premier ministre francophone soit présent, je n'ai pas l'intention d'en faire une grande et grave polémique au sein du Gouvernement parce qu'on doit être concentré sur des enjeux qui sont difficiles, la bataille pour l'emploi, la bataille pour le développement économique, le dossier Arcelor dont on vient de parler. Par conséquent, je ne souhaite pas en faire une grave polémique au sein du Gouvernement, j'acte cette position - là, c'est manifestement la première fois depuis longtemps, qu'un Premier ministre belge n'est pas présent à un Sommet de la Francophonie. Or, nous avons cette fois un Premier ministre francophone.
BH : - Oui, tous les Ministres et vice Premiers sont candidats à ces élections communales au niveau fédéral, est-ce que le Premier ministre devrait rester au-dessus de la mêlée ? Parce que ce qui est unique, c'est qu'un Premier ministre en exercice, soit candidat aux élections communales ?
CHM : - Encore une fois j'acte le choix qu'est le sien, sa situation est particulière puisqu'il est Premier ministre, chef de Gouvernement. Maintenant sur le plan des principes, moi, ça ne me choque pas qu'un Ministre soit candidat aux élections communales. Je pense qu'il est fondamental que quelqu'un qui assume des responsabilités sur le plan national, puisse avoir un ancrage local et donc une connaissance très pratique des réalités, que l'on doit nécessairement dominer quand on se situe dans l'engagement communal.
BH : - Oui, mais plutôt pas le Premier ministre, à vous entendre ?
CHM : - J'acte son choix.
BH : - Donc congrès ce soir, Charles Michel, pour le MR, congrès électoral, c'est quoi votre message, en quelques points ?
CHM : - Trois points clé pour le MR : d'abord, les candidates et candidats du MR, veulent incarner une gestion sérieuse. C'est la garantie de qualité. On a beaucoup travaillé les derniers mois sur la formation de nos candidates et candidats aux élections, pour être en mesure de gérer correctement les affaires de la Commune. Je suis fier par exemple que dans le TOP 10 des Communes les moins taxées en Wallonie, il y a 7 Communes dirigées par le MR. C'est significatif,
BH : - Qui sont souvent des Communes où il y a plus de résidents fiscaux importants, etc, je veux dire, qui sont plus riches peut-être, voilà pourquoi, peut-être, ils taxent moins ?
CHM : - Pas nécessairement, quand vous regardez l'ensemble de la liste, il y a clairement un lien entre la gestion MR et une volonté de maîtriser les dépenses et donc de protéger celles et ceux qui travaillent, avec des impôts qui encouragent le développement économique. Deuxième point, c'est précisément la création d'emplois, la création d'activités et trouver dans nos Communes en fonction du type de Communes, l'équilibre entre le développement de l'activité, le soutien au commerce, le soutien aux petites et moyennes entreprises et la préservation du cadre de vie, de la qualité de vie. Et troisième point, c'est un enjeu fondamental pour nous, c'est la sécurité. Nous voulons effectivement garantir la sécurité, c'est une bataille qu'on doit mener avec beaucoup de force, beaucoup de conviction, je le dis, ça gêne parfois quand on dit ça mais le MR est le seul parti qui est constant depuis des décennies. Nous disons qu'il faut durcir, qu'il faut exécuter les peines lorsqu'elles sont décidées et on ne peut pas permettre comme c'est trop souvent le cas, une forme d'impunité généralisée pour un certain nombre de délits.
BH : - Oui, mais une peine, ça n'a rien à voir avec les communales, ça, c'est des politiques fédérales, c'est de la Justice, ça n'a pas grand- chose à voir avec le pouvoir du Bourgmestre, de faire la police dans sa Commune ?
CHM : - Absolument pas, les amendes administratives par exemple, c'est une forme de sanction, mais nous attendons les évolutions législatives pour durcir les sanctions administratives et pour donner plus de capacité au Bourgmestre et à la Police locale, d'avoir une vraie influence positive en terme de sécurité. Et bien entendu dans notre pays, tout est lié, la capacité de sanctionner sur le plan judiciaire mais relève effectivement de la volonté ou pas et nous avons cette volonté au MR, de donner des moyens aux Parquets pour poursuivre et surtout pour exécuter lorsque des sanctions sont décidées.
BH : - Le PS a fait aussi toute sa campagne des élections communales sur la sécurité ?
CHM : - Je souhaiterais des actes de la part du PS plutôt que des discours à quelques semaines des élections. Vous savez, j'ai regardé dans mes archives, il y a 6 ans, quelques semaines avant les élections communales, on a eu droit à la même déclaration du PS. Mais je vois simplement dans les Parlements et dans les Gouvernements, lorsqu'il s'agit de faire avancer, non pas des discours mais des décisions pour aller vers des résultats en matière de sécurité, mais c'est souvent le MR seul, c'est vrai, avec des partis néerlandophones qui sont plus mobilisés sur le sujet, mais côté francophone, nous sommes rarement soutenus pour donner véritablement les moyens à une politique de sécurité efficace.
