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Portugal: sanctionné pour trop d'austérité le pouvoir prévoit d'en rajouter

ECONOMIE | vendredi 6 juillet 2012 à 12h39

  • Le gouvernement portugais de centre-droit, adepte de la rigueur, mais sanctionné par la Cour constitutionnelle pour excès d'austérité, a répliqué en envisageant d'étendre à tous les Portugais des coupes salariales limitées jusque-là aux fonctionnaires et aux retraités.

    La Cour a en effet jugé que la suppression des 13e et 14e mois de salaire des fonctionnaires et des retraités, une mesure emblématique du gouvernement du Premier ministre Pedro Passos Coelho, était une "violation du principe d'égalité" inscrit dans la constitution puisqu'elle ne s'appliquait qu'à une partie de la société, épargnant l'ensemble du secteur privé.

    Saisissant la balle au bond, M. Passos Coelho a trouvé la parade, estimant qu'il suffisait, pour déjouer la sanction de la Cour constitutionnelle, que les sacrifices soient équitablement partagés.

    "La seule solution pour maintenir la volonté d'ajuster les finances, essentielle pour que le Portugal remplisse ses engagements, est d'élargir les mesures aux autres", a-t-il déclaré, sans plus de précisions.

    Le gouvernement "va étudier la mise en place de mesures ayant un impact budgétaire équivalent dans le cadre de la préparation du budget 2013", a précisé pour sa part vendredi soir le ministère des Finances dans un communiqué.

    Selon une estimation du quotidien Diario de Noticias, la suppression des coupes salariales frappant les fonctionnaires et les retraités représenterait pour l'Etat un manque à gagner de 2 milliards d'euros en 2013.

    La Cour constitutionnelle a toutefois précisé que la suppression des 13e et 14e mois resterait en vigueur en 2012 afin de ne pas compromettre les objectifs de réduction des déficits du gouvernement.

    Dans une note aux médias, le représentant du FMI au Portugal, Albert Jaeger, s'est félicité du maintien de la mesure en 2012, estimant qu'ainsi la mise en oeuvre du budget pour l'année en cours n'était pas en danger.

    La décision de la Cour est toutefois intervenue à un très mauvais moment pour le gouvernement. En effet, selon l'Institut national des statistiques (Ine), le déficit budgétaire s'est creusé de manière inattendue au premier trimestre de cette année pour atteindre 7,9% du PIB, bien loin de l'objectif du gouvernement de le ramener à 4,5% du PIB à la fin de l'année.

    Nouvelle aide internationale ?

    Les mesures d'austérité mises en oeuvre en échange du plan de sauvetage de 78 milliards d'euros, accordé en mai 2011 par l'UE et le FMI pour trois ans, ont largement contribué à une contraction de l'économie, qui devrait atteindre 3% du PIB à la fin de l'année, et à une augmentation sans précédent du taux de chômage qui dépasse déjà les 15%.

    Ces mauvais résultats ont augmenté les pressions pour que le Portugal demande à ses bailleurs de fonds soit une nouvelle aide, soit des délais supplémentaires.

    Le ministère des Finances a précisé qu'il consulterait "ses partenaire internationaux".

    Le secrétaire général du Parti socialiste, la principale formation d'opposition, Antonio José Seguro a ainsi réclamé que le gouvernement obtienne de ses créanciers une prolongation d'un an.

    Dans les rangs de la majorité de centre-droit des voix se sont également fait entendre pour réclamer un délai supplémentaire.

    "Il serait juste que la troïka reconnaisse les efforts du Portugal et le récompense avec des délais plus flexibles afin de ne pas imposer plus d'austérité aux Portugais", a dit Miguel Frasquilho, vice-président du groupe parlementaire du PSD, le parti du Premier ministre, suggérant, à titre personnel, deux années de plus.


    AFP
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  • Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho (d) et son ministre des Finance au Parlement à Lisbonne, le 25 juin 2012
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    Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho (d) et son ministre des Finance au Parlement à Lisbonne, le 25 juin 2012

    Patricia de Melo Moreira
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    • Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho (d) et son ministre des Finance au Parlement à Lisbonne, le 25 juin 2012

      Le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho (d) et son ministre des Finance au Parlement à Lisbonne, le 25 juin 2012

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