Deux des trois prévenus détenus qui se sont évadés mardi du palais de justice de Bruxelles avaient déjà été condamnés par le passé, a-t-on appris au parquet de Bruxelles. Le ministre de la Justice Stefaan De Clerck reconnaît qu'il faut un investissement fondamental dans ce bâtiment.Oussama Trimini Langeri (28 ans) avait été condamné en 2005 à quatre ans de prison pour vols avec violences. Youssef Oulad Has Chaib (27 ans) avait été condamné en 2002 à cinq ans de prison pour des faits similaires. Le troisième, Abdelhalim Akil (27 ans) n'aurait pas été condamné par le passé.
Réaction du syndicat policier, SYPOL
Pour le syndicat policier SYPOL, cette succession d'évasions n'existait pas avant la réforme des polices. Pour le syndicat, l'effectif des zones de polices est trop souvent absorbé par une augmentation de la bureaucratie. Quant aux budgets et aux effectifs, ils sont insuffisants pour assurer des missions efficaces
Le syndicat SYPOL s'étonne de la succession d'évasions à laquelle on assiste depuis le 23 juillet : trois évasions en moins de 15 jours. Cela porte à 39 le nombre d'évadés en Belgique depuis le 1er janvier dernier. 39 contre 1 seule évasion aux Pays-Bas durant la même période.
Du coup, la presse hollandaise évoque une nouvelle blague belge. Il faut dire que les expressions ne manquent pas pour qualifier la situation au Palais de Justice de Bruxelles: passoire, gruyère ou palais des courants d'air. De quoi harceler de questions le ministre de la justice.
Stefaan De Clerck, lui, n'envisage pas aujourd'hui de démissionner, ce qu'il a déjà fait après l'évasion de Marc Dutroux. A l'une de nos consoeurs de la VRT qui l'interrogeait à ce sujet, il a répondu que c'était une question ridicule. L'homme s'est senti visé personnellement avant de présenter ses excuses à la journaliste après l'émission.
Une anecdote, peut-être, mais qui illustre la pression qui pèse actuellement sur les épaules du Ministre CD&V.
Violent home-jacking
Les trois hommes comparaissaient, avec un quatrième prévenu, Hakim Ait Hammouche Taieb, pour un home-jacking commis à Londerzeel le 27 novembre 2008.
Deux femmes et un enfant de trois ans et demi avaient été menacés avec des armes de poing et une Kalachnikov. Après le home-jacking, les auteurs avaient tiré en direction des agents de police.
Selon le parquet, six personnes ont été impliquées dans les faits. Un des auteurs faisait le guet dans la voiture devant la maison tandis que cinq autres hommes entraient dans la maison par l'arrière. Une fois entrés, ils ont menacé deux femmes et un enfant à l'aide d'armes de poing et d'une mitraillette Kalachnikov. Ils ont réclamé les clés d'une Audi appartenant aux habitants ainsi qu'un coffre et de l'argent liquide. Ils avaient pointé une arme sur la tête de l'enfant.
Finalement, les cinq malfrats avaient dérobé un laptop et de l'argent liquide. Ils ont été pris en chasse par une patrouille de police et ont fait feu vers les policiers. Ils ont ensuite arrêté leur voiture sur l'A12 près d'un bois et ont encore tiré vers les forces de l'ordre.
La police a ensuite arrêté trois hommes dans le bois mais n'a pas pu interpeller les trois autres fuyards. Les agents ont retrouvé dans le bois des armes, des gants, le laptop volé etc.
Les trois suspects interpellés n'avaient pas de papiers d'identité mais ont été rapidement identifiés. Il s'agissait d'un mineur et deux majeurs déjà connus pour de tels faits. Le mineur a été placé en institution fermée et a comparu devant le juge de la jeunesse.
Les agents n'ont pas pu intervenir
Les quatre détenus avaient été conduits vers 09h30 dans la salle 01.4 du palais de justice où ils devaient être jugés devant une chambre correctionnelle francophone. Immédiatement après que les menottes leur ont été retirées - comme c'est d'usage pour une comparution devant le tribunal correctionnel - deux hommes masqués et armés ont fait irruption. Ils ont obligé les personnes présentes à se coucher sur le sol.
Oussama Trimini Langeri, Youssef Oulad Has Chaib et Abdelhalim Akil en ont profité pour fuir. Le quatrième prévenu, Hakim Ait Hammouche Taieb, est resté dans la salle.
Les huit agents de sécurité présents dans la salle d'audience n'ont pas pu intervenir. Les trois détenus et les deux hommes masqués ont couru dans les couloirs pour gagner la sortie donnant sur la rue aux Laines où ils auraient pris place dans une Renault Clio sombre.
On a perdu leur trace.
Le corps de sécurité du palais de justice a arrêté le travail
Le personnel du corps de sécurité du palais de justice de Bruxelles a arrêté le travail ce mardi matin. "Le personnel du corps de sécurité est sous le choc" après l'évasion avec violence de trois détenus qui comparaissaient en correctionnelle, a commenté Gaston Merkelbach, secrétaire permanent de la CSC.