BH : - En matière de scores électoraux et de Ville, vous avez des objectifs symboliques, revenir au pouvoir à Namur, à Liège, égaler vos scores à Bruxelles alors qu'on sait que le FDF évidemment n'est plus avec le MR ?
CHM : - Je vais vous décevoir, je souhaite effectivement le meilleur résultat possible pour le MR, qu'il y ait le plus possible de Bourgmestres, d'Echevins, de mandataires communaux parce que pour un mouvement politique comme le MR que je veux très, très populaire, très ancré dans la réalité, il est essentiel d'avoir cette représentation sur le terrain local, nos mandataires communaux, nos militants de proximité, seront nos premiers ambassadeurs pour porter sur le terrain le message d'un libéralisme populaire et d'un libéralisme qui porte le bon sens.
BH : - On parle beaucoup d'alliance privilégiée avec le PS notamment à Schaerbeek, à Namur, à Liège, est-ce que c'est ce qui est en train de se jouer ?
CHM : - Il n'y a pas d'alliance privilégiée et dans l'immense majorité des cas, le MR va aux élections, les mains libres, regarderont les résultats électoraux, il n'y a pas d'exclusive contre aucune formation démocratique, cela va de soi et ce qui comptera effectivement, c'est de pouvoir être en mesure, être présent dans des majorités, sur base de programme.
BH : - Allez, il nous reste trente secondes, Bruno Colmant expliquait hier à ce micro, qu'à terme, les intérêts notionnels devraient disparaître au profit d'une fiscalité axée sur les investissements productifs, vous êtes d'accord ?
CHM : - Ah, moi, je suis favorable en tout cas à une modernisation et donc à une réforme de la fiscalité sur les entreprises et sur le travail. Et pour être tout à fait clair, je veux une fiscalité qui encourage beaucoup plus les petites et moyennes entreprises, qui constitue un tissu économique solide et de proximité, peu délocalisable d'ailleurs et donc je suis effectivement preneur d'aller vers une réforme pour,
BH : - Et donc oui, à terme, supprimer les intérêts notionnels ?
CHM : - C'est pas de cela qu'il s'agit, il s'agit de ne pas mettre en péril les investissements importants qui sont portés en notre pays et en même temps, d'aller vers moins de taxes qui pénalisent le développement économique et la création d'emplois.
BH : - Merci, Charles Michel.




![[x]](http://www.static.rtbf.be/rtbf/www/images/common/old_browser/close.png)




de Ixel "[...] je ne vais pas pleurer sur le lait renversé [...]", c'est d'un goût douteux, ça, de dire un truc pareil quand les fermiers faisaient à nouveau parler de leurs soucis avec le prix de vente du lait il y a quelques jours...
20-09-2012 13:36 |
de jerem Et bien oui....Mittal se casse et tout le monde s'étonne. pourtant en réfléchissant c'est pas étonnant. C'est le jeu du libéralisme ou de l'ultra libéralisme, ce truc vous savez qu'on nous dit à l'école que c'est ZE modèle. Ce n'est pas la faute de Mittal, c'est la faute des politiques et vous avez l'art de culpabiliser les autres c'est fou. Mais c'est vous qui privatisez tout les fleurons de "feu" l'économie belge. On a vendu la sabena à des suisses, on a vu le résultat, on a vendu notre savoir sur l'acier à des indiens, on a vu ce que ca a donné, etc... Pour venir en Belgique Mittal a peut-être aussi fermé une usine ailleurs dans le monde, tout comme il le fait mtn avec la Belgique, et comme il le fera dans 10 ans avec le nouveau pigeon chez qui il s'installe. c'est ca le jeu du modèle économique que vous soutenez. que c'est beau de faire semblant de s'étonner juste avant les élections, mais c'est juste pathétique.
20-09-2012 08:31 |
de Souslik À force de se gargariser dans les communes Mr avec des arguments de fiscalité basse et de maîtrise des dépenses, nous avons des communes avec trop peu de logements sociaux, et une politique d'investissement ridicule, à Génappe par exemple. Des bourgmestres assis sur leurs sous, cela ne s'appelle pas de la bonne gestion et en aucun cas de l'anticipation. Si gouverner c'est prévoir, alors le,Mr à tout faux à genappe.
20-09-2012 08:03 |
de nonkelpiet Le jour où vous inviterez tous les "Michel-candidats " faudra élargir le studio ...népotisme à la congolaise......
20-09-2012 06:59 |