C'est un peu la fable de la cigale et la fourmi : la Grèce a mené grand train de vie, elle se retrouve aujourd'hui avec un déficit de plus 12% du PIB (le double de la Belgique) et un endettement qui dépasse les 110%. Les agences de notation, qui évaluent la capacité des Etats ou des entreprises à rembourser leurs dettes, commencent a douter de la résistance du pays.
L'agence Standard and Poor's avait déjà placé la Grèce sous surveillance, mardi c'est Fitch Ratings qui a carrément dégradé la notation du pays. Un mauvais bulletin qui coûtera cher : la Grèce devra payer plus cher pour se refinancer. Chaque fois qu'elle empruntera à 10 ans, elle paiera plus de 5% d'intérêt (contre 3% à l'Allemagne).
La Grèce n'avait pas besoin de cela
Par ailleurs, les quatre plus grandes banques du pays ont elles aussi été déclassées et elles auront du mal à obtenir des liquidités auprès de la Banque centrale européenne. La Commission ne cache pas son inquiétude, ce qui touche un pays nous concerne tous, a t-elle dit hier en substance. La Grèce met la crédibilité de la zone Euro en question.
Bruxelles invite donc l'Etat grec à prendre rapidement des mesures pour réduire son déficit public. Pas de quoi rassurer l'opinion dans un pays socialement explosif.
Françoise Gilain