Il a notamment précisé qu'un des membres du personnel de sécurité présent dans la salle d'audience où deux hommes armés ont fait irruption a été menacé d'un pistolet sur la tempe. Vers 13h, le travail a repris au Palais de Justice de Bruxelles. La CSC dénonce le manque de sécurité des salles d'audience et des portes d'accès du palais de justice de Bruxelles.
Gaston Merkelbach constate que les portiques installés aux entrées du palais de justice ne fonctionnent manifestement pas. Ils n'ont nullement empêché deux hommes armés de pénétrer mardi dans les lieux, de surgir dans une salle d'audience et de libérer trois détenus sous la menace de leurs armes.
Selon Gaston Merkelbach, le corps de sécurité ne compte actuellement que 300 hommes pour l'ensemble du pays. Sous l'autorité du ministre de la Justice, ils ne sont pas armés et n'ont pas le statut de policier. Ce statut fait d'ailleurs l'objet d'une négociation.
Ces hommes sont chargés d'extraire les détenus de leur cellule du palais de justice pour les conduire en salle d'audience. Ils ne connaissent pas le "profil" des personnes qu'ils accompagnent. Les syndicats demandent à ce propos que les membres du corps de sécurité reçoivent au moins une "fiche technique" concernant le détenu qu'ils devront prendre en charge.
Le problème de l'encadrement et du transfert des détenus au sein des palais de justice n'est pas nouveau et est également dénoncé par la magistrature, a encore souligné le permanent de la CSC.
Le 23 juin dernier, le président de la cour d'appel de Bruxelles avait ainsi suspendu l'ensemble des audiences pendant une heure. Constitué seulement de 92 effectifs, le corps de sécurité du palais de justice de Bruxelles devait en outre faire face ce jour-là à l'absence de 19 de ses membres, indisponibles pour cause de stage ou de maladie.
Face à cette situation, les pouvoirs publics (ministères de l'Intérieur et de la Justice) ne réagissent pas, se renvoient la balle et se contentent de promettre réflexion et concertation sur ce problème avec la police fédérale, déplore encore la CSC.
Stefaan De Clerck: il faut un investissement
Interrogé par Baptiste Hupin, le ministre de la Justice Stefaan De Clerck a expliqué: "Nous constatons de plus en plus que les infrastructures dont nous disposons nous causent des problèmes. Suite aux événements de janvier dernier, nous avons constitué tout de suite un groupe de travail. Un bureau d’étude a déposé un rapport à la fin du mois juin selon lequel le bâtiment doit absolument être refait ou renforcé. En effet, organiser des audiences correctionnelles ou d’assises, ou des chambres des mises dans ce bâtiment est inacceptable selon cette étude. Donc il faut absolument un investissement fondamental dans le bâtiment. Mais cet investissement fondamental est très difficile à réaliser dans le sens que ce bâtiment est classé. Donc on ne fait pas ce qu’on veut dans ce bâtiment. C’est à moi maintenant de tirer des conclusions avec la Régie des bâtiments sur une approche globale pour ce bâtiment de Bruxelles".
Il apparaîtrait que les gardes qui accompagnaient les prisonniers n’étaient pas armés. Est-ce normal ?
"Oui c’est normal", déclare Stefaan De Clerck, "il y a une centaine de personnes qui travaillent au tribunal de Bruxelles. Pour chaque dossier, on fait l’évaluation du risque. Si le risque est bas, comme c’était le cas dans ce dossier, ce sont les membres du corps de sécurité qui font le travail, et pas la police. Les gens qui appartiennent à ce corps de sécurité ne sont pas armés: c’est un principe qui a été défini et je ne crois pas qu’on doive quitter ce principe".
(A.L. avec B. Hupin, M.S., Jacques Cremers et Belga)
Commentaires
Quand est-ce que l'on rendra plus de pouvoir aux forces de l'ordre... Je ne veux pas d'un etat policier mais d'un etat où je peux quand même me sentir en sécurité.
La classe politique injecte des milliards dans les banques mais pas un euro pour la police. J'ai bien envie de porter plainte contre l'Etat belge pour non-assistance à personnes en danger vu la légèreté avec laquelle ils s'occupent de notre sécurité.
C'est la police belge qui est dangereuse!
Palais de justice de Bruxelles , ont pourraient dire également la passoire de la justice de Bruxelles .
Pas étonnant que certains préfèrent ètre jugés en Belgique plutôt que dans leurs pays d'origine.
réforme de police? Vive la gendarmerie!
Mais c'est bien sûr !!!!
Qui s'occupait de la garde des détenus avant la réforme des polices ?
.... On ne la voulait plus ...
Du temp des gendarmes les gens avaient plus de respect ,maintenant que les délinquants et autres apres leurs méfaits retrouves la liberté subito, la police ne fait plus peur a personnes
en voilà un commentaire inutile...
c'est pas la justice mais la sécurité....quel amalgame, c'est pas croyable des gens come vous...
Une fois de plus la justice est ridiculisée !